3 min de lecture Marine Le Pen

Marine Le Pen sur France 2 : exigences contradictoires, colère et grande confusion avant l'émission "Des Paroles et des Actes"

L'invitation de Marine Le Pen dans l'émission politique phare de France 2 ne cesse de semer le trouble à quelques heures du direct.

Marine Le PEn sur le plateau de "Des Paroles et des Actes", le 23 juin 2011
Marine Le PEn sur le plateau de "Des Paroles et des Actes", le 23 juin 2011 Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et AFP

La bataille des idées devait se passer devant les caméras de France 2 mais ce sont finalement les préparatifs de l'émission Des Paroles et des Actes qui sont devenus un véritable champ de bataille politico-médiatique. Au milieu de la journée de ce jeudi 22 octobre - à quelques heures du direct - hommes politiques, chargés de communication et programmateurs de France 2 s'arrachent toujours les cheveux et usent de leurs meilleurs arguments pour déterminer le plan de table du soir, quitte à risquer la défection de certains invités au dernier moment.

France 2 a d'abord été critiquée par les patrons des Républicains et du PS pour avoir à nouveau invité la dirigeante du FN, Marine Le Pen, à cette émission. La chaîne pensait avoir vaincu les dernières réticences en conviant dans la nuit de mercredi 21 à jeudi 22 octobre les deux principaux adversaires de Marine Le Pen aux élections régionales en Nord-Pas de Calais-Picardie. Au matin cependant, les exigences des différents clans ont eu tôt fait de compliquer encore un peu plus la situation. Pierre de Saintignon (PS), qui avait réservé sa réponse toute la matinée, a finalement annoncé sa participation "pour défendre (son) projet pour les habitants" du Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Xavier Bertrand (LR), lui, a partiellement accepté : il répondra "en duplex depuis La Chapelle d'Armentières où il tient une réunion publique", a annoncé dans un tweet son directeur de campagne, Gérald Darmanin, le camp Bertrand réclamant une heure de débat.

Les deux candidats viendraient s'ajouter à Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, et Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, déjà invités pour porter la contradiction à la fille de Jean-Marie Le Pen. À moins que Marine Le Pen, qui a conditionné sa participation à l'émission au remplacement de ce débat "national" par une confrontation avec ses adversaires régionaux, obtienne gain de cause auprès de France 2. Marine Le Pen a toutefois assuré qu'en l'état, elle ne renoncerait pas à participer à cette émission. "Non je ne renoncerai pas, malgré toutes les mauvaises manières qui me sont faites, pour une raison simple, c'est que je suis la voix de ceux qui n'en ont pas", a-t-elle déclaré sur Europe 1.

Débat chorale

"Nous ne comprenons pas ce refus" du nouveau format d'émission proposé, a assuré de son côté France 2, qui exprime son souhait d'être "un lieu de débat". Cette nouvelle configuration, loin d'apaiser les tensions, a fait des vagues : Sandrine Rousseau, la tête de liste régionale EELV-Parti de gauche, a ainsi demandé à son tour à être intégrée au débat télévisé, tout comme Debout la France avec son candidat Jean-Philippe Tanguy, tandis que Jean-Christophe Lagarde se disait "effaré par les exigences" de Marine Le Pen "qui prétend (...) dicter sa loi à une grande chaîne du service public".

À lire aussi
Marine Le Pen, au siège du RN à Nanterre, le 28 juin 2020. Nouvelle-Calédonie
Nouvelle-Calédonie : Marine Le Pen appelle à voter "non" à l'indépendance

Pour justifier la présence de Marine Le Pen, personnalité la plus invitée à cette émission (5 sur 36 en tout), David Pujadas arguait que le FN "n'a qu'un leader à l'envergure nationale suffisante pour le représenter dans une telle émission". Le FN, rappelait-il, n'a bénéficié que de "12% du total" de temps de parole de l'émission ces trois dernières années, "soit le bas de la fourchette des obligations". Une organisation dont les derniers rebondissements ont sérieusement entamé la patience de Marine Le Pen qui est allée jusqu'à demander sur Twitter si les équipes de France 2 la prenait pour "leur chien" en lui "imposant six débats de suite".

Mais à un mois et demi du premier tour, le 6 décembre, ce front commun de ses adversaires ne peut quoi qu'il en soit que ravir le Front national, qui dénonce en permanence une supposée collusion entre le PS et Les Républicains sous le nom d'"UMPS" jusqu'à il y a peu, d'"RPS" désormais. "Tout ce qui révèle l'RPS est à prendre. L'émission elle-même devient le principal sujet de l'émission, ce qui est en soi un fait politique intéressant", remarque Florian Philippot, numéro 2 du Front national. La présidente du parti d'extrême droite est en bonne position dans les sondages pour remporter les régionales dans la grande région du Nord. Sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, livre, elle, un duel acharné avec Christian Estrosi (LR) en PACA.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Marine Le Pen Médias France 2
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants