3 min de lecture Gouvernement

Gouvernement Macron : Nicolas Hulot a (enfin) accepté un ministère

Avant le 17 mai, le militant écologiste avait repoussé les propositions des trois derniers présidents de la République depuis 2002.

Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire.
Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire. Crédit : VILLARD/SIPA
109117333772423871640
Geoffroy Lang

Il a dit "oui" ! Nicolas Hulot a finalement accepté de rejoindre le premier gouvernement du quinquennat d’Emmanuel Macron pour prendre la tête d’un grand ministère de la transition écologique et solidaire. Celui qui milite depuis plus de 30 ans pour la protection de l’environnement s’est donc laissé convaincre par Emmanuel Macron pour occuper la troisième place dans le gouvernement d’Édouard Philippe s’il l’on en croit l'ordre protocolaire indiqué par le secrétaire général de l’Élysée lors de l’annonce du gouvernement ce mercredi 17 mai.

"J'ai accepté de poursuivre mon action en rejoignant le gouvernement en tant que ministre d’État à la Transition écologique et solidaire", indique le nouveau ministre sur Twitter, avant d’ajouter : "Ceux qui me connaissent savent qu’être ministre n’est pas pour moi un objectif en soi". Il faut reconnaître que l’ancien présentateur du magazine Ushuaïa a été courtisé par les trois derniers présidents de la République, envieux de s’adjoindre les bénéfices de la popularité de Nicolas Hulot auprès de la population française.

Coup de poker manqué de Hollande

Peu après son arrivée à l’Élysée en 2012, François Hollande avait déjà proposé une première collaboration à Nicolas Hulot. Le chantre de la protection de l’environnement avait été nommé au poste inédit "d’envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète". Après avoir fait rentrer les écologistes Pascal Canfin et Cécile Duflot au gouvernement, François Hollande verdissait un peu plus son image alors que la France devait accueillir la COP 21 trois ans plus tard.

À lire aussi
Benjamin Griveaux,  secrétaire d'État auprès du Premier Ministre et porte-parole du gouvernement ,le 5 septembre 2018 gouvernement
Une nouvelle stratégie de l'exécutif pour reconquérir les Français

Mais alors que le président est à la peine et s’apprête à remanier le gouvernement de Manuel Valls au lendemain du camouflet des élections européennes, début 2016, François Hollande tentera de convaincre Nicolas Hulot de franchir un palier en rejoignant le gouvernement. Pour s’adjoindre les services du militant écologiste le plus célèbre dans l’Hexagone, François Hollande est prêt à multiplier les concessions : abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, fin des rejets toxiques de l’entreprise Alteo à Gardanne (Bouches-du-Rhône), l’interdiction totale de l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste en France. Rien n’y fait cependant, Nicolas Hulot refuse finalement le maroquin.

De l'amour à la haine avec Nicolas Sarkozy

Mais le prédécesseur d’Emmanuel Macron n’est pas le seul président à s’être heurté à un refus de Nicolas Hulot. Lors de la campagne présidentielle de 2007, le chantre de l’écologie avait réussi à faire signer une charte écologique à tous les candidats à la présidentielle, en exigeant la création d’un grand ministère de l’Écologie. Une fois élu, Nicolas Sarkozy met en place sa politique d’ouverture en constituant son gouvernement et propose le poste à Nicolas Hulot, mais celui-ci décline l’offre.

Il accompagnera cependant le Grenelle de l’environnement de Nicolas Sarkozy, mais les relations entre les deux hommes vont se détériorer au fil du quinquennat. Le militant écologiste ne cachera pas sa désapprobation lorsque le ministère de l’Écologie est rétrogradé en quatrième position dans le gouvernement de François Fillon en 2010, en perdant au passage le portefeuille de l'Énergie. Six ans plus tard, l’ancien président confiera ses regrets d’avoir "céder à la pensée unique" en signant le pacte écologique de Nicolas Hulot.

La plume de Jacques Chirac à Johannesburg

Dès 2002, Jacques Chirac avait tenté de débaucher Nicolas Hulot. Le président de la République vient alors d’être réélu avec plus de 82% des voix face à Jean-Marie Le Pen. Alors que beaucoup d’observateurs s’attendent à voir le cinquième président de la République faire un geste pour les électeurs de gauche qui ont massivement voté en sa faveur pour faire barrage au Front national, le chef d’État ne l’entend pas de cette oreille. Il propose toutefois à Nicolas Hulot de rejoindre le gouvernement pour prendre la tête, déjà, d’un super ministère de l’Écologie.

Le président de la fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme se tient alors en retrait du jeu politique et préfère occuper un simple rôle de conseiller. Il sera cependant l’une des plumes du président Chirac lorsque le président prononcera son célèbre discours au Sommet de la Terre de Johannesburg : "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs". Quinze plus tard, le ministre de la transition écologique et solidaire a finalement accepté la proposition de Jacques Chirac.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Gouvernement Nicolas Hulot Écologie
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7788587542
Gouvernement Macron : Nicolas Hulot a (enfin) accepté un ministère
Gouvernement Macron : Nicolas Hulot a (enfin) accepté un ministère
Avant le 17 mai, le militant écologiste avait repoussé les propositions des trois derniers présidents de la République depuis 2002.
https://www.rtl.fr/actu/politique/gouvernement-macron-nicolas-hulot-a-enfin-accepte-un-ministere-7788587542
2017-05-17 19:16:04
https://cdn-media.rtl.fr/cache/qwrodUoY4DV8fSDwrFEA_w/330v220-2/online/image/2017/0517/7788587551_nicolas-hulot-a-ete-nomme-ministre-de-la-transition-ecologique-et-solidaire.jpg