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François Hollande : comment ses confidences ont semé le doute chez ses proches

ÉCLAIRAGE - Au moment où François Hollande affirme être "prêt" en une de "L'Obs", le livre "Un président ne devrait pas dire ça" sort avec son lot de révélations sur ce que pense le Président de sa propre politique.

François Hollande le 6 octobre 2016 à Paris
François Hollande le 6 octobre 2016 à Paris
Crédit : AFP / Stéphane de Sakutin
Marie-Pierre Haddad & AFP

François Hollande multiplie les indices à propos d'une potentielle candidature pour l'élection présidentielle. Le président de la République cherche ainsi à défendre son bilan. Mais ce travail d'inventaire a été parasité par la sortie d'un livre, Un président ne devrait pas dire ça, de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, le 12 octobre. À quelques heures du premier débat de la primaire de droite, l'une des sept candidats, Nathalie Kosciusko-Morizet, a brocardé les confidences de du chef de 'État. "On a envie de demander quand est-ce qu'il arrête de se confesser. Et puis quand est-ce qu'il travaille surtout ?", a-t-elle lancé. 

"Cette obsession de faire lui-même la chronique de son quinquennat (...) avec des fausses confidences, c'est quelque chose qui me surprend pour l'exercice de la fonction présidentielle", a renchéri le président du MoDem, François Bayrou. Mais pour son fidèle soutien Stéphane Le Foll, le président de la République s'est prêté à un "exercice de transparence", à quelques mois de la fin de son mandat et de l'élection présidentielle. "Lorsque les livres sortent, ça peut être quelque fois hors contexte, ça peut effectivement susciter des débats, irriter, mais ça permet dans une démocratie à chacun de pouvoir avoir la lecture des événements qui se déroulent, des sujets qui peuvent être à un moment ou à un autre posés", a-t-il plaidé.

Une déflagration politique

François Hollande s'est ainsi retrouvé pris à son propre piège en devant faire face aux polémiques nées des extraits du livre. Tout en assurant que, pour le moment, "aucun événement ne met à bas la stratégie" de pré-campagne du chef de l'État, un proche euphémise : "Il est clair que la journée de mercredi n'a pas été une bonne journée". Ce jour-là, François Hollande est parvenu à s'aliéner jusqu'aux magistrats par ses confidences sans filet aux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Ce pavé de près de 700 pages, fruit d'une soixantaine d'heures d'entretien avec le président, a provoqué une déflagration politique jusque dans le dernier carré des fidèles, au bord de la crise de nerfs, tandis que l'opposition jubile.


"Ni démentis, ni retirés par leur auteur, ces propos sont d'une extrême gravité", a asséné Alain Juppé, favori de la primaire de la droite, estimant que François Hollande avait "manqué gravement aux devoirs de sa fonction et démontré une nouvelle fois qu'il n'est pas à la hauteur de sa charge". 

Renforcer le sentiment que non seulement, il n'a pas le niveau mais qu'en plus il n'est pas investi

Frédéric Dabi, Ifop
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Pour Frédéric Dabi (Ifop), l'impact pourrait toutefois être moins dévastateur que redouté au premier abord. "C'est vrai que du point de vue du microcosme, des observateurs, des politiques, ça renforce l'impression que le président ne maîtrise pas sa communication et s'adresse plus aux journalistes qu'aux Français" mais il est "déjà le président le plus impopulaire de la Ve République, en délicatesse avec sa propre majorité". 

"Tout ceci est à rebours de la communication offensive, dynamique et canalisée que l'on est en droit d'attendre d'un président à quelques semaines de sa candidature", analyse le politologue, "les Français n'étaient déjà que 15% à souhaiter qu'il soit candidat". Gaël Sliman (Odoxa) renchérit : "Ça ne va pas changer cette image de brave homme sympathique mais qui n'a pas l'envergure d'un président de la République" mais cela peut "renforcer le sentiment que non seulement, il n'a pas le niveau mais qu'en plus il n'est pas investi" dans sa fonction. 

Le doute s'empare de ses proches

"Les Français peuvent légitimement se dire : 'N'a-t-il pas mieux à faire que de perdre son temps à gloser pendant des heures avec des journalistes ?'", juge-t-il encore. Le doute gagne jusqu'aux rangs du gouvernement. Pour Thierry Mandon, secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur, Arnaud Montebourg est désormais en mesure de s'imposer face à François Hollande lors de la primaire de la gauche des 22 et 29 janvier. À l'antenne de RTL, Jean-Christophe Cambadélis a déclaré : "Je pense qu'il aurait été plus juste d'écrire un livre, mais pas de se confier à tant de journalistes". Le premier secrétaire du Parti socialiste ajoute qu'on "est excessif avec le président de la République", que ça en devient "maladif". Même constat du côté de Manuel Valls qui reconnaît que "tous ces débats, toutes ces discussions ne sont pas bons pour la vie politique et la vie démocratique".

"Il peut le battre parce que, dans l'éclatement de la vie politique française, (...) tout est possible", a-t-il estimé. 
À l'Élysée, on tente envers et contre tout de maintenir le cap, assurant qu'"il n'y a pas de changement". "On ne fait pas de la politique pour avoir une bonne image, on fait de la politique pour changer la vie des Français et défendre son pays", soutient un conseiller qui le réaffirme : François Hollande dira début décembre s'il se représente, "en fonction du bilan de l'action conduite, de la situation du pays et des résultats de la lutte contre le chômage dont il a toujours dit qu'il serait le juge de paix"

Mais un intime du président s'alarme : "C'est une catastrophe. Le peu qui restait s'en va. C'est épouvantable. Il n'y a plus de respect du chef de l'Etat". De nombreux élus, dit-il, l'ont appelé dans la nuit pour lui faire part de leur désarroi : "Ils sont atterrés, ils n'en reviennent pas". Et de s'interroger : "Si François Hollande est candidat à la primaire, quelle campagne peut-il faire ? Elle serait complètement parasitée". Un proche de Manuel Valls donne le coup de grâce : "Vivement que l'on passe au plan B !" La confiance ne règle plus du côté de Claude Bartolone. Le président de l'Assemblée nationale se "pose des questions" sur la "volonté" du Président. Sur BFMTV, il explique avoir fait part au président de sa "stupéfaction". "Il y a un grand besoin d'explication pour comprendre s'il veut vraiment être candidat", ajoute-t-elle.

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