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"Un viol, ça ne se négocie pas" : le coup de gueule de Muriel Robin, émue, aux Molières

La comédienne, très émue en recevant un Molière d’honneur, a profité de son discours pour dénoncer le projet de loi SURE. Muriel Robin a fustigé le principe d'un "plaider-coupable" pour les crimes sexuels. "Les victimes n'ont pas besoin d'une justice plus rapide, mais d'une justice à la hauteur", a-t-elle martelé.

Muriel Robin avec son Molière d'honneur le 4 mai 2026

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

La rédaction numérique de RTL

Honorée d’un Molière d’honneur lors de la 37e nuit des Molières, lundi 4 mai, Muriel Robin a prononcé un discours à la fois intime et engagé. Longuement ovationnée, l’humoriste, émue jusqu’aux larmes, a remercié le public et ses pairs.

"Je suis très secouée parce que j'en ai rêvé de ce moment quand j'étais chez moi à Saint-Étienne", a-t-elle déclaré. "Je regardais la télé et je voulais qu'on me reconnaisse, qu'on reconnaisse ma différence, qu'on me reconnaisse moi", a-t-elle poursuivi.


Face à une salle suspendue à ses mots, la comédienne a profité de cette prise de parole pour évoquer un sujet grave qui lui tient à cœur : les violences sexuelles. "Je vais joindre l'utile à l'agréable", a déclaré l'humoriste avant d'ajouter : "Je voulais juste rapidement dire quelques mots sur la nouvelle loi SURE".

Les victimes n'ont pas besoin d'une justice plus rapide, mais d'une justice à la hauteur

Muriel Robin

Ce projet de loi entend réformer la justice criminelle en instaurant notamment un dispositif de "plaider-coupable" pour les infractions les plus graves, avec à la clé des délais raccourcis et des peines encourues réduites. Une mesure loin de faire l’unanimité dans le monde judiciaire. Le 29 avril dernier, dans une tribune publiée dans Le Monde, un collectif de plus de 400 praticiens du droit, artistes et membres de la société civile a fait part de son opposition à ce projet, jugé inefficace et inadapté.

"Le 'plaider-coupable' proposé par Gérald Darmanin permettrait à un violeur de négocier sa peine dans le bureau d'un juge sans procès, en échange d'un aveu", explique-t-elle. "Mais un viol ça ne se négocie pas, ça se juge. Les victimes n'ont pas besoin d'une justice plus rapide, mais d'une justice à la hauteur", a-t-elle martelé. En s'adressant directement au ministre, Muriel Robin lui demande "d'être à la hauteur de ce fléau et de ne pas infliger aux victimes une seconde peine". 

Très applaudie après son discours, l’humoriste a transformé la scène des Molières en tribune, appelant à une justice criminelle qui ne sacrifie ni le procès ni la parole des victimes.

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