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"Trump occitan", accusé d'intimidations, drapeau français... Qui est Christophe Barthès, agriculteur et nouveau maire RN de Carcassonne ?

Christophe Barthès a été élu avec 40,40 % des voix, après une triangulaire contre la droite Horizons et la gauche unie au second tour. Depuis, il a notamment décidé de retirer les drapeaux européens de la façade de la mairie et de lancer un grand plan de nettoyage de la voirie, ainsi qu'un arrêté pour lutter contre la mendicité.

Christophe Barthès, le nouveau maire RN de Carcassonne, le 29 mars 2026.

Crédit : Valentine CHAPUIS / AFP

RN : les premiers pas de Christophe Barthès, maire de Carcassonne

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Valentin Larquier - édité par Gabriel Joly

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Il porte officiellement l'écharpe depuis quelques jours. Comme à Agde, Castres et dans une cinquantaine d'autres villes de plus de 3.500 habitants, le Rassemblement national a pris possession de la mairie de Carcassonne. Dans la cité médiévale, Christophe Barthès veut aller vite et cela se voit dès ses premiers pas, deux semaines après son élection.

Sur place, les nombreux drapeaux français accrochés aux lampadaires ou sur des bâtiments sautent aux yeux quand vous arrivez. C'est l'une des premières décisions du député de l'Aude, devenu édile. À l'Hôtel de Ville, une photo le montrant dans les bras de Marine Le Pen trône au-dessus de son bureau, tandis qu'il a retiré le drapeau européen du balcon.

"Le seul drapeau qui vaille sur nos mairies, c'est le drapeau bleu-blanc-rouge", affirme-t-il au micro de RTL. Pourtant la ville a bénéficié de fonds européens, avec notamment 12 millions d'euros pour l'aéroport de Carcassonne. En tant qu'agriculteur, Christophe Barthès bénéficie aussi des aides de la Politique agricole commune (PAC) : "Aucun souci avec ça, je redemanderai mes primes PAC cette année. Ça n'a rien à voir, la France est contributrice, mais ça n'a rien à voir avec le drapeau", ajoute-t-il.

Mais il a pris d'autres décisions pour sa ville en quelques jours, comme un grand plan de nettoyage de la voirie ou un arrêté pour lutter contre la mendicité. Dans une vidéo publiée sur son compte Facebook, on le voit signer ce dernier texte et le montrer dans une mise en scène à la Donald Trump. L'arrêté polémique a été attaqué par la Ligue des droits de l'homme.

"Il n'est pas acceptable que des gens qui n'ont rien à faire en ville, à part importuner les gens, continue à errer", juge-t-il. Celui que certains surnomment le "Trump occitan" revendique une volonté de changement et d'action rapide. Il a refusé une voiture de fonction et un chauffeur car il se veut proche des habitants.

"Dans une dynamique de diviser"

De quoi plaire à son électorat ? En tout cas, le maire ne laisse personne indifférent. À quelques kilomètres des remparts, Josie voit d'un bon œil les premières mesures prises par le maire. "Je pense qu'il faut le laisser agir. Ils sont allés faire du nettoyage, que ce soit sur la voirie ou les espaces verts. Je pense que c'est une bonne chose", assure celle qui est née à Carcassonne, il y a 70 ans.

Preuve que les habitants placent beaucoup d'espoir en lui en matière de propreté et de sécurité. Et ce, bien que Carcassonne ne soit pas Chicago non plus : "Qu'il fasse le nettoyage, mais pas forcément sur les sans-abris. Qu'il aille plutôt sur la cité Fleming… On est vraiment pourris par la drogue", dit un autre habitant.

Évidemment, certains choix de Christophe Barthès inquiètent aussi plusieurs de ses administrés. Au point que des tensions avec des jeunes lycéens, qui ont manifesté contre l'extrême droite, ont vu le jour. Le maire est accusé d'avoir infiltré leur conversation Instagram pour les intimider en amont, ce qu'il conteste.

Un collectif en est né, "Nous Carcassonne", pour faire contrepoids. "Ces premières actions en tant que nouveau maire sont dangereuses, ce sont des valeurs qui n'ont jamais été partagées à Carcassonne", dit Nolan Boutaleb, l'un de ses porte-paroles. "Ce que nous dénonçons aussi, ce sont les méthodes de Christophe Barthès. En réalité, quelques heures après avoir été élu, il a déjà été dans une dynamique de diviser", ajoute Yassin El Kdim, lui aussi étudiant.

Ils aimeraient rencontrer l'élu, qui se dit lui prêt à les accueillir, comme tous les Carcassonnais. Chaque mercredi, il a promis d'ouvrir les portes de la mairie et de recevoir les habitants qui se présentent.

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