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Mouvement étudiant : "C'est un moment risqué pour Emmanuel Macron", selon Mazerolle

ÉDITO - L'éditorialiste revient sur la contestation étudiante auquelle le chef de l'État doit actuellement faire face avec le blocage de plusieurs universités.

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Mouvement étudiant : "C'est un moment risqué pour Emmanuel Macron", selon Mazerolle Crédit Image : Ayoub BENKARROUM / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Olivier Mazerolle
Olivier Mazerolle et La rédaction numérique de RTL

Emmanuel Macron s'est montré assez ferme hier mais il a encore plusieurs écueils à éviter, par exemple avec les zadistes à Notre-Dame-des-Landes ou ailleurs avec les étudiants. Il doit absolumment éviter un drame qui est toujours possible dans la confrontation avec les forces de l'ordre. C'est surtout vrai avec les étudiants, les zadistes ne sont soutenus que par une infime minorité. Il y a d'ailleurs plus de blessés du côté des forces de l'ordre à Notre-Dame-des-Landes que du côté des occupants. Cela montre que les consignes de prudence données aux policiers sont respectées. 

Avec les étudiants c'est différent, le mouvement actuel est minoritaire mais s'il devait y avoir des violences, tout pourrait changer. Quand on frappe leur progéniture, les parents et les grands-parents protestent et s'insurgent. Un mouvement étudiant peut très vite devenir un mouvement qui gagne toutes les générations

Les occupations actuelles dans une dizaine de facs annoncent-elles peut-être un nouveau mai 68 ? On en est encore loin, jeudi soir des policiers sont entrés dans la Sorbonne de Paris pour expulser les 200 étudiants qui l'occupaient et ça n'a pas provoqué beaucoup de réactions. Le 3 mai 1968, l'intervention des CRS dans la Sorbonne avait provoqué le soir-même la première nuit des barricades. 

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Les occupants d'aujourd'hui ne représentent qu'eux

En mai 68, le mouvement étudiant symbolisait l'aspiration globale de la société française à changer d'époque. Les occupants d'aujourd'hui ne représentent qu'eux-mêmes. Cependant, la moindre imprudence peut mettre le feu aux poudres. L'exemple de Montpellier le prouve. Alors que les protestataires ne parvenaient pas à mobiliser contre la loi sur l'université, il a suffi que des individus cagoulés pénètrent dans un amphi de Montpellier avec au minimum l'indulgence du doyen de la fac, pour que le mouvement prenne plus d'ampleur. 

Emmanuel Macron a dénoncé les professionnels du désordre et a déclaré qu'il n'y aurait pas de diplôme en chocolat. Il n'y a que les agitateurs déjantés pour croire qu'une note de 10 ou 12 pourrait avoir la moindre valeur si elle était attribuée automatiquement aux étudiants sous prétexte qu'ils n'auraient pas pu préparer leurs examens, surtout quand ceux qui dénoncent cela sont ceux-là même qui empêchent la préparation aux examens.

Mais s'il ne cède pas sur ce point, et c'est tant mieux, Emmanuel Macron fait extrêmement attention à ne pas provoquer le pire. Il a donné son accord pour les évacuations de la Sorbonne et de la faculté de Nanterre en raison de la valeur symbolique de ces universités, très liées à mai 68. Il est beaucoup plus réticent ailleurs. 

Un moment risqué pour le président de la République

Le risque serait de voir se créer des sortes de zad en pleine ville. Le pire serait de faire passer pour des victimes des gens qui tagguent comme à Tolbiac "Un bon flic est un flic mort" ou bien qui entassent des cocktails Molotv, ou bien ceux qui, comme à Montpellier, décrètent l'occupation jusqu'à la démission d'Emmanuel Macron. 

Ceux-là vivent dans l'idéologie récurrente selon laquelle il faut réveiller le bon peuple endormi par le suffrage universel en l'embrigadant dans des luttes prolétariennes pour renverser l'ordre établi. C'est donc un moment risqué pour Emmanuel Macron qu'il doit passer sans pour autant négliger des protestations légitimes qui mettent en cause les insuffisances du logiciel Parcousup car effectivement il y en a. 

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