2 min de lecture État d'urgence

Comment un journaliste a découvert qu'il était fiché S

INTERVIEW - Un journaliste de l'agence "Taranis News" a appris qu'il était fiché S, au détour d'une garde à vue.

Une statue de la déesse de la justice équilibrant les échelles (illustration)
Une statue de la déesse de la justice équilibrant les échelles (illustration) Crédit : DAMIEN MEYER / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"Les mésaventures judiciaires du reporter Gaspard Glanz". C'est ainsi que Le Canard Enchaîné débute son récit de l'histoire d'un journaliste qui "vient tout juste d'apprendre qu'en tant qu'individu susceptible de se livrer à des actions violentes' il est fiché S par le ministère de l'Intérieur". Joint par RTL.fr, Gaspard Glanz remonte le fil de l'histoire. Il raconte s'être rendu à Calais le 26 octobre dernier pour faire un reportage et filmer le démantèlement de la "Jungle". 

Après avoir réalisé quelques prises de vue pendant plusieurs heures, il est placé en garde à vue pour "séjour illégal dans un territoire protégé par l'état d'urgence et vol de matériel appartenant au ministère de l'Intérieur". Sur son site, il détaille l'événement : "Je repère une page A4 imprimée avec ma photo dans la main d’un policier en civil. On me place les mains contre le mur pour la fouille, on me ramène les bras à l’arrière puis on me sert les menottes dans le dos. 'Vous avez une accréditation ? Vous n’avez rien volé ?'. Je suis transféré par trois policier 500 m plus loin, dans un bus transformé en 'commissariat mobile', les menottes aux poignets". Il y passera 33 heures. Il nous confie que d'après lui, qu'il s'agissait d'un "traquenard"

Deux audiences en janvier et en mars

Depuis, il fait l'objet d'un arrêté préfectoral qui lui interdit de se rendre dans le Pas-de-Calais "jusqu'à la fin de l'état d'urgence", peut-on lire sur le référé mis en ligne sur Taranis News, le site du journaliste. "Je suis placé sous contrôle judiciaire et je dois pointer une fois par semaine au commissariat de Strasbourg, parce que j'y suis domicilié". Pour ce journaliste, habitué à couvrir des manifestations, comme celles contre la loi Travail ou l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, "on m'interdit de faire mon travail. À chaque fois que je suis en déplacement, je dois rentrer pour pointer à Strasbourg. C'est un préjudice économique important".

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Le 16 janvier prochain, une audience aura lieu au tribunal de Rennes pour "injure publique sur des fonctionnaires de police". Le journaliste a mis en ligne sur Facebook une capture d'écran de l'une de ses vidéos dans laquelle on voit des policiers, avec la légende "Ein Reich, ein volk, ein Führer" ("un empire, un peuple, un guide"). Il s'agit du slogan du parti nazi en 1933 mais selon Gaspard Glanz, il ne s'agit en aucun cas une insulte. "C'est un slogan électoral. Il a d'ailleurs permis à Adolf Hitler de se faire élire démocratiquement", nous explique-t-il. Autre audience prévue en mars 2017 pour le "vol" d'un talkie-walkie qui appartenait à un CRS, à Calais. Gaspard Glanz nous assure l'avoir "trouvé par terre" et l'avoir "rendu". Il postera néanmoins sur les réseaux sociaux, une photo de sa "prise de guerre", comme il le dit lui-même. 

Rue89 explique que "Gaspard Glanz a des démêlées avec les forces de l’ordre. En novembre 2015, il avait déjà été emmené en garde à vue à Strasbourg au motif qu’il filmait une action militante de vol de chaise dans une banque pour dénoncer l’évasion fiscale".

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2016-12-15 15:42:00
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