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Municipales à Bordeaux : l'adversaire d'Alain Juppé, Vincent Feltesse, se donne perdant

A un mois du scrutin, le challenger d'Alain Juppé et président de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), Vincent Feltesse, a avoué qu'il ne rattraperait pas son retard dans les sondages.

Les deux candidats à la mairie de Bordeaux, Vincent Feltesse et Alain Juppé, le 23 janvier 2013.
Les deux candidats à la mairie de Bordeaux, Vincent Feltesse et Alain Juppé, le 23 janvier 2013. Crédit : AFP / MEHDI FEDOUACH
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"J'ai enseigné la communication politique pendant des années, je suis historien, je sais qu'à ce stade on ne remonte pas", a expliqué ce vendredi 28 février, le candidat socialiste lors d'un entretien dans un café. "Arriver au second tour c'est compliqué. Pour l'instant, nous n'avons pas trouvé la martingale".

Un sondage paru il y a quelques jours donne la liste PS-EELV (Europe écologie les Verts) à 24% d'intentions de vote au premier tour. Arrivé à Bordeaux en 1994 en tant que conseiller de Philippe Madrelle (PS), Vincent Feltesse est président du Conseil général, ancien maire de Blanquefort (Gironde) et enfin président de la CUB depuis 2007. Il savait que le défi serait bien difficile à relever dans cette ville de quelque 250.000 habitants où la droite n'a pas été battue "depuis 66 ans", lors des scrutins municipaux.

On dit tellement que tout va bien à Bordeaux.

Vincent Feltesse
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Sur les huit dernières élections, la gauche a présenté sept candidats différents, tous battus dès le premier tour. Pourtant elle a gagné du terrain : la socialiste Michèle Delaunay, aujourd'hui ministre déléguée aux personnes âgées, a conquis le deuxième canton en 2004, puis battu Alain Juppé aux législatives de 2007.

Mais pourquoi sa campagne n'a-t-elle pas accroché davantage ? "On dit tellement que tout va bien à Bordeaux", ville rénovée à la faible délinquance louée dans tous les guides touristiques. "Les gens parlent du stationnement, de la propreté. Il y a des failles malgré tout, mais les gens, y compris ceux qui souffrent, n'ont pas cette représentation", ajoute-t-il, considérant qu'il y a dans cette cité où le logement social manque et les prix des logements flambent un "décalage entre la perception des gens et la réalité".

"Un contexte national pourri"

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"On est dans une espèce de douce euphorie", poursuit-il, estimant que le programme d'Alain Juppé, présenté en "Une" d'un hebdomadaire comme une "superstar", n'évoque pas véritablement de "nouvelle ambition", ce que prouve, selon Feltesse, sa liste à peine renouvelée et où l'on compte un représentant de la Manif pour tous.

Ainsi, regrette le socialiste, ses militants ont eu du mal à faire passer ses messages, articulés en partie autour de "sept merveilles" qu'il propose pour la ville, comprenant une "pépinière des solidarités numériques" dans un quartier peu favorisé, un "Office de la tranquillité publique" toujours ouvert pour régler les différends de voisinage ou encore une "Villa Montaigne", espace de réflexion pour diffuser les idées de "tolérance et d'humanisme".

Le "contexte national est pourri", note-t-il. Ainsi, dans le cas de Bordeaux, le dernier sondage montre que le candidat communiste Vincent Maurin réalise son meilleur score "chez les catégories socio-professionnelles élevées et les professions intellectuelles, signe d'un électorat socialiste qui décroche".

Vainqueur en 2020 ?

Pour la suite, Vincent Feltesse se dit cependant d'attaque. Persuadé que la gauche restera majoritaire dans les 28 communes composant la Communauté urbaine de Bordeaux, il souhaite rester son président, même s'il n'est plus maire, ce que la droite lui conteste déjà. Concernant Bordeaux, il promet dans sa profession de foi de rester : "Je me relèverai et je retournerai au combat. Je siégerai au Conseil municipal. J'y mènerai une opposition intraitable. Et en 2020, je me représenterai".

"C'est le dernier mandat d'Alain Juppé (ndlr: âgé de 68 ans, élu depuis 1995). Il n'y a pas de nouvelle tête à droite, alors que la ville change. Cela sera beaucoup plus jouable!", assure-t-il aussi à l'AFP. "Mieux valait mettre dès maintenant un pied dans la porte pour pouvoir organiser de l'intérieur une opposition efficace et préparer le terrain". "J'en ai la certitude : je serai maire de Bordeaux", a-t-il écrit.

NDLR : A Bordeaux, sont en lice pour les élections municipales 2014 : une liste UMP (soutenue par UDI et Modem) emmenée par Alain Juppé, une liste PS-EELV emmenée par Vincent Feltesse, une liste NPA (anticapitaliste) emmenée par Philippe Poutou, une liste FN emmenée par Jacques Colombier, une liste front de gauche emmenée par Vincent Maurinet une liste indépendante emmenée par Stéphane Boudy.

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