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"Une partie des espèces d'arbres qu'on a en France vont finir par mourir" : sur RTL, Jean-Marc Jancovici explique pourquoi il va falloir faire des choix pour s'adapter au dérèglement climatique

Après un été de tristes records, la question est désormais de s'adapter aux conséquences du dérèglement climatique. Mais l'adaptation a ses propres limites, d'autant que la société telle que nous la connaissons a été construite autour d'un climat qui n'est plus le même aujourd'hui.

Une voiture et des arbres calcinés suite à un incendie de forêt près du Porge (Gironde), le 23 juillet 2026.

Crédit : ROMAIN PERROCHEAU / AFP

"Une partie des espèces d'arbres qu'on a en France vont finir par mourir"

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Jean-Marc Jancovici

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Cet été 2026 aura été marqué par de tristes records : record de canicule, record de sécheresse, des incendies dévastateurs qui ont ravagé une partie du paysage... Autant de phénomènes qui soulèvent une nouvelle fois la question des conséquences du dérèglement climatique sur la société telle que nous la connaissons. 

Pour Jean-Marc Jancovici, président de "The Shift Project" et spécialiste des questions d'énergie et de climat, cet été, placé sous le signe de la "sidération" et de la "stupéfaction", nous pousse "à comprendre qu'il faut qu'on fasse notre deuil du climat passé", explique-t-il sur RTL. L'expert du climat rappelle qu'il ne sera désormais plus possible de faire "comme avant", alors même qu'on "n'a pas fini d'en voir les conséquences".

Alors que la question de l'adaptation à ce nouveau type de climat est désormais un enjeu capital, Jean-Marc Jancovici souligne qu'on "ne s'adaptera pas à tout", et que certains éléments qui forment le paysage tel que nous le connaissons sont voués à disparaître : "L'adaptation, c'est en fait sauver ce qu'on peut encore sauver, mais il y a une partie qu'on ne va pas pouvoir sauver. Une partie des espèces d'arbres qu'on a en France, par exemple, vont finir par mourir, on ne les aura plus, les épicéas en plaine, les sapins ailleurs qu'en haute altitude, une partie des hêtres, etc."

Une société construite autour d'un climat désuet

D'autant que la société actuelle a été construite autour d'un climat qui n'est plus le même aujourd'hui : "Là où il y avait de l'eau, on a construit les implantations humaines, on a fait pousser les espèces qui poussaient bien, on a construit des infrastructures qui ne sont pas adaptées à 60°C, des maisons étaient construites sur des sols argileux qui ne se rétractaient pas trop. Donc en fait, on a partout des choses à changer", souligne le spécialiste. 

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Il rappelle que le défi sera désormais de "choisir entre mettre notre argent et nos moyens dans le sauvetage d'une partie de ce qu'on a ou bien ne pas le faire au risque de le perdre pendant qu'on mettra notre argent dans d'autres choses qu'on estime être encore importantes pour l'avenir". Des choix qui ne sont "pas simples" et où "il n'y a pas de vérité scientifique, il n'y a que des choix collectifs à faire". 

À l'approche d'une année charnière en termes de politique, avec l'élection présidentielle de 2027, le spécialiste s'inquiète de voir cet enjeu passer au second plan dans les programmes des candidats : "J'ai l'impression qu'ils sont très vite retournés à leur sujet habituel. Un peu comme si ce monde nouveau qui touche aux limites physiques n'existait pas dans leur vision de l'avenir", déplore Jean-Marc Jancovici.

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