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Historien, résistant “passionné de la République”... Qui était Marc Bloch, qui va faire son entrée au Panthéon ?

Marc Bloch entre au Panthéon mardi 23 juin. Historien majeur du XXe siècle, fondateur de l’école des Annales et figure de la Résistance, il incarne à la fois l’exigence intellectuelle, l’engagement républicain et le refus du nazisme.

La pierre tombale de Marc Bloch à le Bourg-d'Hem dans la Creuse.

Crédit : Philippe LOPEZ / AFP

AFP & Eléonore Aparicio

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Marc Bloch entre au Panthéon mardi 23 juin, aux côtés de grandes figures de la Résistance. Historien de référence, intellectuel engagé et patriote profondément attaché à la République, il a marqué à la fois la recherche historique française et le combat contre le nazisme.

Né le 6 juillet 1886 à Lyon dans une famille juive alsacienne, Marc Bloch suit un brillant parcours universitaire, notamment à l’École normale supérieure. Spécialiste du Moyen Âge, il devient professeur à Strasbourg et s’impose comme l’un des grands historiens du XXe siècle. 

Il publie plusieurs ouvrages majeurs, parmi lesquels Les Rois thaumaturges, La société féodale et Les caractères originaux de l’histoire rurale française. En 1929, il fonde avec Lucien Febvre la revue des Annales, qui transforme durablement la manière d’écrire l’histoire en l’ouvrant davantage aux réalités sociales, économiques et culturelles.

Un homme “passionné de la République”

Mais Marc Bloch n’est pas seulement un savant. C’est aussi un homme d’engagement. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il sert comme officier et reçoit la Croix de guerre. Dans les années 1930, il affirme son antifascisme et se définit comme un homme “passionné de la République”. "Ce qui frappe chez Marc Bloch, c'est sa ferveur, encore plus que son action. Sa ferveur à faire que l'on puisse vivre ensemble. Il voyait qu'il fallait convaincre chaque citoyen de ce qu'est être citoyen", souligne l'historienne Annette Becker, citée par le ministère de la Culture.

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En 1939, malgré son âge et sa vie de famille, il demande à reprendre du service. Après la débâcle de 1940, il rédige L’Étrange défaite, un texte lucide et sévère sur l’effondrement français. Parce qu’il est juif, il est ensuite exclu de la Sorbonne et spolié par le régime de Vichy. 

"Il a connu l'affaire Dreyfus jeune, il a subi des persécutions antisémites mais il était profondément laïque. C'est une famille juive qui a été émancipée par la Révolution française, qui porte les valeurs de la République avant tout et Marc Bloch a toujours refusé l'essentialisation par la religion", explique sa petite fille Suzette Bloch, coautrice d'une BD, Marc Bloch, l'historien combattant aux éditions Tallandier. 

Un résistant pendant la Seconde Guerre mondiale

Réfugié avec sa famille dans la Creuse, Marc Bloch rejoint la Résistance en 1943 dans la région lyonnaise, au sein du mouvement Franc-Tireur. "Le refus d'accepter la défaite figure au premier chef des motivations à l'origine de l'engagement" dans la Résistance, explique l'historienne Alya Aglan, autrice de La double mort de Marc Bloch (Flammarion). Arrêté à Lyon en mars 1944, emprisonné puis torturé à Montluc, il est fusillé le 16 juin 1944 avec 29 compagnons. Il avait 57 ans.

Marc Bloch laisse l’image d’un intellectuel rigoureux, d’un républicain fervent et d’un résistant mort pour ses convictions. Son entrée au Panthéon consacre à la fois son œuvre, son courage et son attachement à la patrie. 

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