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Manuel Valls : de Barcelone à Matignon, itinéraire d'un ambitieux

PORTRAIT - La nomination de Manuel Valls à Matignon est la dernière ligne d'une partition pour l'instant sans fausse note.

Paris, le 26 mars 2014. François Hollande s'apprêterait à nommer Manuel Valls Premier ministre
Paris, le 26 mars 2014. François Hollande s'apprêterait à nommer Manuel Valls Premier ministre
Crédit : AFP / ALAIN JOCARD
Benjamin Hue & AFP

François Hollande a tranché. Au lendemain d'une déroute électorale sans précédent pour le Parti socialiste, le président de la République a choisi Manuel Valls, son ministre le plus populaire, pour mener la politique du nouveau gouvernement. 

Un pari risqué pour l'ancien locataire de la Place Beauvau, dont la popularité a toujours fait figure d'exception au sein d'un gouvernement toujours plus décrié. 

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Cette nomination sonne comme une revanche pour l'ancien maire d'Évry. Longtemps marginalisé au sein de son parti, il endosse aujourd'hui le costume de chef de file de la majorité socialiste. L'époque où Martine Aubry l'invitait à prendre la porte du parti à la rose paraît désormais bien lointaine. 

Entre temps, il s'est imposé comme le chantre d'une gauche moderne et décomplexée tout en mettant en musique son goût de l'ordre au ministère de l'Intérieur où il est devenu l'homme politique préféré des Français.

Un parcours sans faute

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Le 17 mai 2012, sa nomination à l'Intérieur venait sanctionner un parcours sans faute. Et récompenser son travail d'efficace communiquant durant la campagne présidentielle. Outsider de la primaire PS, il s'était fait remarquer en épinglant les "vieilles recettes" de la gauche. Avant de se rallier rapidement au vainqueur après avoir obtenu un maigre 5%. 

Dès son arrivée Place Beauvau, Manuel Valls égrène ce qui sera son credo : . Comprendre, celle prônée par Nicolas Sarkozy, qui a occupé deux fois la tête de ce ministère régalien où il a acquis sa popularité. Il évoque également sa "fierté" de "servir la France", non sans rappeler ses origines espagnoles. Né à Barcelone le 13 août 1962, fils d'un artiste peintre catalan aujourd'hui décédé, Xavier Valls, Manuel Valls a été naturalisé Français à 20 ans, après l'élection de François Mitterrand.

À cheval sur la sécurité

Il n'arrivait pas à l'Intérieur la tête vide. Maire d'Evry depuis 2001, le député de l'Essonne a toujours considéré la sécurité comme un enjeu majeur. Et ne s'est jamais remis de la défaite de Lionel Jospin, dont il avait été le communicant durant quatre ans, qu'il impute en partie à ce sujet "tabou pour la gauche". 

Il avait donc préparé le terrain, notamment aux côtés du criminologue Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient passé au service de Nicolas Sarkozy. Un ami de jeunesse, tout comme l'ex député PS Julien Dray, et Stéphane Fouks, patron de l'agence de communication Euro RSCG, qui le conseille dans la communication dont Manuel Valls maîtrise tous les codes.

Une personnalité sans détours

"Manuel en quelques mots, c'est volonté, loyauté, détermination. Il sait ce qu'il veut et comment il le veut", dit de lui Alain Bauer. "Quand j'entends dire que le président en aurait peur, c'est idiot, il n'y a pas plus loyal". Mais, "Manuelito", comme le surnomment certains de ses proches, n'a pas d'états d'âme. Il sait trancher, parfois brutalement, ce qui lui a valu nombre d'inimitiés. Y compris dans son parti. Il ne craint pas de rabrouer et n'a cure du jugement des autres, ne cherchant pas leur affection.

À Matignon, aux côtés de Lionel Jospin, il plaidait pour "couper les branches pourries" rapidement dès qu'un problème sérieux survenait. Ce surdoué de la politique, qui avait commencé sa carrière au cabinet du Premier ministre Michel Rocard, de 1988 à 1991, a fait de la méchanceté sa spécialité. Au point de la revendiquer et dire se plaire dans le "rôle du méchant" puisqu'il "en faut bien un".

Comme un air de Sarkozy

À Beauvau, il lance les , promesse de campagne pour lutter contre la délinquance dans les quartiers sensibles. 80 aujourd'hui, souvent réclamées à cor et à cri par des élus de tous bords pas fâchés de voir des képis en nombre dans leurs rues.

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Auprès de ceux-ci, son discours musclé passe plutôt bien. Et leur rappelle Nicolas Sarkozy, virevoltant d'un drame à un fait divers retentissant. Comme Manuel Valls qui s'énerve d'être comparé à "un autre", comme il dit, mais avoue en privé que Nicolas Sarkozy a rompu avec le "ministère pépère ou déconnecté" de ses prédécesseurs. Il aligne parfois le nombre de ses déplacements sur ceux du ministre Sarkozy.

Tout proche de Matignon fin 2013

Le succès est certain. Valls rassure, est applaudi et photographié dans les rues. C'est le favori des sondages. La droite peine à le prendre en faute même sur les chiffres de la délinquance et l'explosion des cambriolages, contre lesquels il a lancé en 2013 un plan n'ayant pas encore fait ses preuves.

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Ses incartades sur les Roms, ses démêlés avec la ministre de la Justice sur la réforme pénale, ses photos posées - "volées", dit-il - dans la presse people avec son épouse, la violoniste Anne Gravoin, lui valent des critiques dans son camp. Il n'en a cure et trace son sillon, quasiment sur le départ pour Matignon fin 2013 après, selon son entourage, un "signe du Château". Sans complexe.

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