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Congrès de Versailles : "Macron à l'heure du faux-plat", décrypte Alba Ventura

ÉDITO - Emmanuel Macron se présente ce lundi 9 juillet après-midi devant les parlementaires pour reprendre la main. Il veut rappeler que même si les résultats se font attendre, le macronisme existe toujours.

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Congrès de Versailles : "Macron à l'heure du faux-plat", décrypte Alba Ventura Crédit Image : AFP / ERIC FEFERBERG | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura
Alba Ventura et Loïc Farge

C'est à 15 heures ce lundi 9 juillet qu'Emmanuel Macron prononcera devant le Congrès réuni à Versailles son deuxième discours depuis son élection. Un discours qu'il a promis de faire chaque année pour faire un point d'étape. La configuration n'est plus la même que l'année dernière. Mais vous savez qu'en politique, ça tourne toujours très vite.

C'est vrai que l'an dernier, Emmanuel Macron était élu depuis deux mois seulement. Et il y avait du "souffle" dans son discours (même si c'était un trop long discours - une heure et demi - le propos finit par se diluer). Mais il était en majesté, le Président Macron. Et il n'avait peur de rien. Il annonçait les réformes comme on égrène son chapelet.

Et du haut de ses "même-pas-40-ans", il était venu dire tout de go aux parlementaires qu'ils seraient un tiers de moins dans cinq ans, qu'ils ne pourraient plus cumuler au-delà de trois mandats successifs et qu'il y aurait une dose de proportionnelle. C'était osé, audacieux. À l'époque, on ne disait pas encore "arrogant". L'image d'Emmanuel Macron était celle d'un président régalien, déterminé, réformiste, pragmatique.

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Désir de rééquilibrage

Un an plus tard, Emmanuel Macron a perdu beaucoup de points dans les sondages. Les trois-quarts des Français jugent même sa politique "injuste". Ce n'est pas avec un discours que l'on peut inverser la courbe de sondages. Notamment parce qu'on est dans un faux-plat. On est dans ce moment où les résultats se font attendre, et où la patience des Français atteint ses limites.

Et tout ça est percuté par des erreurs de communication désastreuses. En fait, jusqu'à il y a quelques semaines, ce que l'on notait dans les sondages c'était encore une forme d'attentisme. Les gens disaient : "Il faut attendre que les réformes produisent leurs effets, il faut donner un peu de temps à ce président".

Tout est petit à petit apparu bancal, et le 'et en même temps' s'est dissipé

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Ils avaient entendu, l'an dernier au Congrès, Emmanuel Macron parler de "transformation". Sauf que cette transformation, ils ne l'ont pas sentie dans leur quotidien un an plus tard. Ou plutôt une grande majorité ne l'a pas sentie.

C'est pour cela que de plus en plus de voix - y compris dans la majorité - réclament un rééquilibrage. Parce que la réforme de l'ISF et la "flat tax" ont pesé plus lourd dans la balance que la baisse des charges salariales et la revalorisation du minimum vieillesse.

La CSG et les APL ont fait plus de dégâts que n'ont été salués le dédoublement des classes de CP et la revalorisation de l'allocation adulte handicapé. Tout est petit à petit apparu bancal, et le "et en même temps" s'est dissipé. Avec une tonalité verticale de la part du président, un côté "je regarde le monde d'en haut". Tout cela explique que le Président a perdu du terrain, et que les Français formulent de plus en plus de doutes sur sa politique.

"À la recherche du macronisme perdu"

Emmanuel Macron ne va pas changer de "logiciel" ce lundi. À l'Élysée, on répète à l'envi qu'il n'y aura pas de tournant, pas d'accélération, pas de marche arrière. Il ne s'agira pas de délivrer la bonne parole, mais de faire de ce discours un grand moment de pédagogie. Avec au cœur de ce discours "la valeur travail" - ça vous rappelle sans doute Nicolas Sarkozy, mais Emmanuel Macron en parlait déjà quand il était ministre de l'Économie.
  
Emmanuel Macron est persuadé qu'il faut  à nouveau remettre en perspective cette "valeur travail". Cette valeur qui doit être au centre de tout. Cette "valeur travail" qui n'est ni de gauche, ni de droite, ni d'en haut, ni d'en bas, qui parle à ceux qui ont réussi comme à ceux qui veulent réussir, qui répond aux attentes des patrons comme à ceux qui cherchent un emploi. Cette "valeur travail" que l'on pourrait traduire par "à la recherche du macronisme perdu".

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2018-07-09 07:56:00
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