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Législatives 2017 : "Un référendum pour ou contre Macron", selon Olivier Mazerolle

LETTRE DE CAMPAGNE - Le journaliste décortique la chronique d'un succès annoncé pour la majorité présidentielle.

Emmanuel Macron, le 27 mai 2017 lors du sommet du G7
Emmanuel Macron, le 27 mai 2017 lors du sommet du G7
Crédit : SIPA

L'attentat de Londres, Trump et le climat, Trump et la poignée de main, Poutine et ses médias affidés… Emmanuel Macron a passé les épreuves les unes après les autres avec succès, sans commettre de fautes. Bernard Cazeneuve souligne à juste titre dans Le Parisien, que rien de concret n'a encore été réalisé, que l'on assiste "à une juxtaposition d'images sympathiques, qui contribuent à créer un climat d'optimisme auquel le pays aspire, mais qui ne doit pas le priver de lucidité." Il n'empêche. La prestance présidentielle d'Emmanuel Macron tranche avec les performances sans-gêne ou falotes de ses prédécesseurs. Elle séduit, impose la voix de la France sur la scène internationale et rend sa fierté à un pays déprimé par le constat de son déclin. Sans doute ne s'agit-il encore que de prestance, mais elle impacte, elle surplombe le paysage politique et offre au président de la République l'espoir inattendu, mais devenu raisonnable, d'obtenir une majorité parlementaire aux élections législatives.

La précarité climatique à laquelle Donald Trump veut condamner le monde, la tragédie de Londres, ont agi comme des révélateurs. La gravité et les formules efficaces avec lesquelles Macron a fait face à ces situations ont anéanti le maigre débat que ses adversaires tentaient d'alimenter. Divisés, tourmentés, désorientés, les partis politiques ne parviennent plus à mobiliser les électeurs qui doutent encore des vertus présidentielles. Jean-Luc Mélenchon est redevenu vindicatif. Il ne convainc que les imprécateurs, bruyants, mais minoritaires. Le Parti communiste continue de se consumer à petit feu. Le PS se disperse en microgroupes qui se maudissent tout en affirmant être chacun le dépositaire des lois du temple. Le FN ne se remet pas du score de Marine Le Pen, si éloigné des espoirs entretenus. Les Républicains tournent comme des toupies, ne sachant plus s'ils doivent se préparer à coopérer ou à s'opposer, prêts à se déchirer les uns les autres sous l'effet des forces centripètes.

Beaucoup incertitudes entourent la majorité qui se profile

Il demeure pourtant beaucoup de points d'interrogation. L'attitude du président Macron à l'égard de Richard Ferrand est-elle compatible avec les engagements du candidat Macron sur l'exemplarité en politique ? Est-il prudent de s'en remettre à un seul homme ? Celui-ci est-il le réformateur annoncé ? Qui sont les candidats "d'En Marche !", littéralement des inconnus. Seront-ils des députés godillots qui obéissent aux injonctions présidentielles ou des rebelles disposés à faire valoir leurs personnalités ? Comment vont-ils se répartir les tâches dans les commissions parlementaires, véritables lieux du travail législatif ? Comment s'y retrouver parmi tous ces candidats qui se réclament de la majorité présidentielle parfois sans avoir été investis, mais tolérés pour servir de force complémentaire en cas de nécessité. Les électeurs devront parfois trancher dans le vif de situations ubuesques comme par exemple dans le XVIIIe arrondissement de Paris où un candidat républicain et une candidate socialiste se réclament l'un et l'autre de l'onction élyséenne. Loin d'être le premier communiant béat qui découvre le monde, Emmanuel Macron a fait preuve de la science politicienne d'un vieux briscard. Il a désintégré les formations traditionnelles en multipliant les initiatives et les situations qui transforment l'ensemble en un gigantesque champ de girouettes déboussolées.

Les législatives se présentent comme un référendum pour ou contre Macron. Son magnétisme, l'envie de renouvellement manifesté par les Français lui donnent de fortes chances de gagner son deuxième pari après celui de sa victoire à la présidentielle. Les électeurs sceptiques, qui refusent de croire sur parole, plus que dans l'opposition, devraient se réfugier dans l'abstention. À défaut de gagner la confiance de tous, le président a au moins obtenu l'envie de lui donner sa chance.

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