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Emmanuel Macron en Corse : un déplacement sous haute tension

ÉCLAIRAGE - Le chef de l'État est attendu sur l'île jeudi 4 avril, pour la dernière étape du tour de France qu'il a engagé dans le cadre du grand débat. Une visite qui s'annonce sous haute tension.

Emmanuel Macron devant l'Élysée, le 17 octobre 2018
Emmanuel Macron devant l'Élysée, le 17 octobre 2018 Crédit : Bertrand GUAY / AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet
et AFP

C'est dans un contexte très tendu qu'Emmanuel Macron va poser le pied en Corse, jeudi 4 avril. Il est attendu pour la dernière étape du tour de France qu'il a engagé dans le cadre du grand débat. Une rencontre est prévue avec des élus insulaires à Cozzano, un village de l'intérieur de l'île. 

Une visite qui intervient dans un contexte de craintes d'une reprise des violences après la découverte lundi 1er avril de deux tentatives d'attentat contre des bâtiments des finances publiques à Bastia, et le plasticage de plusieurs résidences secondaires depuis le début mars. 

 Autre ombre au tableau : la défiance des élus locaux. Le président autonomiste du conseil exécutif corse Gilles Simeoni a annoncé qu'il ne "participera(it) pas en l'état" à cette rencontre, dénonçant "un blocage politique" avec Paris. Le président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni a lui aussi annoncé son absence tandis que des appels à une demi-journée "Isula Morta" (Île morte) ont été lancés pour jeudi entre 12h et 18h. 

Je pense qu'on peut défendre l'identité de la Corse et respecter profondément la République

Emmanuel Macron
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"Je ne pense pas qu'en l'état, le président de la République ait substantiellement modifié les termes de l'équation", a déclaré mardi 2 avril sur CNews Gilles Simeoni, réagissant à la publication mardi par Corse-Matin d'une interview d'Emmanuel Macron dans laquelle le président se dit "disponible et volontaire" pour débattre avec les élus corses.

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Indiquant avoir récemment eu "une longue discussion" avec Gilles Simeoni, le chef de l'État souligne dans cet entretien que leur responsabilité commune "est de ne pas faire bégayer l'histoire" et de "tout faire pour que la page de la violence soit définitivement tournée". 
"Je pense qu'on peut défendre l'identité de la Corse et respecter profondément la République et ses valeurs", précise-t-il. 

Lors de cette entretien, Emmanuel Macron annonce une concession pour soutenir la langue corse, que les nationalistes souhaiteraient rendre obligatoire jusqu'en Terminale : le corse sera sur l'île l'une des spécialités du baccalauréat, avec quatre heures par semaine en première et six heures en terminale. Le chef de l'État a réaffirmé qu'il soutenait le bilinguisme mais refusé la co-officialité du corse, "car il n'y a qu'une langue officielle dans la République". 

Un "déni de réalité" reproché au chef de l'État

Des propos qui n'ont pas suffit à apaiser le climat. "Il y a des éléments d'évolution dans le discours du président de la République, ils sont incontestables" mais "il y a quand même une forme de continuité à notre avis regrettable dans le refus de prendre en considération un certain nombre d'éléments", a expliqué Gilles Simeoni. "Lorsqu'on lit l'interview, on ne voit pas le moindre élément d'ouverture et encore moins d'avancée dans le sens du projet pour lequel nous avons été élus", a également affirmé à l'AFP Jean-Guy Talamoni, jugeant qu'Emmanuel Macron faisait preuve d'un "déni de réalité" et confirmant l'appel à "une île morte" jeudi.

Cependant, les deux hommes ont invité le président de la République à venir échanger avec eux à l'Assemblée de Corse. Une proposition refusée, a fait savoir l'Élysée. "Le président de la République est tout à fait disponible pour un échange avec Messieurs Simeoni et Talamoni à Cozzano ou à Paris dès qu'ils le souhaiteront", a ajouté le Palais.

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2019-04-03 14:45:00
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