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"Je veux bien faire le tiers de confiance" : Jean-Louis Borloo se propose comme médiateur entre Gabriel Attal et Édouard Philippe pour la présidentielle de 2027

Jean-Louis Borloo s'est proposé de jouer les médiateurs entre Gabriel Attal et Édouard Philippe, suggérant d'établir une "feuille de route" pour aider les candidats du bloc central et de la droite à se rassembler.

Jean-Louis Borloo se propose comme médiateur entre Gabriel Attal et Edouard Philippe.

Crédit : Montage RTL

Présidentielle 2027 : Jean-Louis Borloo se propose comme médiateur entre Gabriel Attal et Edouard Philippe

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Pauline Théveniaud

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"Il faut qu’ils se mettent d’accord ? Mais se mettre d’accord sur quoi ? Il faut un diagnostic partagé !" Quand il prononce ces mots sur l’estrade d’une petite salle du Parc des expositions de Dijon (Côte-d’Or), Jean-Louis Borloo fixe le premier rang. Un regard en direction d’Édouard Philippe, un autre vers Gabriel Attal, qui ont tous deux ont fait le déplacement pour la rentrée du Parti radical ce dimanche 11 octobre. 

L’ancien ministre de la Ville digresse, s’attarde sur l’état du pays, cette France, "organisation totalement désorganisée" à ses yeux. Puis, sans crier gare, il fait une offre de service : lui, Jean-Louis Borloo, père de l’Anru et du Grenelle de l’environnement, se propose comme médiateur pour écrire "une feuille de route" commune et ainsi aider les candidats du bloc central et de la droite à se rassembler : "Moi, je veux bien faire tiers de confiance !" 

Le voilà donc qui lance son "appel de Dijon". Un appel "pour une feuille de route de bonne foi, avec des gens formidables qui sont des candidats et qui finiront par embarquer le peuple de France dans cette épopée du redressement", s’emballe-t-il à la tribune. 

Des réponses cryptiques des deux intéressés

Dans l'assemblée, les réponses sont cryptiques : l’un de ses voisins entend Édouard Philippe murmurer : "C’est bien Jean-Louis !" mais le candidat Horizons n’en dira pas plus. Quand, à la sortie, on lui demande ce qu’il pense de cette proposition de Borloo, le Havrais reste mutique, se contentant d'un "merci" et d'un "à bientôt". 

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Gabriel Attal, lui, se montre plus bavard. Il approuve et il le clame : "Je suis sûr qu’il peut contribuer à faire cette feuille de route pour le pays, à laquelle ensuite, on pourra adhérer", lance-t-il. "Il peut aider à nous rassembler." Ce disant, il tombe sur l’auto-proclamé "tiers de confiance". L’échange entre les deux hommes se forme de manière impromptue : "Il faut se mettre au boulot", poursuit Jean-Borloo. "Il faut juste travailler, prendre les points un par un et au bout de 30 heures, tu verras qu’il y a plus de malentendus que de désaccords. Surdimensionnons pas les trucs personnels, d’égo… En réalité, ils sont tous beaucoup plus gentils et inquiets que vous ne pensez ! " Gabriel Attal répond par un rire... de façade ?

"On est tous d’accord, mais on a plein d’initiatives comme celle-là", note un pro-Édouard Philippe. Le candidat d’Horizons, comme l’a révélé La Tribune dimanche, a écrit aux chefs de partis et de groupes parlementaires de la droite et du centre en fin de semaine pour les appeler à se retrouver "dès le début du mois de novembre, pour préparer ensemble le quinquennat qui s'ouvre". Le candidat de Renaissance, lui, rappelle à qui veut l’entendre qu’il a initié "un comité de liaison".

Ils appellent tous deux au rassemblement... mais pas ensemble

À Dijon ce dimanche, Gabriel Attal, comme Édouard Philippe, ont encore une fois, tous deux, appelé au "rassemblement", mais sans avancées concrètes, chacun dans son couloir. Samedi, à Lyon (Rhône), Gabriel Attal a conclu son meeting sur cet avertissement : "Ceux qui ont peur d'une primaire commettent une erreur, mais nous ne les attendrons pas", sans nommer mais en visant Édouard Philippe qui ne veut pas en entendre parler.

Ce dernier lui a répondu à Dijon, par un long dégagement sur l’exemple de l’élection municipale à Bordeaux, en mars dernier. Pas de primaire – cela pousse selon lui à des "attaques ad hominem", crée des "failles béantes qui, à la fin, rendent le rassemblement hypocrite, au pire impossible". Mais une candidate - la présidente du parti Radical, Nathalie Delattre - qui se désiste en faveur du mieux placé. "À Bordeaux, vous avez considéré qu’il y avait un temps pour dire ce à quoi vous croyez et qu’ensuite, il y avait un principe de réalité, une façon d’écouter ce que disaient les autres, où ils en étaient et ensuite, une responsabilité individuelle, collective, à prendre."

Le message est à peine subliminal. On songe aussitôt à ces lieutenants philippistes qui jugent, ces derniers temps, en coulisses, que décrocher le ralliement de Gabriel Attal n’est plus nécessaire, ni urgent : "Je ne vais pas passer du temps sur quelque chose qui va planter", lâche l’un d’eux sans ménagement. À Dijon, dimanche matin, ce message, Gabriel Attal, qui n’a pas fait le plein lors de son meeting à Lyon la veille, le reçoit cinq sur cinq. Son visage se crispe, ses lieutenants tiquent. "C’est Philippe, il y a une forme d’arrogance", lâche l’un de ses soutiens. Après les discours, les deux hommes ont fait leurs selfies chacun de leur côté. À l’heure de partir, ils se sont retrouvés sur le parking en même temps, mais ne se sont pas dit au revoir.

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