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Emmanuel Macron giflé : que signifie le slogan "Montjoie Saint-Denis"

DECRYPTAGE - Un slogan inspiré par un cri de guerre du XIe siècle est réapparu dans la vie politique française.

Un poster de l'Action Française, le 19 octobre 2017 Française, in Paris
Un poster de l'Action Française, le 19 octobre 2017 Française, in Paris
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

Emmanuel Macron a été giflé par un homme lors d'un déplacement à Tain-l'Hermitage mardi 8 juin 2021 à la mi-journée, a confirmé l'entourage du chef de l'État alors que la vidéo de la scène devenait virale sur les réseaux sociaux. Un slogan a été isolé et commenté par plusieurs élus quelques minutes après la diffusion de cette séquence : "Monjoie Saint-Denis". 

"Montjoie Saint-Denis" est une expression utilisée par certains partisans de l'extrême droite française et en particulier des partisans royalistes. Il s'agit d'un cri de guerre ancien qui est apparu entre le XIe et le XIIe siècle, sous la dynastie capétienne. Paul Quentel, rédacteur de l'Encyclopedia Universalis explique qu'il est "difficile d'établir son origine mais qu'il est, semble-t-il, déjà en usage à la bataille de Bouvines sous le règne de Philippe II Auguste".

Ce cri évoque deux éléments : une "montjoie" (bannière de guerre) et le saint patron et protecteur des rois de France, Denis de Paris. Pour les rois capétiens, ce cri de guerre permettait d'invoquer Saint Denis et de bénéficier de sa protection pendant une bataille. Le film Les Visiteurs l'a popularisé lorsque Jean Reno sous le costume de Godefroy de Montmirail criait "Montjoie, Saint-Denis, que trépasse si je faiblis !".

Cette référence, qui peut paraître ancienne ou humoristique, réapparait pourtant régulièrement dans l'histoire politique française. Récemment, trois étudiants, alors membres de l'Action française (groupuscule d'extrême droite royaliste fondé par Charles Maurras qui prône l'antiprotestantisme, l'antimaçonnisme, la xénophobie et l'antisémitisme), ont été condamnés en 2019 par le tribunal correctionnel de Nanterre après avoir entarté, en avril 2018, le député LFI Eric Coquerel. Le principal prévenu, qui a revendiqué avoir entarté le parlementaire en criant "Montjoie Saint-Denis", avait qualifié à la barre son geste de "potache" devant les juges. 

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"Ce slogan est celui de l’extrême-droite royaliste. Exactement ce qu’est Papacito. Ça y est, vous la prenez au sérieux la violence d’extrême-droite maintenant ? Solidaire du Président", a tweeté Eric Coquerel peu après l'attaque contre le président de la République. Pour l'heure, l'identité de l'homme qui a giflé Emmanuel Macron n'a pas été dévoilée par les autorités. Ses motivations et accointances politiques et idéologiques sont, elles aussi, méconnues. Il a été interpellé et placé en garde à vue avec un deuxième individu, a indiqué la préfecture de la Drôme.

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