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42 caméras pour 2.000 habitants : à Breil-sur-Roya, village parmi les plus surveillés de France, la vidéoprotection s'invite dans le débat des municipales

Dans tous les sondages, la sécurité est l’une des premières préoccupations des Français. Dans l'arrière-pays niçois, cette commune de 2.400 habitants a installé 42 caméras de vidéosurveillance. Et le bilan n'est pas franchement concluant.

Une caméra de surveillance à Troyes, dans l'Aube (image d'illustration).

Crédit : Gilles Targat / Photo12 via AFP

Tous filmés : dans l'un des villages les plus surveillés de France

00:03:43

Tous filmés : dans l'un des villages les plus surveillés de France

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Julien Fautrat - édité par Chloé Berry

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C'est l'un des villages les plus surveillés de France. Dans les Alpes-Maritimes, 42 caméras de vidéosurveillance habillent les rues de Breil-sur-Roya, petite commune de 2.400 habitants de l'arrière-pays niçois. Cela représente une caméra pour 57 âmes. 

Cette municipalité n'est pourtant pas connue pour être la capitale du crime. "Breil-sur-Roya n'est pas Chicago évidemment, mais on a quand même des actes de délinquance et d'incivilité", commente le maire Sébastien Olharan (divers droite), au micro de RTL.

Personne pour regarder les images

Les images arrivent dans une petite pièce, avec deux écrans, une télévision et un ordinateur. Le maire ouvre la porte blindée à notre rédaction. "La gendarmerie nous adresse de temps en temps des demandes de réquisition d'images. Donc nous nous connectons, nous faisons les extractions nécessaires qui sont mises au dossier d'enquête de la gendarmerie", explique ce candidat à sa réélection. 

Non seulement il n'y a personne pour regarder ces écrans mais, en plus, ils sont éteints quasiment tout le temps. "Nous n'avons pas de policiers municipaux derrière en temps réel, parce que nous n'avons pas les moyens humains, tout simplement", fait savoir l'édile. 

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Et ça coûte combien un dispositif comme celui-ci ? Sans surprise, très cher : 250 000 euros sur le mandat, selon les chiffres de la mairie. Les opposants estiment que ça a coûté plus cher que cela. 

Des habitants qui laissent "leurs portes ouvertes"

Mais il faut se demander si ces caméras ont changé la vie des habitants. Robert, qui vient acheter son pain dans le centre-bourg, pense qu'elles sont nécessaires car il "pense" qu'il y a "beaucoup de trafic". Marina n'est pas du même avis : "il n'y a aucun problème ici, on laisse nos portes ouvertes", confie-t-elle à notre micro. Depuis les premières installations, il y a un an, ces habitants reconnaissent que leur vie quotidienne n'a pas vraiment changé. 

On ne peut pas en vouloir au maire qui a consulté ses administrés sur la pose de caméras. Cette proposition d'installer des caméras de vidéosurveillance avait été soumise à la population dans le cadre d'un questionnaire en 2019. Et 70% des personnes se disaient favorables.

L'opposition aux caméras est portée par Cédric Herrou, agriculteur français et très actif dans l'aide aux étrangers en situation irrégulière. Il a même lancé une action en justice qu'il a perdue contre la mairie. "C'est un peu le joujou de Noël des élus pour communiquer. Il y a des violences intrafamiliales dans les maisons, chez les gens. Ici, dans la rue, il y a des chiens errants", s'agace le militant.

Le maire estime ne pas avoir encore assez de recul pour juger de l'utilité de ces installations, mais il assure que des affaires auraient été résolues grâce aux images prises par ces caméras. De son côté, le parquet de Nice n'en sait pas davantage, même s'il salue le dispositif.

Candidat aux élections municipales 2026 : Sébastien Olharan (divers droite).

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