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Comptes de campagne : "Nos politiques ne sont pas de bons comptables", note Alba Ventura

ÉDITO - Les onze candidats à l'élection présidentielle du mois de mai dernier ont-ils été de bons gestionnaires pendant leur campagne ? Certains semblent avoir des petits problème de calculette. Article mis à jour avec le droit de réponse de Jean-Luc Mélenchon.

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Comptes de campagne : "Nos politiques ne sont pas de bons comptables", note Alba Ventura Crédit Image : IBO/CHAMUSSY/NICOLAS MESSYASZ/TARDIVON JEAN CHRISTOPHE/SIPA | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Alba Ventura
Alba Ventura et Loïc Farge

Leurs comptes ont tous été valisés. Mais il ne faut pas s'y méprendre. Certains candidats, peu prévoyants, ont dû faire une croix sur des remboursements de l'État. D'autres on vu leurs dépenses retoquées. Tandis que d'autres n'ont pas vraiment fait preuve de rigueur.

Cela prouve que ce n'est pas chez les politiques que l'on trouve les meilleurs comptables. Cela dit il n'y aura pas de "Sarkothon" cette fois. Et pas de "Fillonthon" non plus. Et pourtant la droite se retrouve avec un sacré trou dans la caisse. Figurez-vous que l'argent de la primaire a été utilisé comme un don pour la campagne de François Fillon. Un don de 10 millions d'euros quand même. Sauf que la Commission des comptes de campagne, qui applique la loi à la lettre, a jugé que ce don n'était pas recevable.

Un parti peut prêter de l'argent à un candidat, mais ne peut pas lui faire un don. Décidément, la droite a toujours beaucoup de mal avec l'argent. En 2012 c'était Bygmalion, cette affaire de surfacturation de la campagne de Nicolas Sarkozy. En 2017, on laisse s'envoler 10 millions d'euros.

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Ce n'est pas comme si les Républicains n'avaient pas 50 millions de dettes ! François Fillon est d'ailleurs le candidat dont la campagne aura coûté le plus cher. En rapport qualité-prix, ce n'est pas terrible.

Irrégularités et anomalies

Indélicatesse de la part de certains candidats ? Disons qu'il y a quelques irrégularités, quelques anomalies. Par exemple, Marine Le Pen est la candidate dont le compte a été le plus corrigé. Elle a été retoquée de 870.000 euros. Ce qui est en cause, ce sont des intérêts de prêts. Des prêts qu'elle a contractés auprès du Front national et auprès de Cotelec - le micro-parti de Jean-Marie le Pen, qui sert à financer les campagnes à un taux de 7% (pas mal le taux !). La Commission a peut-être estimé qu'il pouvait s'agir de "surfacturation".

Vous avez aussi Jean-Luc Mélenchon, qui a visiblement surpayé la boîte de communication d'une de ses très proches conseillères. De même qu'il a surévalué le loyer de sa permanence. Quant à l'association qui était chargée d'assurer la logistique de sa campagne, elle ne s'est pas acquitté de la TVA sur un montant de plus de 440.000 euros. La TVA on y est tous soumis, Insoumis ou pas !

Décidément, la droite a toujours beaucoup de mal avec l'argent

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Et puis Jean-Luc Mélenchon se serait bien fait rembourser pour 13.800 euros de bouteilles de vin. Mais manque de bol, il n’avait pas les bons justificatifs ! Au total pour Mélenchon, 430.000 euros de dépenses litigieuses.

Emmanuel Macron a tenté de se faire rembourser son coach vocal. Bon ce n'est pas à l'État de payer pour qu'il arrête de crier "Parce c'est notre projet !". Vous avez Benoît Hamon qui, tranquillement, a essayé de se faire défrayer ses frais de déplacement qui étaient déjà pris en charge par l'Assemblée puisqu'il était député des Yvelines.

C'est flou chez Nicolas Dupont-Aignan qui n'a pas justifié suffisamment un déplacement de deux de ses collaborateurs en Bulgarie. Et puis vous avez tous ceux qui tentent de se faire dédommager des frais de réparation ou de panne de voiture ou 4.000 euros de taxis (c'est le cas de Jean Lassalle).

Fourberie et laisser-aller

C'est très instructif  cette publication des comptes de campagne. Cela révèle les travers de nos politiques. Cela montre qu'ils sont avant tout des êtres humains non dénués de fourberie pour les uns, ou de laisser-aller pour les autres.

On peut éructer à la tribune que les pratiques vont changer et que l'on va gérer le Budget de la France comme un bon père de famille. Ce n'est pas gagné.

Olivier Besancenot est le seul candidat à ce jour à qui la Commission des comptes de campagne n'a rien trouvé à redire.


Droit de réponse de M. Jean-Luc Mélenchon
"Monsieur Jean-Luc Mélenchon entend réagir à l’article intitulé "Comptes de campagne : 'Nos politiques ne sont pas de bons comptables', note Alba Ventura", écrit par Madame Alba Ventura et Monsieur Loïc Farge, et paru le 14 février 2018 sur le site internet www.rtl.fr, au sujet de prétendues irrégularités de son compte de campagne au cours de l’élection présidentielle 2017. 

La Commission des comptes de campagne a publié sa décision à propos de la tenue de mon compte de campagne. Elle a validé mon compte. Celui-ci est donc sincère et régulier.

Après avoir posé plus de mille questions et reçu leurs réponses, la Commission a estimé que seuls 3% du total des dépenses ne pouvaient pas être remboursés. Cette décision donne lieu à des interprétations que je juge attentatoires.

En effet, il n’y a aucun litige avec la Commission. Notre devoir légal était de déclarer toutes nos dépenses sans exception. Nous l’avons fait. La Commission a décidé facture par facture ce qui serait remboursé ou pas, ce qui est son rôle. Nous ne sommes aucunement concernés par les différends qui opposent un rapporteur manifestement orienté et le reste de la Commission. Les refus de remboursements ne reposent ni sur des irrégularités - il n’y en a aucune -, ni sur un manque de justifications, toutes les questions posées ayant reçu leur réponse détaillée et peuvent encore en recevoir.

Affirmer le contraire revient à porter atteinte à notre honneur, au sérieux et à la rigueur de notre travail de déclaration. Je réfute fermement les déclarations laissant croire que nous aurions tenté de solliciter le remboursement de prestations fictives, dépourvues de finalité électorale, ou destinées à enrichir mon entourage. Je rappelle enfin que mon compte reste pour un an de campagne le moins cher par voix recueillie, moins élevé que d’autres pour quatre fois moins longtemps et ne comporte aucun versement irrégulier.

Je combats l’organisation d’un système dont les normes changeraient d’une élection à l’autre sans prévenir. Je souhaite pour l’avenir un droit de récusation des rapporteurs sortant de leur devoir de réserve, par les candidats."

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