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Des "stéréotypes racistes et néocoloniaux" : comment la BD de François Ruffin encombre sa campagne présidentielle

Plusieurs séquences de la BD "Picardie Splendor" de François Ruffin ont suscité l'indignation chez les anciens "amis" La France insoumise du député de la Somme. Ils lui reprochent notamment une non-condamnation du "racisme ordinaire".

François Ruffin, le 5 mai 2026

Crédit : Xavier GALIANA / AFP

AFP & Justine Audollent

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Des controverses dont François Ruffin se serait bien passé à un an de la présidentielle. Fort d'un soutien militant certain, le candidat à la présidentielle s'est pris les pieds dans le tapis dans une série de polémiques autour de sa BD Picardie Splendor, publiée le 7 mai dernier aux éditions Les Arènes. 

Sous le trait de 11 dessinateurs et avec l'aide d'un scénariste, le député de la Somme raconte des épisodes marquants de sa vie au contact de caristes de Geodis, d'auxiliaires de vie normandes, de femmes voilées chassées d'une terrasse à Amiens ou encore d'un jeune bachelier qui ne trouve pas d'emploi.  

Mais plusieurs séquences de cet ouvrage ont soulevé l'indignation, en particulier de militants de La France insoumise qui ont dénoncé des "stéréotypes racistes et néocoloniaux". Ex-membre de la famille insoumise, François Ruffin l'a quittée juste après la "purge" de 2024, en ne mâchant pas ses mots contre Jean-Luc Mélenchon et sa grille de lecture "quasi-raciale". 

Un "passage raté"

Dans une séquence de la BD, le "député-reporter" intervient dans un train lors d'une altercation entre une femme noire et deux policiers, scène dans laquelle un homme maghrébin s'échauffe lorsque les agents tutoient la femme ou lui envoient son reçu à la figure, puis remercie François Ruffin d'avoir ramené le calme.

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Problème : outre le fait que contrairement à d'autres séquences, dans celle-ci le député n'offre pas d'analyse des faits - une non-condamnation du "racisme ordinaire" que ne lui pardonnent pas les Insoumis -, un autre protagoniste de la scène est sorti de l'ombre ce mercredi 20 mai en présentant une version différente des événements. Ce jeune homme blanc et non maghrébin est intervenu dans le train au même titre que le député et surtout, a-t-il assuré dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, s'il s'est bien énervé, il ne l'a pas remercié en baissant la tête comme représenté dans la BD. 
François Ruffin s'est déjà justifié à trois reprises en moins de 48 heures de cette séquence qu'il reconnaît comme un "passage raté". En marge d'une visite de soutien mercredi à des salariés d'Eurolyse à Amiens, il a assuré que "bomber le torse et me tenir droit (n'étaient) pas vraiment dans mes habitudes".  "Et ça n'était pas son attitude non plus [à l'autre passager, ndlr] de courber l'échine", a-t-il complété.  

François Ruffin, l'"électron libre"

Mais ajouté à ses récents propos critiquant le principe d'une immigration de travail, notamment chez les médecins, le mal est fait. "Une scène a été inventée et une personne a été racisée pour mettre en scène Francois Ruffin dans la posture du grand sauveur de l'humanité", a moqué le coordinateur de LFI Manuel Bompard sur X, parmi les multiples critiques face à bien peu de soutiens.

C'est "un électron libre", "on le voit seul, il ne constitue pas une équipe", observe Emilie Zapalski pour qui le candidat à l'élection présidentielle en 2027 "se perd" à vouloir être "tellement original, tellement différent". Le principal intéressé, lui, philosophe sur les méandres d'une campagne présidentielle, loin de ressembler à "un lit de pétales de roses" et une BD "humaniste" faite pour "réconcilier". 

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