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INFO RTL - Affaire Epstein : ce que nous apprend le rapport de l'administration pénitentiaire sur la mort de Jean-Luc Brunel en prison

Info RTL RTL a pu consulter le rapport de l'administration pénitentiaire versé au dossier judiciaire à la suite de la mort de Jean-Luc Brunel, le personnage principal du volet français du dossier Epstein, en février 2022.

Jean-Luc Brunel, ancien proche de Jeffrey Epstein

Crédit : US Department of Justice / AFP

"Il détruit ma vie pendant 26 ans" : deux ex-mannequins veulent faire condamner les héritiers de Jean-Luc Brunel, l'un des principaux rabatteurs d'Epstein

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Plana Radenovic

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Dans la nuit du 19 au 20 février 2022, au QB4, le quartier dit des "vulnérables" à la prison de la Santé, à Paris, un surveillant stagiaire effectue sa ronde. Sa direction lui a demandé d'accorder une attention particulière à la cellule dans laquelle se trouve Jean-Luc Brunel. L'homme de 75 ans, ancien proche de Jeffrey Epstein, mis en examen pour viols sur mineures de plus de 15 ans et harcèlement sexuel, est considéré comme présentant un "risque suicidaire". 

S'il a été placé dans ce quartier spécifique, c'est d'abord en raison de la forte médiatisation de l'affaire, et ensuite parce qu'une "fragilité" a été identifiée chez lui lors de son arrivée en détention. Par ailleurs, il avait tenté de se pendre déjà, écrit l'administration, le 12 décembre 2021, et il bénéficie d'un suivi psychiatrique régulier.


Le surveillant stagiaire regarde à l'œilleton, et il voit Jean-Luc Brunel "accroché à l'aide d'un drap déchiré aux barreaux de la fenêtre de sa cellule". Il appelle deux de ses collègues pour ouvrir la cellule. Les tentatives de réanimation de ces derniers échouent. Les pompiers, le SAMU et les policiers du troisième district de la police judiciaire arrivent. Jean-Luc Brunel est officiellement déclaré décédé à 2h05.

Ses proches n'avaient "rien décelé"

Le rapport de 25 pages, que RTL a pu consulter, est très détaillé, au vu de la sensibilité de l'affaire. On apprend que sa sœur, dont il était très proche, l'avait eu au téléphone le soir de son passage à l'acte, vers 18h30. Il lui avait semblé "enjoué", rapporte-t-elle, il plaisantait même avec elle et son mari. Son avocate Me Abgrall, elle, l'avait vu au parloir avocats trois jours plus tôt, et n'avait, dit-elle, "rien décelé", d'autant qu'il avait des perspectives de remise en liberté dans un futur proche, selon elle. 

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Jean-Luc Brunel avait été interpellé à l'aéroport de Roissy en décembre 2020, alors qu'il s'apprêtait à s'envoler pour Dakar. Il avait été placé en détention provisoire dans la foulée de sa mise en examen. Il avait été brièvement libéré sous contrôle judiciaire, durant quatre jours en décembre 2021, jusqu'à ce que les magistrats de la chambre de l'instruction décident de sa réincarcération. Il a toujours nié les faits qui lui étaient reprochés.

Dans son rapport, l'administration pénitentiaire décrit la scène : "Entre deux rondes, Jean-Luc Brunel a accroché un drap déchiré autour de son cou et l'a fixé à un barreau de sa cellule. Il était en position semi-assise et pesait de tout son poids sur le nœud. Rien dans son comportement des dernières heures et jours ne laissait apparaître une crise suicidaire imminente."

Le suicide ne fait "aucun doute"

Une enquête en recherche des causes de la mort avait été ouverte par le parquet de Paris, classée en 2023. Une magistrate avait considéré qu'il s'agissait d'un "suicide réactionnel à sa mise en examen et à sa réincarcération". Aujourd'hui, Me Abgrall, contactée par RTL, considère que le suicide "ne fait aucun doute". 

Quant à l'information judiciaire ouverte à son encontre pour viols sur mineures et harcèlement sexuel, elle s'est soldée la même année par un non-lieu, la mort du mis en examen éteignant de fait l'action publique.

Le parquet de Paris est néanmoins en train de réexaminer le dossier Brunel, car les noms d'autres mis en cause dans le volet français de l'affaire Epstein y apparaissent, comme celui de Daniel Siad, accusé d'être un rabatteur pour Epstein, et accusé de viol par plusieurs femmes, notamment l'ex-mannequin Ebba Karlsson. Daniel Siad a été retrouvé mort chez lui, en juillet 2026, alors qu'il n'avait pas été entendu ni par la police, ni par la justice. Contacté par RTL cette semaine, le parquet de Nanterre précise que les résultats des examens complémentaires qui visent à déterminer les causes exactes de sa mort ne sont pas encore connus.

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