3 min de lecture

"Populisme", "complètement stupide" : la mesure choc du RN sur le port du voile ravive un débat sensible

Le RN relance en cette rentrée politique sa proposition d’interdire le voile dans l’espace public, au nom de la lutte contre les “idéologies islamistes”. Une promesse loin de faire l'unanimité.

Marine Le Pen, à Toulon dans le Var le 28 février 2026

Crédit : Thibaud MORITZ / AFP

L'INTÉGRALE - Les Auditeurs ont la parole du 01 septembre 2026

00:51:38

Amandine Bégot & La rédaction numérique de RTL

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Le RN remet le voile au cœur du débat en cette rentrée politique, fidèle à une ligne défendue par Marine Le Pen depuis 2012. Le parti veut en faire un marqueur fort de sa lutte contre ce qu’il appelle les "idéologies islamistes", avec à la clé l’idée d’une interdiction dans l’espace public, voire d’une amende.

 "Je soumettrai aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes, y compris la pénalisation du voile islamiste dans l'espace public", a déclaré lundi soir sur X Marine Le Pen. 

Le sujet divise les Français mais pour certains il n'est clairement pas une priorité, comme l'explique Jade, dans Les auditeurs ont la parole, ce mardi 1er septembre. Elle estime qu’"il y a tellement de choses qui ne vont pas en France", citant "le chômage, la précarité". Même tonalité chez Isabelle, auditrice du Loiret : "En France, il y a beaucoup d’autres problèmes très importants que le port du voile". Pour elle, "les gens font ce qu’ils veulent". "Voir une femme qui porte le voile, ça ne me gêne pas du tout", assure-t-elle. 

Le port du voile, une démarche personnelle

Sur RTL, Siam, 47 ans, raconte porter le voile depuis l’âge de 24 ans. Elle souligne qu’il s’agit avant tout d’un choix personnel, mûri dans le cadre de sa foi. "Je l’ai porté à 24 ans parce que j’en avais envie, un peu contre l'avis de mes parents parce qu'ils avaient un peu peur pour moi". "Il manquait quelque chose dans l’expression de ma foi", explique-t-elle. Pour elle, le voile ne change rien à son identité : "avec mon voile sur la tête ou sans, je reste la même."

À lire aussi

Siam raconte aussi les conséquences concrètes de ce choix. Ancienne agente de la fonction publique, elle dit avoir quitté son poste, jugeant "hypocrite" de devoir enlever son voile au travail, "de pouvoir vivre et travailler comme je veux ailleurs, mais pas dans mon propre pays". Aujourd’hui encore, elle affirme rencontrer des obstacles pour retrouver un emploi : "C’est très compliqué pour moi de trouver un emploi avec mon voile." Elle dénonce un débat "stérile" et refuse l’idée selon laquelle elle devrait encore "s’intégrer" : "Je suis née, j’ai grandi ici, Max. C’est mon pays, la France", lance-t-elle. 

Ce n’est pas notre culture, ce n’est pas notre histoire et ce n’est pas notre religion

Max, auditeur de RTL

Certains auditeurs défendent une ligne beaucoup plus stricte. Pour Max, opposé au port du voile, "ce n’est pas notre culture, ce n’est pas notre histoire et ce n’est pas notre religion." Il estime qu'en France, "il n’y a pas à avoir des femmes voilées dans la rue". Il voit dans cette visibilité religieuse "le début de l’islam rampant."

Entre ces deux positions, Valérie adopte une approche plus nuancée. Elle juge qu’un référendum serait "du populisme" et "complètement stupide", mais se dit plus réservée sur le port du voile chez les adolescentes. "À partir de 18 ans, vous faites ce que vous voulez", dit-elle. En revanche, voir "des ados entre 13 et 15 ans" voilées "ça me choque", déclare-t-elle. 

Un autre auditeur souligne qu’interdire le voile reviendrait aussi, selon lui, à proscrire "les autres signes de religion, la croix, la kippa". Une analyse partagée par Bruno Retailleau au micro de RTL, ce mardi 1er septembre. "Marine Le Pen et le RN brandissent des slogans dont ils savent très bien qu'ils sont inapplicables. Juridiquement, il y a un problème : si vous interdisez le voile, il faut interdire la kippa et aux religieuses de se couvrir les cheveux. On ne doit pas mentir aux Français", a estimé le patron des Républicains, qui plaide pour sa part pour l’interdiction du voile dans le sport et pour les accompagnatrices lors des sorties scolaires.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée