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Attentat de la rue des Rosiers : Emmanuel Macron salue l'extradition d'un des principaux suspects par l'Autorité palestinienne

Emmanuel Macron a salué dans la soirée du jeudi 16 avril l'extradition par l'Autorité palestinienne de Hicham Harb, "l'un des principaux suspects de l'attentat terroriste antisémite de la rue des Rosiers en 1982", selon un communiqué de l'Elysée.

La restaurant Jo Goldenberg à Paris où a été perpétré l'attentat de la rue des Rosiers (archives)

Crédit : JOEL ROBINE / AFP

AFP

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Emmanuel Macron a salué dans la soirée du jeudi 16 avril l'extradition par l'Autorité palestinienne de Hicham Harb, "l'un des principaux suspects de l'attentat terroriste antisémite de la rue des Rosiers en 1982", selon un communiqué de l'Elysée. 

"Nous remercions les autorités palestiniennes, qui ont marqué par leur coopération leur engagement à lutter contre le terrorisme, comme le président [Mahmoud] Abbas s'y était engagé auprès du président" français, ajoute l'Elysée, soulignant que "cette coopération [était] aussi la traduction concrète de la coopération judiciaire que nous pouvons désormais mener depuis la reconnaissance de l'Etat de Palestine" en septembre dernier le président de la République a en outre adressé "ses pensées aux victimes de cet odieux attentat, qui fit 6 morts et 19 blessés, et à leurs familles". 

Le mandat d'arrêt dont il fait l'objet depuis 2015 lui sera notifié vendredi 17 avril, a précisé le Parquet national antiterroriste.

"Nous remercions les autorités palestiniennes, qui ont marqué par leur coopération leur engagement à lutter contre le terrorisme"

L'extradition de Mahmoud Khader Abed Adra, alias Hicham Harb, intervient environ deux mois après la confirmation par la Cour de cassation de la tenue d'un futur procès à l'encontre des suspects de cet attentat qui avait fait six morts dans le Marais, quartier juif du centre de Paris, il y a quatre décennies.

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"Mes clientes se réjouissent de cette extradition qui augure d'une audience criminelle en présence des accusés principaux", a assuré auprès de l'AFP Romain Boulet, avocat de deux parties civiles.

Fin 2025, le président palestinien, Mahmoud Abbas, avait promis l'extradition de Hicham Harb, "la reconnaissance de l'Etat de Palestine par la France ayant créé un cadre approprié pour cette demande française".

"Nous remercions les autorités palestiniennes, qui ont marqué par leur coopération leur engagement à lutter contre le terrorisme, comme le président Abbas s'y était engagé auprès du président" français, a souligné l'Elysée dans un communiqué.

L'extradition devait intervenir "un peu plus tôt mais la guerre (au Proche-Orient, ndlr) a entraîné la fermeture de l'espace aérien et retardé de quelques semaines l'opération", a souligné le Quai d'Orsay.

Un attentat qui a fait six morts et 22 blessés

Le 9 août 1982, six personnes ont été tuées et 22 blessées dans cette rue du Marais à Paris par l'explosion d'une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg puis dans une fusillade perpétrée par un commando de trois à cinq hommes. 

L'attentat, dit "de la rue des Rosiers", a été attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d'Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). 

La Cour de cassation, plus haute juridiction judiciaire en France, a confirmé en février la tenue d'un futur procès, qui était contestée par deux accusés dans l'attentat de la rue des Rosiers: Abou Zayed, Norvégien d'origine palestinienne considéré comme l'un des tireurs et détenu en France depuis 2020, et Hazza Taha, né en Cisjordanie et soupçonné d'avoir caché des armes à l'époque, actuellement sous contrôle judiciaire en France. 

Me Romain Ruiz, avocat d'Abou Zayed, espère que la traduction devant la justice française de Hicham Harb permettra la libération de son client "après bientôt 5 ans d'une détention qui n'honore pas la France". "Nous avons la conviction depuis sa mise en examen qu'Abou Zayed n'a pas commis l'attentat de la rue des Rosiers", a-t-il ajouté. 

Conseil de familles de victimes, Me David Père a exhorté, pour sa part, à ce que la procédure judiciaire "continue au plus vite". Quarante-quatre ans après les faits, "c'est trop long", a-t-il dénoncé. 

Une extradition contestée 

"L'extradition de Hicham Harb retardera encore la tenue du procès. Jusqu'à quand?", s'est interrogé Me Alain Jakubowicz, avocat d'une des familles de victimes. Hicham Harb est aujourd'hui âgé de 72 ans. Son fils, Bilal al-Adra, a indiqué à l'AFP avoir reçu de lui un appel en pleurs jeudi 16 avril dans la matinée l'informant de sa remise "aux autorités françaises". L'Autorité palestinienne n'a fait aucune communication sur le sujet. 

Son extradition "constitue une violation grave de la loi fondamentale palestinienne et un dangereux précédent", a déclaré Ammar Dweik, avocat du septuagénaire. 

La famille craint pour son sort "en raison de la gravité de l'extradition, que nous considérons comme illégale et donc dépourvue de toute garantie de procès équitable", a estimé Bilal al-Adra, disant aussi craindre pour la santé de son père, souffrant selon lui d'un cancer et de troubles neurologiques. 

M. Harb, visé aussi par un mandat d'arrêt allemand de 1988 dans le cadre d'un attentat commis à l'aéroport de Francfort en 1985, est également sur les radars d'enquêteurs, notamment en Italie, pour l'attaque d'une synagogue à Rome en 1982. 

Deux autres suspects jordaniens de l'attentat de la rue des Rosiers restent toutefois en Jordanie, la Cour suprême de ce pays ayant refusé de les extrader, a déploré le ministère français des Affaires étrangères. 

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