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"La mairie doit s'ouvrir aux morts comme aux vivants" : sur RTL, Noël Mamère relance l'idée de "funérailles républicaines"

Alors que les cérémonies laïques sont de plus en plus répandues, l'ancien maire écologiste a relancé le débat sur la création d'obsèques républicaines en mairie, ce mercredi 4 mars à l'antenne de RTL. Au nom de l'égalité des droits, il défend la possibilité pour tous d'être accompagnés dignement dans la mort, sans distinction de moyens ni de convictions religieuses.

Noël Mamère le 5 février 2016 à Paris.

Crédit : NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Des "funérailles républicaines" en mairie ? L'ancien candidat à l'élection présidentielle Noël Mamère relance le débat

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Jérémy Descours

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Invité de RTL ce mercredi 4 mars, Noël Mamère relance un débat ancien : faut-il permettre l'organisation des "funérailles républicaines" en mairie, sur le modèle des mariages républicains ? Pour l'ancien maire de Bègles, la réponse est claire : oui, au nom de l'égalité.

L'idée n'est pourtant pas nouvelle. Des propositions de loi ont déjà été déposées à l'Assemblée nationale en 2007, 2008 puis en 2016. Cette année-là, le principe des funérailles républicaines avait même été adopté par les députés avant d'être rejeté par le Sénat deux ans plus tard.

Aujourd'hui, l'initiative est relancée par deux architectes béglais, Antoine Carde et Siegrid Péré-Lahaille, soutenus par Noël Mamère. Leur proposition : permettre aux maires d'organiser des obsèques civiles dans la salle des mariages, rebaptisée "salle républicaine", pour les personnes qui ne souhaitent pas de cérémonie religieuse.

"La mairie, c'est le cœur de la République"

"Cette idée, elle n'est pas neuve (…) nous considérons qu'il y a tous les éléments pour que l'on puisse accéder à des funérailles républicaines, c'est-à-dire que tous, quelle que soit sa condition, que chacun puisse espérer être enterré dans des conditions décentes. Or, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Selon qu'on est riche ou pauvre, on n'a pas droit aux mêmes conditions d'accompagnement dans la mort", a insisté l'ancien candidat à l'élection présidentielle au micro de RTL. 

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Car si les cérémonies laïques existent déjà, elles se déroulent le plus souvent dans des chambres funéraires ou des crématoriums, parfois dans des salles communales lorsque la mairie l'autorise. Pour Noël Mamère, cela reste insuffisant.

"Pour moi, ce sont des itinéraires de contournement. La mairie, c'est le lieu de la République. C'est là où bat le cœur de la République. Il faut que la mairie sache s'ouvrir aux morts comme elle s'ouvre aux vivants. Et que l'on puisse dédier une salle pour les obsèques civiles et laïques de personnes qui le désirent. Sans que pour autant, ça leur coûte de l'argent."

Ce que dit aujourd'hui la loi

En France, les cérémonies civiles sont déjà autorisées. Elles peuvent se tenir dans des lieux communaux ou privés, en plus des cimetières, chambres funéraires et crématoriums. Toutefois, l'attribution d'une salle municipale relève de la seule décision de la commune, qui peut accepter ou refuser, et éventuellement demander une redevance.

Par ailleurs, lorsqu'un élu participe à une cérémonie, il ne le fait pas en tant qu'officier d'état civil. C'est précisément ce que le projet soutenu par Noël Mamère souhaite faire évoluer : inscrire clairement dans la loi la possibilité d'obsèques non religieuses organisées en mairie, sous l'autorité du maire, comme c'est déjà le cas pour un mariage civil.

"Ce qui m'a poussé à accepter de soutenir cette initiative, c'est le principe de l'égalité des droits. L'égalité des droits, c'est un fondement. Ce n'est pas négociable (…). On est encore dans une société où il y a trop de discrimination. Si on pouvait éviter qu'il y en ait devant la mort, ce ne serait pas plus mal", a ajouté Noël Mamère dans RTL Midi. 

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