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Emmanuel Macron et Gérard Collomb, empêtrés dans 8 mois de préavis

DÉCRYPTAGE - "Il va finir par ne plus me supporter", aurait confié Gérard Collomb à propos d'Emmanuel Macron, selon "La Dépêche du Midi". Une phrase qui laisse présager la température entre les deux hommes politiques pour les mois à venir.

Gérard Collomb et Emmanuel Macron le 26 juin 2018
Gérard Collomb et Emmanuel Macron le 26 juin 2018 Crédit : Alberto PIZZOLI / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Un fossé est-il en train de se creuser entre Gérard Collomb et Emmanuel Macron ? Depuis l'annonce de candidature pour les élections municipales à Lyon du ministre de l'Intérieur, les relations sont tendues avec le président de la République.

Et pour cause, Gérard Collomb avait livré dans L'Express son ressenti sur la politique menée par Emmanuel Macron, et avait annoncé son intention de quitter le gouvernement après les élections européennes. 

Des déclarations qui sont venues s'ajouter à une phrase du ministre qui avait suscité la polémique : l’exécutif "manque d'humilité". Mais ce n'est pas tout. De nouveaux propos émanant du locataire de la place Beauvau cristallisent la tension entre le président de la République et son ministre. "Il va finir par ne plus me supporter", aurait même confié Gérard Collomb à propos du chef de l'État.

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La Dépêche du Midi révèle les dessous d'un entretien accordé le 6 septembre dernier par Gérard Collomb, à des journalistes. "Les provinciaux, et j'en suis, ont déjà une tendance naturelle à considérer que les Parisiens ont la grosse tête et les snobent, or des expressions, comme la nouvelle grammaire politique ou la 'start-up nation', ils ne s'y reconnaissent pas". 

Déclaration explosive puisque le ministre de l'Intérieur vise deux symboles du "nouveau monde" en politique, incarné par... Emmanuel Macron. Gérard Collomb qui se vante d'être dans le cercle proche du président de la République affirme aussi : "Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore lui parler. Ceux qui parlent franchement à Macron sont ceux qui étaient là dès le début : Ferrand, Castaner, Griveaux et moi..."

Une situation intenable au sein du gouvernement

En attendant le lancement officiel de la campagne pour les élections municipales de 2020 et le départ de Gérard Collomb du gouvernement, qui serait prévu pour juin 2019, huit mois "de préavis" vont s'écouler. L'opposition s'est empressée de dénoncer la présence d'un "ministre à mi-temps", place Beauvau.

Pourtant, quelques heures après l'annonce de sa candidature à Lyon, le ministre s'est rendu dans la cité des Tarterets, à Corbeil-Essonnes, pour lancer de nouveaux renforts pour des quartiers en difficulté. À noter qu'il s'agit d'une des mesures-phares de la Police sécurité du quotidien (PSQ). À son arrivée, Gérard Collomb a assuré se sentir "de mieux en mieux" dans le gouvernement.  

Si on avait voulu un gouvernement vraiment efficace, Monsieur Collomb aurait dû être sorti

Une source macroniste au "Parisien"
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Mais cette situation est jugée bancale et donc peu tenable au sein de l'exécutif. D'où la nécessité "d'exfiltrer" Gérard Collomb, selon un baron de la macronie cité dans Le Parisien. Les avis ne sont guère plus tendres auprès des autres sources mentionnées. "Dans une entreprise, il serait viré sur-le-champ. Cela détériore l'autorité de son patron et sa propre autorité sur ses troupes. Si on avait voulu un gouvernement vraiment efficace, Monsieur Collomb aurait dû être sorti". 

Un conseiller d'un important ministère avoue : "La vérité, c’est qu’on est dans la merde !". Du côté de Matignon, on a évoqué un "secret de Polichinelle" en rappelant combien le ministre était attaché à sa ville dont il fut le maire pendant 16 ans, avant d'être nommé en mai 2017 au poste stratégique de ministre de l'Intérieur. 

Même si son départ n'arrive pas avant huit mois, les spéculations vont bon train quant à son remplaçant. Jean-Yves Le Drian ? "Ce n'est pas ce qu'il veut", indique une source. Selon les informations du Parisien, l'actuel ministre des Affaires étrangères avait déjà refusé le poste sous François Hollande. Christophe Castaner ? "Il en a vraiment envie. Il en rêve", va jusqu'à confier un proche d'Emmanuel Macron au journal. Mais l'Élysée tranche : Emmanuel Macron remaniera "lorsqu'il le jugera nécessaire". Ce qui laisse présager encore quelques mois de rumeurs. 

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2018-09-26 07:35:00
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