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Raphaël Glucksmann dans RTL Matin, le 8 mai 2026.
Crédit : RTL
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"L'Europe Tanguy doit prendre fin". Sur RTL, Raphaël Glucksmann a choisi une formule frappante pour résumer ce qu'il considère comme un tournant historique pour le continent européen : la fin de la dépendance militaire envers les États-Unis.
Invité ce jeudi, à l'occasion des commémorations du 8 mai 1945, l'eurodéputé a estimé que l'Europe ne pouvait plus compter sur Washington pour garantir sa sécurité, particulièrement depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Pour illustrer son propos, Raphaël Glucksmann a comparé l'Europe au personnage du film Tanguy, cet adulte incapable de quitter le foyer familial. "Nous devons arrêter avec l'Europe Tanguy", a-t-il lancé. "Nous devons désormais défendre notre maison seuls".
Selon le coprésident de Place publique, les États-Unis de Donald Trump n'ont plus rien à voir avec ceux de Franklin Roosevelt, qui avaient participé à la libération de l'Europe durant la Seconde Guerre mondiale. "Les États-Unis de Trump ne sont pas les États-Unis de Roosevelt", a-t-il affirmé, estimant que la relation transatlantique entrait dans une nouvelle phase.
Interrogé sur le maintien de l'alliance entre l'Europe et Washington, Raphaël Glucksmann a jugé que les signaux envoyés par l'administration Trump étaient clairs. "Les États-Unis aujourd'hui nous font comprendre qu'ils ne le sont pas [nos alliés, NDLR]", a-t-il déclaré, évoquant "une page d'histoire de 80 années de stabilité" qui serait en train de se tourner.
L'eurodéputé pointe notamment la volonté affichée par Donald Trump de réduire la présence militaire américaine en Europe, avec le retrait annoncé de plusieurs milliers de soldats stationnés en Allemagne. Pour lui, cette évolution oblige désormais les Européens à prendre leur sécurité en main.
"Nous ne pouvons pas dépendre pour notre sécurité et notre survie des décisions prises à Washington", a insisté Raphaël Glucksmann. Il plaide ainsi pour une défense européenne renforcée, capable de fonctionner sans soutien américain.
Cela passe, selon lui, par le développement d'une industrie militaire européenne autonome. L'élu de gauche souhaite notamment que les financements européens soient exclusivement réservés aux équipements produits en Europe. "Chaque euro qui est dépensé à l'échelle européenne doit être investi dans notre propre défense", a-t-il expliqué.
Raphaël Glucksmann défend ainsi une "préférence européenne" dans les achats militaires, avec l'objectif de construire des systèmes antimissiles, des drones et des capacités de défense entièrement européens. Il évoque même un "divorce" avec le complexe militaro-industriel américain.
Pour autant, l'eurodéputé ne plaide pas pour une mutualisation de la dissuasion nucléaire française. "Jamais nous ne mutualiserons la dissuasion nucléaire. Jamais nous ne partagerons à 27 la décision d'appuyer sur un bouton", a-t-il assuré. En revanche, il estime que la France doit considérer que "l'intérêt vital français, c'est l'intérêt vital européen".
Dans cette logique, Paris pourrait jouer un rôle de "parapluie" stratégique pour protéger les pays les plus exposés à la menace russe, comme l'Estonie ou la Pologne. "C'est l'intérêt vital de la France qu'il n'y ait pas la guerre sur le continent européen", a conclu Raphaël Glucksmann.
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