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Macron : de candidat à président, retour sur ses déclarations sur les violences policières

ÉCLAIRAGE - Même si le président de la République n'a pas encore pris la parole sur les manifestations contre les violences policières, le candidat à la présidentielle de 2017, lui, promettait d'être "intraitable".

Emmanuel Macron et Christophe Castaner le 20 mars 2020
Emmanuel Macron et Christophe Castaner le 20 mars 2020 Crédit : GONZALO FUENTES / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Élu depuis trois ans à la tête du pays, Emmanuel Macron fait le choix de garder le silence concernant les violences policières et les manifestations en France. Mais ça n'a pas toujours été le cas. En pleine campagne de l'entre-deux-tours lors la présidentielle de 2017, le sujet était déjà au cœur du débat, et Emmanuel Macron, candidat, s'était longuement exprimé.

Invité de l'émission organisée par Mediapart, le 5 mai 2017, le candidat En Marche évoquait la question des contrôles au faciès, comme le rappelle nos confrères de Libération et des Inrocks. "Je veux changer la culture, le mode de management et le recrutement dans la police", déclarait-il (à partir de 12'25 dans la vidéo, ndlr)

Quelques minutes après, Emmanuel Macron ajoutait : "Je l'ai déjà dit et je le redis ici : je serai intraitable. Ce que je ne comprends pas, c'est qu'on ne mette pas en cause la hiérarchie policière quand il y a de manière évidente un problème. Il faut qu'il y ait une responsabilité policière et administrative quand il y a des comportements déviants".

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Mars 2019 : Macron récuse le terme de "violences policières"

Les manifestations des "gilets jaunes" qui resteront l'un des points les plus marquants du quinquennat d'Emmanuel Macron, ont remis le débat des violences policières sur le devant de la scène politique. En effet, des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux se sont multipliées pour dénoncer le comportement des forces de l'ordre à l'égard des manifestants. 

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En mars 2019, le président de la République récusait le terme de "violences policières". "Ne parlez pas de 'répression' ou de 'violences policières', ces mots sont inacceptables dans un État de droit", déclarait-il en réponse à l'interpellation d'une Française lors d'un grand débat national organisé dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Le chef de l'État avait alors dénoncé les comportements des "gens qui ont décidé de s'infiltrer (dans les manifestations, ndlr). Ils ont détruit, ils ont menacé, ils ont frappé les forces de l’ordre". Emmanuel Macron avait aussi reconnu des "blessures", du "fait d'autres bêtises", comme l'indiquait un article du Monde.

Janvier 2020 : un tournant amorcé

En janvier 2020, Emmanuel Macron amorce, à demi-mot, un tournant dans la doctrine de l'État. Le premier à se lancer sera Christophe Castaner. Lors de ses vœux à la police nationale le 13 janvier, le ministre de l'Intérieur déclarait que "c'est l'honneur de la police qui est en jeu, on ne fait pas de croche-pied à l'éthique, sauf à s'abaisser, à abaisser la police". Le ministre de l'Intérieur faisait référence à une vidéo virale sur les réseaux sociaux montrant un policier faisant un croche-pied à une manifestante à Toulouse

Sans pour autant employer le terme de "violences policières", Emmanuel Macron fustigeait "des comportements qui ne sont pas acceptables qui ont été ou vus ou pointés". Prudent, le chef de l'État avait assuré ne pas faire de "généralisation" mais qu'il ne souhaite pas que "cela atteigne la crédibilité et la dignité" des forces de l'ordre. "Il ne faut avoir aucune complaisance", ajoutait-il

Le président de la République avait alors demandé à Christophe Castaner de lui faire, "dans les meilleurs délais, des propositions claires pour améliorer la déontologie, les éléments de contrôle". 

Juin 2020 : un silence assourdissant

Une demande qui semble similaire à celle à nouveau formulée il y a quelques jours. L'Élysée a fait savoir, le 8 juin, que le président s'est notamment entretenu la veille à ce sujet avec Édouard Philippe et Christophe Castaner. Il a demandé au chef du gouvernement et aux membres du gouvernement concernés de s'emparer des différents volets du sujet, la déontologie policière mais aussi la politique de la ville et le racisme

Cette fois-ci, le ministre de l'Intérieur a assuré la mise en place de contrôles renforcés et l'interdiction de la méthode d'interpellation dite "de l'étranglement". "8 minutes 46 secondes. C'est la durée pendant laquelle, George Floyd est resté à terre, le genou d'un policier contre son cou. C'est la durée de l'agonie, de la honte, de la haine. C'est le temps qu'il a fallu pour asphyxier l'honneur", a déclaré le ministre de l'Intérieur lors d'une conférence de presse. 

Il a aussi demandé à la garde des Sceaux Nicole Belloubet de se pencher sur le dossier du décès en 2016 d'Adama Traoré, lors d'une interpellation. Mais contrairement aux précédents débats, Emmanuel Macron n'y a pas encore pris part, à l'inverse de Christophe Castaner et Édouard Philippe.

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