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Écoutes de Nicolas Sarkozy : pourquoi la décision de la justice fait les affaires de l'ancien président

ÉCLAIRAGE - La justice a annulé des actes de l'enquête, ce qui pourrait retarder cette procédure où plane la menace d'un renvoi en procès pour l'ancien chef de l'État.

Nicolas Sarkozy, à Rouen, le 30 novembre 2015 (illustration).
Nicolas Sarkozy, à Rouen, le 30 novembre 2015 (illustration).
Crédit : AFP
Julien Absalon
Julien Absalon

C'est une décision passée un peu inaperçue qui arrange bien Nicolas Sarkozy. Mis en examen pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire des écoutes téléphoniques avec son avocat Thierry Herzog, l'ancien chef de l'État a sans doute obtenu la garantie de ne pas être renvoyé à un éventuel procès avant la prochaine élection présidentielle. En effet, au terme d'une audience à huis clos qui se tenait lundi 9 mai, la cour d'appel de Paris a annulé des actes de l'enquête concernant cette affaire. Un jugement qui va probablement provoquer d'importants retards dans la procédure.

Dans ces actes de l'enquête annulés, il est notamment question des auditions de Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog qui ont eu lieu face aux juges d'instruction en octobre et novembre 2015. Désormais, aux yeux de la justice, les deux mis en examen n'ont donc officiellement répondu qu'aux questions des policiers durant leur garde à vue. Par conséquent, ils devront sans doute être à nouveau entendus par les juges. "Cela paraît difficile de ne pas le convoquer de nouveau", indique d'ailleurs une source proche du dossier à l'AFP.

Clôturée en février dernier, l'enquête des juges d'instruction va vraisemblablement être rouverte afin de refaire ces auditions ayant pour but de savoir si Nicolas Sarkozy a effectivement tenté d'obtenir en 2014 des informations couvertes par le secret auprès du magistrat Gilbert Azibert, à qui il avait promis un poste de prestige à Monaco. Inévitablement, la procédure va donc s'allonger.

Une "guérilla" judiciaire

Cette décision de justice représente une première victoire significative pour le camp de Nicolas Sarkozy, qui use de sa stratégie visant à déclencher un maximum de recours pour retarder les échéances judiciaires. Auparavant, la défense avait par exemple demandé, sans succès, la récusation d'une des deux juges d'instruction, au motif qu'elle appartient au Syndicat de la magistrature qui est orienté à gauche. Les avocats du chef de l'opposition avait ensuite requis la nullité des écoutes téléphoniques. Là encore, le 22 mars, la tentative auprès de la Cour de cassation avait échoué mais avait permis de gagner, une fois de plus, encore un peu de temps.

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En mettant en oeuvre cette stratégie parfois qualifiée de "guérilla judiciaire", le président du parti les Républicains cherchait avant tout à repousser la tenue d'un éventuel procès. S'il semble improbable qu'il soit jugé avant les prochaines échéances électorales dans le cadre de l'affaire Bygmalion, il était jusqu'à présent tout à fait plausible qu'un renvoi devant le tribunal correctionnel soit prononcé avant le mois d'avril 2017 pour celle des écoutes. C'était d'autant plus probable avec la confirmation de la légalité des écoutes téléphoniques. Il y avait même des chances pour que cela tombe dès novembre 2016, soit en pleine primaire de la droite et du centre à laquelle sa candidature semble être un secret de polichinelle.

Si un procès n'empêche pas d'être candidat, il renvoie en revanche une image médiatique désastreuse en pleine campagne électorale. À présent débarrassé de cet épée de Damoclès, qui peut s'accompagner à la fin d'une peine d'inéligibilité (mais pouvant être suspendue en interjetant appel), Nicolas Sarkozy peut donc espérer se présenter à la primaire de la droite et du centre, puis peut-être à la présidentielle, sans craindre de devoir répondre en pleine campagne des actes qui lui sont reprochés.

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