2 min de lecture Santé

Coronavirus : Jérôme Salomon nie toute pression sur des experts pour les masques

Le directeur général de la Santé est accusé dans une enquête du Sénat d'avoir minimiser les besoins en masques, qui étaient en pénurie au début de l'épidémie.

Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, lors d'un point presse sur la crise du coronavirus, le 7 décembre 2020 à Paris.
Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, lors d'un point presse sur la crise du coronavirus, le 7 décembre 2020 à Paris. Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et AFP

La journée de jeudi 10 décembre a été sans doute tendue pour la Direction générale de la Santé (DGS), et particulièrement pour son directeur Jérôme Salomon. En effet, le service a été visé par les conclusions du rapport du Sénat sur la gestion de la crise sanitaire, spécifiquement lors du début de l'épidémie. En cause, la gestion du stock des masques qui a fait cruellement défaut au printemps. 

La Direction générale de la Santé (DGS) a assuré qu'"aucune pression" n'avait été exercée pour faire modifier a posteriori un rapport d'experts préconisant la constitution d'un stock élevé de masques, qui aurait pu permettre au pays de ne pas en manquer au début de l'épidémie de Covid-19.

La commission d'enquête du Sénat sur l'épidémie de coronavirus a imputé directement la pénurie de masques dont a souffert la France à une décision prise en 2018 par le directeur général de la Santé Jérôme Salomon de ne pas renouveler le stock de masques chirurgicaux.

Selon les sénateurs, le directeur général de la Santé a "ordonné l'achat de seulement 50 millions de masques (50 millions supplémentaires si le budget le permettait), soit moins que la quantité nécessaire ne serait-ce que pour renouveler ceux arrivant à péremption fin 2019".

La DGS démontre "une volonté de transparence"

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Les sénateurs l'accusent notamment d'avoir fait "modifier a posteriori les conclusions d'un rapport d'experts" qui préconisait la constitution d'un "stock élevé, probablement d'environ un milliard de masques chirurgicaux".

"L'analyse de courriels échangés entre la Direction générale de la santé et Santé publique France atteste d'une pression directe de M. Salomon sur l'agence afin qu'elle modifie la formulation des recommandations de ce rapport", pour "faire disparaître la référence à la taille du stock", assure la commission.

Acculé, Jérôme Salomon a réagi à travers un communiqué de la DGS. Il est précisé que le directeur "a lui-même fourni l'ensemble des échanges de mails aux membres de la commission d'enquête du Sénat". Une démarche qui démontre selon le texte "une volonté totale de transparence".

Les recommandations faites à l'époque par Jérôme Salomon sur les masques auprès de Santé publique France "s'inscrivent dans le cadre d'une relation entre un établissement public sous tutelle et son autorité publique dans le cadre de ses missions", poursuit le texte. "À la suite de ces échanges, le directeur général de Santé publique France a apporté des modifications (...) qui ont été acceptées par l'ensemble des contributeurs du rapport".

"Par conséquent, aucune pression n'a été exercée sur le groupe d'experts", assure la DGS, qui ajoute avoir "répondu à toutes les questions relatives à ce sujet devant le Sénat et a fourni tous les éléments demandés par la commission d'enquête".

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