2 min de lecture Cannabis

Cannabis thérapeutique : l'Assemblée autorise une expérimentation pour deux ans

Ce vendredi 25 octobre, l'Assemblée nationale a autorisé l'expérimentation à l'usage médical du cannabis. Cette expérimentation pourrait débuter au cours du premier semestre 2020.

Un plant de cannabis (illustration)
Un plant de cannabis (illustration) Crédit : AFP / DESIREE MARTIN
Leia Hoarau
Leia Hoarau
et AFP

L'Assemblée nationale a donné vendredi son feu vert à une expérimentation de l'usage médical du cannabis, dans le cadre de l'examen du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2020.

Les députés ont voté à main levée un amendement du rapporteur Olivier Véran (LREM) qui autorise pour deux ans une telle expérimentation, à laquelle l'agence du médicament (ANSM) avait déjà donné son aval. "Je souhaite vivement que cette expérimentation puisse débuter au cours du premier semestre 2020", a réagi la secrétaire d'État Christelle Dubos.

"Elle pourra porter sur 3.000 patients en France et visera à expérimenter l'impact positif des dérivés du cannabis sur certaines pathologies", a expliqué Olivier Véran, en rappelant que "17 pays de l'Union européenne ont déjà autorisé des traitements à base de cannabis médical".

"Ce n'est absolument pas la martingale, ce n'est pas le Graal de l'anti-douleur, il ne s'agit pas de développer un nouveau médicament qui remplacerait le paracétamol ou un autre antalgique mais de trouver le moyen d'un nouveau traitement adjuvant", a souligné le député de l'Isère.

Les conditions pour en bénéficier

À lire aussi
Un plant de cannabis (illustration) Santé
Portugal : comment est fabriqué le cannabis thérapeutique

Cette expérimentation concernera des personnes souffrant de maladies graves - certaines formes d'épilepsies, de douleurs neuropathiques, d'effets secondaires de chimiothérapie, de soins palliatifs ou contractions musculaires incontrôlées de scléroses en plaques - pour lesquelles les dérivés du cannabis peuvent constituer un apport thérapeutique supplémentaire.

Elle sera menée dans plusieurs centres hospitaliers, en particulier des centres de référence pour les pathologies concernées. Une prescription initiale hospitalière sera effectuée par un médecin spécialiste, neurologue ou médecin de la douleur notamment. Les patients devront d'abord se fournir en pharmacie hospitalière puis pourront renouveler leurs traitements en pharmacie de ville.

Le principe validé par un groupe d'experts

L'agence du médicament s'est prononcée en faveur de modalités d'administration assez larges : le traitement pourra ainsi prendre la forme de fleurs séchées, d'huiles et éventuellement de tisanes.

Les différentes posologies pourront intégrer des rapports très variables entre les deux principes actifs : le tetrahydrocannabinol (THC) aux effets psychoactifs, et le cannabidiol (CBD) qui entraîne plutôt une relaxation musculaire.

La mesure a été accueillie favorablement dans l'hémicycle. "Il faut passer outre les critiques qui sont faites autour de cette proposition puisqu'un groupe d'experts avait validé le principe" d'une expérimentation, a estimé le député LR Jean-Pierre Door.

"Toutefois cela pose la question de la filière d'approvisionnement, la France n'autorisant pas la production de cannabis", a rappelé le communiste Pierre Dharréville.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Cannabis Drogue Gouvernement
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants