Lionel Jospin est mort à l'âge de 88 ans
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Lionel Jospin et Jean-Luc Mélenchon en mars 2000
Crédit : AFP
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Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a rendu hommage à Lionel Jospin, décédé ce dimanche 22 mars à l'âge de 88 ans. "Ce fut un modèle d'exigence et de travail. Il restera l'homme des 35 heures, de l'alliance rouge rose vert, du refus de toucher à l'âge de départ à la retraite. Et une présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive. J'ai été son ministre de l'Enseignement professionnel et son appui total dans cette tâche reste mon souvenir reconnaissant', a-t-il écrit sur son compte X.
Lionel Jospin est resté jusqu'au bout une figure reconnue et rassembleuse de la gauche, malgré son échec historique au premier tour de la présidentielle de 2002 face à Jean-Marie Le Pen. Il avait lui-même assumé cet échec : "J'assume pleinement la responsabilité de cet échec et j'en tire les conclusions en me retirant de la vie politique", avait-il déclaré le 21 avril 2002, date qui vit pour la première fois l'extrême droite accéder au second tour de l'élection présidentielle.
Le président de la République Emmanuel Macron a, de son côté, salué un "grand destin français" qui "incarnait une haute idée de la République". L'ancien chef de l'État, François Hollande, a lui fait part de son "infinie tristesse" après la mort d'un "homme engagé". "Homme d'Etat, il a fait preuve d'une conception élevée de l'action publique fondée sur la probité, la clarté et la responsabilité", a écrit dans un communiqué celui qui fut premier secrétaire du PS pendant que Lionel Jospin était Premier ministre. "Au-delà de la gauche qui pleure l'une de ses plus éminentes figures, la France sait qu'un de ses plus grands dirigeants vient de s'éteindre", a-t-il ajouté.
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Un jour, une archive RTL
Découvrir l'émissionSur X, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure partage son "immense tristesse" après la disparition de Lionel Jospin. "C’était une gauche exigeante, intègre, républicaine. Il avait su emmener la gauche plurielle jusqu’à la victoire. À l’heure où les repères vacillent, son parcours rappelle qu’on peut gouverner sans concession à l’air du temps", poursuit-il.
Et d'ajouter : "Premier ministre, il a porté des réformes qui ont marqué durablement la société française - des avancées sociales concrètes, pensées pour améliorer la vie du plus grand nombre, sans céder à la facilité ni au cynisme. Il fut pour moi un inspirateur et une référence". Le Premier secrétaire réclame, par ailleurs, "un hommage national".
Sébastien Lecornu a, lui, choisi de mettre en lumière chez son prédécesseur socialiste, un "serviteur fidèle" de l'Etat guidé par "une certaine idée du progrès social". "La France perd aujourd'hui un serviteur fidèle, dont le nom restera lié à l'État", a écrit sur X, en évoquant "son action, guidée par une certaine idée du progrès social et des valeurs républicaines", qui "laisse une empreinte durable et un modèle d'engagement".
L'ancien Premier ministre et ancien président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, rival historique qui s'est longtemps disputé avec Lionel Jospin l'héritage de François Mitterand, salue "une grande et belle figure de la gauche française", rendant homage à un "dirigeant politique de haute valeur morale".
Ségolène Royal, elle aussi candidate à l'élection présidentielle (2007) pour le PS, a salué la mémoire de Lionel Jospin en évoquant la disparition d'"un idéal politique, d’une rare honnêteté, guidé par une exigence morale constante". "Avec lui c’est une certaine idée de la politique qui nous quitte, respectueuse du débat et soucieuse de la bonne décision, sans insultes ni fureur. Restons fidèles à son héritage profondément républicain.
Ma reconnaissance aussi pour son soutien clair et respectueux en 2007".
Alexis Corbière, lui, rend hommage à un homme "formé au trotskisme". Le député rappelle qu’il a toujours défendu "la stratégie du Front unique, et donc l’union de toute la gauche en 1972, au sein du PS ou au gouvernement en 1997". "L’éclatement de sa majorité en 2002 causera une défaite cruelle.
Une vie à méditer", conclut-il.
Cinq ans auparavant, Jospin était entré à Matignon à la tête d'une majorité de gauche plurielle (socialistes, communistes et écologistes) victorieuse des élections législatives provoquées par la dissolution surprise de l'Assemblée nationale par le président de l'époque, un certain Jacques Chirac. Il cohabitait alors avec le président gaulliste et a mené plusieurs réformes marquantes : la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle (CMU) et la création du PACS pour tous les couples, précurseur du mariage homosexuel.
Sur X, Valérie Pécresse évoque la disparition de Lionel Jospin, rappelant qu'il était "un homme d'État" qui "incarnait la droiture et la fidélité à ses convictions", au-delà des différences politiques.
Au micro de RTL, Manuel Valls, a parlé de la perte d'"un mentor". " J'ai beaucoup appris [avec lui, NDLR]. J'avais évidemment des différences, des divergences, mais nous pouvions nous les exprimer. J'avais beaucoup d'affection et beaucoup de respect".
Pour Raphael Glucksmann, de Place publique, "Lionel Jospin incarnait la probité et le sérieux, la sincérité et la droiture.
Un certain rapport à la gauche, à la France et au monde, si loin de l’air du temps".
Catherine Trautmann, ancienne ministre de Lionel Jospin, et élue à Strasbourg évoque dans un communiqué que l'ancien Premier ministre "incarnait une certaine idée de la gauche : celle qui ne transige pas avec ses valeurs, qui refuse les accommodements faciles, qui tient la ligne même quand le vent tourne". "Dans un paysage politique où les convictions s'ajustent trop souvent à l'air du temps, cette droiture était rare. Elle forçait le respect, y compris de ses adversaires", insiste l'élue.
Le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire (PS) "dédie" sa victoire à Lionel Jospin, ancien député de Paris, à qui "nous devons tant". "Lionel a été une figure tutélaire pour plusieurs générations, et a inlassablement ouvert la voie".
De son côté, l'ancien maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë a rendu hommage a un "homme d'Etat qui a fait honneur à la démocratie et à la République". Il incarnait "la droiture, la cohérence et la clarté" et avait "conduit la gauche à la victoire".
La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a rendu hommage à un "monstre sacré de la gauche française", dont le "bilan (des) conquêtes sociales est d'une ampleur qui paraît presque irréelle aujourd'hui".
Le coordinateur de La France Insoumise Manuel Bompard a honoré "la dernière apparition d'un homme de gauche au pouvoir prenant des mesures radicales comme les 35 heures".
Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) regrette "une figure emblématique du Parti socialiste", "qui manquera à la politique française" et "emmène avec lui une part de la gauche laïque, attachée à l'universalisme républicain".
Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national, a rendu hommage à un "homme de gauche intègre" dont son parti a "combattu la politique lorsqu'il était Premier ministre".
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