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Décès de Bernard Tapie : l'homme politique de tous les paradoxes

Homme d'affaires, Bernard Tapie s'est aussi essayé à la politique. De droite, c'est pourtant sous les bannières de la gauche qu'il se présente. Il s'illustre particulièrement dans la lutte contre le Front National.

Bernard Tapie, candidat MRG aux élections législatives partielles dans les Bouches-du-Rhone, anime le 08 décembre 1988 un meeting électoral à Marseille.
Bernard Tapie, candidat MRG aux élections législatives partielles dans les Bouches-du-Rhone, anime le 08 décembre 1988 un meeting électoral à Marseille.
Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
Paul Turban

Brève, mais fulgurante. La carrière politique de Bernard Tapie l'a mené en quelques années de Marseille au gouvernement, tout en paradoxe. Pourtant homme de droite, il s'est présenté sous la bannière "majorité présidentielle" en soutien à Mitterrand. Originaire de région parisienne, c'est à Marseille qui est élu. Pourfendeur du Front National, il semble pourtant avoir joué avec le parti d'extrême-droite. 

Tout a commencé en 1987, quand Jacques Séguéla, ami de François Mitterrand, l'a présenté au président de la République. Ce dernier cherchait alors ce qu'on appellerait aujourd'hui des personnes "issues de la société civile". Bernard Tapie est alors parachuté à Marseille pour les élections législatives de 1989. Battu lors d'un premier scrutin invalidé, il a finalement été élu avec une courte majorité dans la sixième circonscription, réputée imprenable. 

Il faut dire que l'homme d'affaires avait déployé les grands moyens. Avec l'aide de Marc Fratani, son homme à tout faire, qui devient son attaché parlementaire, il se serait assuré le soutien du milieu corso-marseillais, organisé et influent à l'époque. Un "contrat sans contrepartie : la seule chose établie, c'est qu'on se ferait pas de saloperie", a-t-il commenté dans Le Monde. Ensemble, ils auraient aussi organisé une explosion de la permanence électorale de Bernard Tapie, "pour sensibiliser les indécis."

Le débat déterminant face à Jean-Marie Le Pen

Élu, Bernard Tapie s'est illustré quelques mois après lors d'un débat en direct sur TF1. Il y a alors affronté Jean-Marie Le Pen, qui est devenu ce jour-là son meilleur adversaire. Leurs échanges houleux ont alors cristallisé la haine réciproque entre les deux hommes. Une opposition qui s'est étendue, fait rare, aux électeurs du FN : "Si Jean-Marie le Pen est un salaud, alors ses électeurs sont des salauds."

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En 1994, Paul Amar, présentateur du journal de 20 heures d'antenne 2, a sorti deux paires de gants de boxe avant que ne débute un débat entre les deux hommes. Le journaliste y a perdu son emploi, mais l'image est resté symbolique de l'animosité entre Bernard Tapie et Jean-Marie Le Pen. 

L'homme de tous les paradoxes aurait pourtant rencontré le président du Front national pour des arrangements électoraux lors des élections législatives de 1993. Une rencontre confirmée par Loup de Saint Affrique, conseiller politique du patron du FN, par Jean-Marie Le Pen, et par Marc Fratani, l'homme de main de Bernard Tapie. Selon ce dernier, à la sortie de l'entretien, Bernard Tapie "à l'air content, se dit sûr d'être élu."

Le ministère de la Ville

On dit que François Mitterrand s'était dit "épaté" lors de la victoire de Bernard Tapie aux élections législatives de 1989. En 1992, Bernard Tapie a perdu les élections régionales et le Parti socialiste aux pouvoirs n'est arrivé en tête que dans le Limousin et en Guyane. 

François Mitterrand contraint au remaniement a nommé Pierre Bérégovoy Premier ministre. Bernard Tapie a alors été nommé ministre de la Ville. Le Président et l'homme d'affaires auraient alors entretenu une relation très proche et personnelle. À cause d'une mise en examen suivie d'un non-lieu, Bernard Tapie a démissionné en mai 1992 mais est réintégré au gouvernement en janvier 1993. 

Après les régionales de 1992, la droite a remporté les élections législatives de 1993. C'est la cohabitation. Bernard Tapie est alors dans l'obligation de quitter son poste, mais reste député, ayant été réelu. Il fait 12 % aux élections européennes de 1994 avec les radicaux de gauche. Non loin derrière la liste PS (14,5 %). Michel Rocard qui la menait en a gardé une certaine amertume. Il est déchu en 1996. Malgré quelques annonces, il ne s'est jamais représenté à une élection depuis lors. 

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