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Macron à la Rotonde : le candidat a-t-il eu tort de s'y rendre ?

INTERVIEW - Fraîchement qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron s'est rendu dans une brasserie parisienne pour fêter ce succès.

Emmanuel Macron à La Rotonde à Paris, le 23 avril 2017
Emmanuel Macron à La Rotonde à Paris, le 23 avril 2017 Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La dynamique d'Emmanuel Macron s'est donc confirmée. Il a franchi le premier tour de l'élection présidentielle avec 24,01% des voix, selon les informations communiquées par le ministère de l'Intérieur. Il affrontera Marine Le Pen, le 7 mai prochain. La candidate du Front national a obtenu 21,30% des voix. Le candidat d'"En Marche !" a pris la parole en dernier depuis Porte de Versailles à Paris : "Le défi, à partir de ce soir, n'est pas d'aller voter contre qui que ce soit. Le défi est de décider de rompre jusqu'au bout avec le système qui a été incapable de répondre aux problèmes de notre pays depuis plus de trente ans".

Après son intervention, Emmanuel Macron s'est rendu à la Rotonde, une brasserie située près de Montparnasse dans le XIVe arrondissement de Paris. Des internautes ont trouvé que cette célébration faisait étrangement écho à la célébration de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 au Fouquet's. 

Une mauvaise stratégie ?

Interrogé par Quotidien, le candidat à l'élection présidentielle indique : "Cher ami, si vous n'avez pas compris que c'était mon plaisir ce soir, d'inviter mes secrétaires, mes officiers de sécurité, les politiques, les écrivains, les femmes et les hommes qui modestement depuis le premier jour m'accompagnent, c'est que vous n'avez rien compris à la vie. C'était mon moment du cœur. Mais je crois qu'au Fouquet's, il n'y avait pas beaucoup de secrétaires, d'officiers de sécurité. Moi je n'ai pas de leçons à recevoir du petit milieu parisien".

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Pour une partie des Français, ce premier tour de l'élection fait écho au 21 avril 2002, quand Jean-Marie Le Pen accède au second tour et provoque l'élimination de Lionel Jospin ainsi que son retrait de la vie politique. "Le face-à-face avec Marine Le Pen montre que ce premier tour est grave et doit être une prise de conscience pour la démocratie. Ce n'était pas le bon tempo pour aller célébrer à la Rotonde. Emmanuel Macron n'a pas encore gagné l'élection", analyse pour RTL.fr Philippe Moreau-Chevrolet, professeur en communication politique à Sciences-Po. Le parallèle avec Nicolas Sarkozy s'inscrit "dans la même logique" pour l'expert. "En 2007, il avait été élu sur une forte promesse. Être élu pour un président de la République, c'est un début et non pas une finalité. Emmanuel Macron ne peut pas agir comme s'il avait remporté l'élection alors que nous vivons des heures graves et que nous sommes dans l'incertitude. Les Français n'étaient pas d'humeur à faire la fête hier soir. D'ailleurs, il est important de souligner qu'il est qualifié au premier tour avec un pourcentage plus faible que celui de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande", ajoute-t-il.

L'élection n'est pas faite pour faire plaisir à Emmanuel Macron, mais pour sauver le pays

Philippe Moreau-Chevrolet
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Tout l'enjeu pour le candidat d'"En Marche !" est "de prendre plus de gravité. Il doit faire l'inverse de Nicolas Sarkozy et de François Hollande en faisant passer la pays avant sa propre personne. Emmanuel Macron fait déjà cette erreur en répondant 'C'était un moment de cœur'. L'élection n'est pas faite pour lui faire plaisir, mais pour sauver le pays", analyse Philippe Moreau-Chevrolet. Autre enjeu pour l'ancien ministre de l'Économie : "Il n'a pas une assise profonde dans le pays. Avec ce genre d'attitude, il va inquiéter ses soutiens. Tout le monde n'est pas encore pleinement certain qu'il peut gouverner", ajoute-t-il.

Cependant, les critiques sont déjà lancées et la comparaison avec Nicolas Sarkozy est faite. À tel point que Gérard Collomb, très proche d'Emmanuel Macron a expliqué sur BFMTV que "La Rotonde, ce n'est pas totalement le Fouquet's (...) Il y avait surtout des bénévoles (...), des militants qui avaient tout sacrifié pendant un an pour le porter là où il est aujourd'hui". "C'était normal qu'il ait ce geste envers eux, le contraire m'aurait semblé anormal", a-t-il ajouté.

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