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Jihad : 1.432 Français sont partis en Syrie et en Irak selon un rapport du Sénat

Au total, 1.432 Français ont quitté la France pour la Syrie et l'Irak selon un rapport sénatorial qui préconise 110 propositions pour lutter contre les réseaux jihadistes.

Les membres d'un groupe djihadiste, en Syrie. (illustration)
Les membres d'un groupe djihadiste, en Syrie. (illustration)
Crédit : AFP
Marion Dubreuil & AFP

Au total, 1.432 Français ont quitté la France à destination des zones de jihad en Syrie et en Irak, selon un rapport sénatorial publié ce mercredi 8 avril. Un chiffre en augmentation de 84% comparé à celui de janvier 2014. Le sénateur Jean-Pierre Sueur présentait aujourd'hui un rapport sur "les réseaux jihadistes en France et en Europe". Un document accablant pour la France, car sur les 3.000 jihadistes européens recensés dans les régions tenues par le groupe État Islamique, près de la moitié (47%) sont des ressortissants français. 

1.432 Français concernés par la filière de l'État islamique

"Les services de la Direction centrale de la sécurité intérieure (DGSI) suivent actuellement plus de 3.000 personnes suspectées d'être impliquées dans des filières syriennes, un chiffre en augmentation de 24% par rapport au mois de novembre 2014", a précisé Jean-Pierre Sueur. 

Le rapport précise que sur les 1.432 Français concernés par cette filière, 413 se trouvent effectivement dans les zones de combat, dont 119 femmes. 261 ont quitté la zone de jihad, dont 200 pour regagner la France. 85 auraient été tués sur place et deux sont emprisonnés en Syrie. La plateforme d'appel mise en France à la disposition des familles et des proches pour prévenir les services de police de leurs doutes avait enregistré fin mars 3.246 signalements, contre 1.608 à la fin 2014, soit une augmentation inquiétante de 116%, a ajouté le sénateur. 

Il a précisé que 152 islamistes radicaux sont actuellement incarcérés en France, pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", dont seulement 22 avaient effectué un séjour préalable en prison. 

110 propositions afin de lutter contre les réseaux jihadistes

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Jean-Pierre Sueur le rapporteur socialiste de "Filières "djihadistes" : pour une réponse globale et sans faiblesse" a présenté six volets d'action. Le premier consiste à "prévenir la radicalisation" : élaborer des programmes de contre-discours adaptés aux publics visés, s'appuyer sur les association avec d'anciens jihadistes repentis pour les diffuser prioritairement sur Internet et les réseaux sociaux... Le deuxième volet propose de renforcer la coordination et les prérogatives des services antiterroristes : attribuer à l'unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT) le statut de service interministériel à compétence nationale, tripler les effectifs du bureau de renseignement pénitentiaire... 

Un troisième axe s'attache à contrer le "jihad médiatique" : renforcer la coopération des opérateurs d'Internet, mettre en place des sanctions graduées, faciliter les signalements, engager des coopérations internationales pour lutter contre "les cyberparadis". La quatrième partie des propositions vise à tarir le financement du terrorisme : créer un programme européen de surveillance du financement du terrorisme, développer une culture du renseignement financier... 

Doter la police de l'air et et des frontières de moyens techniques pour effectuer des contrôles "en mobilité" au plus près des passerelles de débarquement des avions.

Rapport de Jean-Pierre Sueur

Le cinquième volet du rapport invite à mieux contrôler les frontières de l'Union Européenne : instaurer des contrôles systématiques aux frontières de l'espace Schengen, doter la police de l'air et et des frontières de moyens techniques pour effectuer des contrôles "en mobilité" au plus près des passerelles de débarquement des avions. Enfin la dernière partie du document invite à adapter la réponse pénale et carcéraleconditionner la délivrance de l'agrément d'aumônier pénitentiaire au suivi d'une formation théologique diplômante, isoler les individus radicalisés dans un quartier à l'écart dans la limite de 10 à 15 personnes... 

Parmi ces propositions, plusieurs ont déjà été adoptées ou sont en voie de l'être avec le renforcement des moyens antiterroristes annoncées par Manuel Valls après les attentats de janvier

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