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Raphaël Glucksmann, chef du parti "Place publique" et candidat à la présidence, monte sur scène pour prendre la parole lors d'un meeting, à Aubervilliers, le 13 juin 2026.
Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
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Raphaël Glucksmann n'est pas encore officiellement déclaré candidat à la présidentielle. Il s'est donné jusqu'à la fin de l'été pour convaincre qu'il est celui qui peut rassembler la gauche non mélenchoniste pour l'emmener à l'Élysée. Mais le député européen, malgré sa bonne position dans les sondages, peine encore à convaincre ses partenaires de gauche.
L'homme de 47 ans a un défi cette année : faire sa mue, c'est-à-dire, passer de l'intello à candidat à la présidentielle. Pendant des années, Raphaël, fils du philosophe André Glucksmann, a milité mais à travers ses livres, ses essais, ses films.
Lui qui a grandi en voyant défiler dans son salon du IXᵉ arrondissement de Paris ce que le monde compte de réfugiés politiques ou d'humanistes engagés, a passé quelques années à aider le président géorgien face à l'emprise russe.
Le déclic de la politique. Raphaël Glucksmann l'a pris de plein fouet, a-t-il raconté. Après une conférence, une femme lui a dit : "Vous n'avez pas honte ? Si vous croyez vraiment à ce que vous dites, pourquoi vous ne vous engagez pas en politique ?"
En 2018, il a sauté le pas avec la création de son mouvement Place publique, propulsé tête de liste du PS aux européennes l'année suivante.
Il y a pris goût, s'est affirmé à Bruxelles dans la défense des Ouïghours, la lutte contre les géants du numérique et les ingérences étrangères. Cinq ans plus tard, il a doublé son score, la belle percée de ces européennes éclipsée par la dissolution.
Reste qu'entre-temps, il a gagné en notoriété et se fait une place dans les sondages présidentiels. Et le voilà qui se dit : l'Élysée, pourquoi pas moi ?
Longtemps, dans la classe politique comme autour de lui, on a douté de sa véritable envie d'y aller. "Il est touchant, il se pose plein de questions, il est désarmant de sincérité", esquisse un ténor socialiste. Lui tente de prouver qu'il est taillé pour l'Élysée.
La cravate portée depuis quelques mois, puis un livre, un meeting, l'ancien de Sciences Po se lance dans la bataille. "Détermination totale", a-t-il promis sur RTL il y a quelques jours.
Le social-démocrate a voulu réunir la gauche qui a tourné le dos à LFI. Lui qui a fait de son refus de s'acoquiner avec Jean-Luc Mélenchon, un marqueur.
Mais malgré des sondages le donnant au-dessus des 10%, les socialistes doutent toujours. Notamment de sa capacité à parler aux Français, du quotidien des Français. Hors-sol, élite déconnectée, parisienne... Combien de fois lui a-t-on fait ce procès ?
Lui qui a eu un jour le malheur de déplorer que : "Quand je vais à New York ou à Berlin, je me sens plus chez moi culturellement que quand je me rends en Picardie...". "Léon Blum, le héros du Front populaire, c'était un dandy, pas un prolo", a répliqué un soutien. "Il ne faut pas se déguiser pour aller parler aux gens".
Face à ces doutes, Raphaël Glucksmann a semblé donc se résoudre à participer à une primaire. "C'est un aveu d'échec, il pensait survoler tout le monde", a admis un proche. La mue de Raphaël Glucksmann passera donc par une primaire avec le PS.
Un piège qui l'engloutira, lui qui a grandi loin des partis, ou une rampe de lancement qui finira de transformer l'intello en présidentiable ?
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