1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Black Blocs : Dupond-Moretti "travaille" à un texte pour lutter contre les casseurs
2 min de lecture

Black Blocs : Dupond-Moretti "travaille" à un texte pour lutter contre les casseurs

Selon le ministre de la Justice, l'intervention des forces de l'ordre face aux casseurs pose deux problèmes : celui des "risques de dégâts collatéraux" et le "problème de la preuve".

Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, représentera le Pas-de-Calais sur la liste LaREM dans les Hauts-de-France. Dans un entretien avec la Voix du Nord, il explique ne pas vouloir "que cette terre file entre les mains du RN".
Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, représentera le Pas-de-Calais sur la liste LaREM dans les Hauts-de-France. Dans un entretien avec la Voix du Nord, il explique ne pas vouloir "que cette terre file entre les mains du RN".
Crédit : CHARLES PLATIAU / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad

La manifestation contre la loi "Sécurité globale" a été émaillée de violences et dégradations, le 5 décembre dernier. Afin de lutter contre les casseurs lors des manifestations, Éric Dupond-Moretti a indiqué "travailler" à un texte pour "renforcer le dispositif" actuel. Sur France inter ce mercredi 9 décembre, le Garde des Sceaux a annoncé son intention de "réunir très prochainement les procureurs, les policiers, les préfets". 

Les images de violences à l'issue de la manifestation contre la loi "sécurité globale" ont ému une grande partie de l'opinion et de l'échiquier politique. L'intervention des forces de l'ordre face aux casseurs pose deux problèmes selon Éric Dupond-Moretti : celui des "risques de dégâts collatéraux" - avec des manifestants non concernés qui se retrouvent violentés - et le "problème de la preuve". 

"Autrefois, nous avions mis en œuvre une intervention préventive sur autorisation du procureur de la République. Elle a porté ses fruits. On ouvrait les sacs et on y découvrait des masques, des armes, des marteaux, du gaz lacrymogène, des vêtements noirs, des cagoules", a rappelé le ministre de la Justice. "Or, ceux-là ce sont organisés", a poursuivi le Garde des Sceaux, "ils viennent clairsemer leurs outils, la veille, l'avant-veille" puis se "glissent dans la manifestation aux côtés de gens honnêtes". 

La veille, Jean Castex avait déclaré à l'Assemblée nationale qu'il "souhaitait que l'on remette l'ouvrage sur le métier pour voir comment avancer sur le sujet". 

"Judiciariser en amont"

À lire aussi

En 2019, le Conseil constitutionnel avait censuré un article d'une proposition de loi "anticasseurs" portant sur l'interdiction administrative de manifester. "Attention, texte ne veut pas dire loi, ça peut être plutôt un décret ou circulaire", a-t-on précisé dans l'entourage du ministre. 

"Une réflexion a été lancée avec le ministère de l'Intérieur, le préfet de Paris et le parquet de Paris", ajoute-t-on. "L'objectif est de judiciariser en amont pour permettre le démantèlement des réseaux et identifier les actes préparatoires", a précisé une source proche du dossier. Plus que la question du maintien de l'ordre ou de l'action des Black Blocs, l'idée est de mieux décortiquer ce groupe et son organisation pour "prendre le problème à la racine", selon la même source. 

"On peut améliorer la législation, mais les grandes difficultés sont des difficultés de terrain, de mise en œuvre pratique, d'interpellations, de montage de procédures", a souligné la députée LREM Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des Lois, devant l'Association des journalistes parlementaires (AJP). 

L'angle mort est moins la dimension sécuritaire que la dimension judiciaire

Bruno Retailleau, chef des sénateurs LR

À l'origine de la proposition de loi "anticasseurs", le chef de file des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau a estimé auprès de l'AFP qu'"aujourd'hui, l'angle mort est moins la dimension sécuritaire que la dimension judiciaire. C'est celui-là qu'il faut traiter. Il y a une défaillance dans la judiciarisation". 

"C'est pourquoi je propose des brigades anti-Black Blocs spécialisées, a-t-il indiqué. Pour qu'il y ait un suivi de chaque individu, exactement comme le font les services de renseignements, en amont, en aval de chaque manifestation (...), par exemple pour prouver la récidive, en infiltrant les bandes, pour détecter les profils et en faisant une veille sur les réseaux sociaux, en réalité en effectuant un travail de police judiciaire", a-t-il poursuivi. 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/