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Fin de l'âge légal, départ à 60 ou 65 ans, capitalisation... Que proposent les principaux candidats à la présidentielle 2027 pour les retraites ?

À l'approche de la présidentielle 2027, les retraites s'imposent comme un thème central de la campagne. Les principaux candidats, déclarés ou putatifs, commencent à dévoiler leur projet, sans préciser totalement les financements.

Bruno Retailleau, Raphael Glucksmann, Marine Le Pen, Édouard Philippe, Jean-Luc Melenchon, Marine Tondelier et Gabriel Attal réunis par le Médef le 27 août à Roland-Garros

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

Juliette Vignaud & AFP

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Les prétendants à l'Élysée commencent à abattre leur carte retraites, alors que le secteur représente la majorité des dépenses sociales de l'État, dans un contexte budgétaire tendu. Édouard Philippe, candidat Horizons, a présenté son programme, mardi 29 septembre, proposant de "porter progressivement la durée de cotisation à 45 ans et l'âge de départ à 65 ans. Cette réforme est "responsable pour tous et juste pour chacun". Mais "il faut qu'on prenne les bonnes décisions avant que la crise (financière) arrive", a plaidé l'ancien Premier ministre.

À la veille de la présentation du budget - et face à l'endettement de la France qui atteint des niveaux records, dont les perspectives sont défavorables en raison du vieillissement de la population - le sujet des retraites apparaît comme central pour la prochaine élection présidentielle. Tour d'horizon des différentes propositions des principaux candidats déclarés, ou putatifs, à 2027

Édouard Philippe : "allongement progressif" à 65 ans

L'ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) propose un "allongement progressif" de la durée de cotisation à 45 ans et de l'âge de départ à 65 ans, mesure d'âge à laquelle échappera néanmoins "un Français sur trois" en raison de la pénibilité de leur métier.

Le maire du Havre propose par ailleurs de "compléter" le système par répartition, "qui doit rester le socle de notre système", "par un volet capitalisation" reposant sur deux instruments : un système de capitalisation obligatoire et collectif pour l'ensemble des salariés, "neutre pour le coût du travail" selon son entourage, et la généralisation du plan d'épargne-retraite, amorcé par l'État à hauteur de 500 euros lors de la signature du premier contrat de travail. 

Gabriel Attal : suppression de l'âge légal

Gabriel Attal, qui critique la réforme de son rival d'Horizons en estimant que c'est "la proposition Macron de 2022", propose, lui, de réformer sans âge de départ. Le candidat Renaissance veut en finir avec le débat autour de l'âge légal et prône une retraite basée sur la durée de cotisations, un système plus flexible selon lui. Et ceux qui souhaitent partir sans avoir cumulé toutes les années, ils seraient pénalisés avec une décote sur la pension, sans dire combien.

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Ce système serait financé par une dose de capitalisation : chacun met de côté pour sa future retraite plutôt que de financer celle des retraités actuels. Il propose par ailleurs de créer un compte pour les nouveau-nés avec 1.000 euros versés par l'État. 

Bruno Retailleau : un départ à taux plein à 65 ans

Le candidat LR Bruno Retailleau propose 63 ans et 43 annuités, avec une "petite décote de 7%" par an", et donc une pension "plus petite", a-t-il indiqué sur LCI. Le départ à taux plein est à 65 ans, mais pourrait évoluer avec l'espérance de vie. Des exceptions seraient néanmoins prévues pour certains métiers et cas de figure ("pénibilité", "handicap", "maladies" ou encore de "carrières longues") avec des "discussions" avec les partenaires sociaux.

Ce système verrait aussi la mise en place d'une retraite par capitalisation pour les jeunes, avec "25 à 30% des retraites des jeunes qui rentrent sur le marché du travail". 

Raphaël Glucksmann : retour à 62 ans mais sous conditions

Raphaël Glucksmann (Place publique), favori de la primaire social-démocrate, veut revenir "comme base à l'âge de 62 ans, mais avec un système de décote qui permet en fait simplement la justice" en repartant "de cette question de la pénibilité". Il n'a néanmoins pas encore détaillé sa proposition.

"Il y a des gens qui vont devoir bosser plus. Ceux qui ont une expérience de vie en bonne santé à la retraite qui est très longue, vont devoir travailler plus. Les cadres dans les grandes administrations vont devoir travailler plus", a-t-il néanmoins reconnu sur BFMTV/RMC. "L'enjeu de la réforme des retraites, c'est qu'elle soit juste, et que donc on prenne en compte l'inégalité face au travail et l'inégalité face à la retraite", a-t-il assuré. 

Le patron du Parti socialiste Olivier Faure, lui aussi candidat à la primaire de la gauche, entend revenir à la retraite à 62 ans, sans autre précision.

Marine Tondelier : abrogation immédiate de la réforme Borne

La patronne des Écologiste Marine Tondelier entend, elle, abroger immédiatement la réforme des retraites Borne. "On revient mécaniquement à 62 ans en un trait de plume", a-t-elle expliqué sur Franceinfo début septembre. Pour les personnes ayant commencé à travailler plus tôt ou exercé un métier pénible, elle propose un retour à terme, à 60 ans

Concernant le financement, la leader écologiste propose de revenir sur une partie des exonérations de cotisations accordées aux entreprises. "Il y a 77 milliards d'exonérations de cotisations, il suffit qu'on en prenne 10%", selon elle. 

Jean-Luc Mélenchon : "le droit à la retraite" à 60 ans

Le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, candidat à sa quatrième présidentielle, continue de prôner la retraite à 60 ans. Devant la rentrée du Medef, il a parlé d'un retour "dans un premier temps à 62 ans" puis, "le plus vite possible", à 60 ans. 

Les Français pourraient néanmoins continuer à travailler au-delà de l'âge légal et partir avant, avec une pension calculée au prorata. Il n'a pas expliqué comment la mesure serait financée.

Marine Le Pen : retraite à 62 ans

Du côté du Rassemblement national, la patronne Marine Le Pen a confirmé sa volonté de revenir à la retraite à 62 ans, voire 60 ans, malgré la réflexion esquissée par son dauphin Jordan Bardella autour d'un "nouveau système". Le RN défend ainsi un retour avec 42 voire 40 années de cotisation pour les salariés ayant commencé à travailler très tôt. Face au coût critiqué de 9 milliards de cette réforme, elle a estimé qu'il s'agissait d'un "choix de société".

Elle doit encore clarifier sa proposition mi-novembre  Et son entourage prévient déjà, ceux qui ont commencé à travailler tard, partiront plus tard. Le départ à 62 ans, ce ne sera donc pas pour tout le monde.

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