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Assistants du FN au Parlement européen : "Mediapart" et "Marianne" dévoilent le rapport de l'Olaf

"Mediapart" et "Marianne" publient le rapport que l'Office antifraude européen a transmis à la justice française, dans l'affaire de soupçons d'emplois fictifs du Front national au Parlement européen.

Marine Le Pen, lors de son meeting à Lyon le 5 février 2017
Marine Le Pen, lors de son meeting à Lyon le 5 février 2017
Crédit : Michel Euler/AP/SIPA
Clarisse Martin
Clarisse Martin

Ca ne l'empêchera pas d'être candidate à l'élection présidentielle. Aux prises avec des soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires au Parlement européen, Marine Le Pen a déclaré que même mise en examen, ce qui n'est pas le cas pour l'heure, elle serait candidate à l'élection présidentielle. Pourtant, sur la foi d'un rapport de l'Office européen antifraude (Olaf), le Parlement européen émet de fortes réserves quant à la réalité de ces emplois et a lancé une procédure de saisie sur salaires pour recouvrer près de 350.000 euros.

Axant sa défense sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une décision judiciaire mais "politique", Marine Le Pen déclare se sentir "parfaitement innocente." Le Front national est pourtant sous le coup d'une enquête judiciaire ouverte en France en mars 2015, et bénéficie donc de la présomption d'innocence. Le rapport confidentiel de l'Olaf a été transmis en juillet 2016. Mediapart et Marianne en dévoilent le contenu, ce jeudi 16 février. Un rapport, qui balaie les multiples volets de l'affaire et dévoile notamment des soupçons de faux contrat de travail. Des soupçons que Marine Le Pen nie, affirmant avoir "apporté" tous les justificatifs.

Catherine Griset, cheffe de cabinet de Marine Le Pen et assistante parlementaire

Les premiers soupçons ont porté sur Catherine Griset. Amie de la présidente du Front national, elle est également son assistante depuis 1993, avant de devenir sa cheffe de cabinet au sein du Front national en 2015. Entre 2010 et février 2016, Catherine Griset est également assistante parlementaire de Marine Le Pen au Parlement européen. L'Olaf émet de réels doutes quant à la réalité de son travail au sein de l'institution européenne à plusieurs égards. Son logement, d'abord. Elle n'aurait pas été fixée à Bruxelles mais aurait vécu la plupart du temps à Paris. Entre septembre 2014 et août 2015, selon son badge du Parlement européen, elle n'aurait passé que douze heures entre les murs de l'institution.

Garde du corps de Jean-Marie Le Pen et assistant de Marine Le Pen en même temps

Il est en charge de la protection de la famille Le Pen depuis 1992. Jusqu'en 2011, Thierry Légier était garde du corps de Jean-Marie Le Pen avant de s'occuper de la sécurité de sa fille, Marine. Mais avant ce changement, Thierry Légier avait été rémunéré à deux reprises en tant qu'assistant parlementaire local de Marine Le Pen, en parallèle de ses activités de garde du corps. À ce sujet, l'Olaf considère qu'il "existe une contradiction et une impossibilité matérielle" entre ces deux missions. Le rapport relève également que pendant trois mois, en 2009, Thierry Légier aurait uniquement assuré la protection de Jean-Marie Le Pen, alors qu'il était également censé remplir son contrat d'assistant parlementaire. C'est sur ce point-là que l'organisme européen estime que ce contrat "constituerait un faux."

Louis Aliot, assistant à temps partiel aux missions floues

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Le compagnon de Marine Le Pen a été rémunéré comme assistant local, c'est-à-dire en France, entre 2011 et 2014.  Le règlement du Parlement européen prohibe par ailleurs l'emploi de son conjoint en tant qu'assistant. Un écueil juridique contourné grâce au fait que les deux frontistes ne sont ni mariés, ni pacsés, dont pas juridiquement liés. Rémunéré près de 5.000 euros pour un contrat à temps partiel, Louis Aliot exerçait également en parallèle sa profession d'avocat mais aussi sa charge d'élu municipal et régional, à Perpignan. D'après les conclusions de l'Olaf, le caractère flou de son contrat et la description "vague" des tâches effectuées au Parlement européen ne permet pas de déterminer avec précision les missions assignées à Louis Aliot.

Florien Philippot, vice-président du FN et collaborateur parlementaire

Pendant la campagne présidentielle de 2012, à l'instar de Louis Aliot, Florian Philippot a été rémunéré en tant qu'attaché parlementaire de Marine Le Pen, à temps partiel. Il était en charge du "suivi de la commission de l'emploi et des affaires sociales ainsi que la communication et les relations avec les formations politiques des autres pays membres de l'Union européenne. Mais comme à l'égard de Louis Aliot, l'Olaf note que "les éléments réunis par l'enquête ne permettent pas à l'Office de confirmer l'allégation sur l'emploi fictif qu'aurait exercé M. Philippot auprès de Mme Le Pen."

À présent, l'affaire est entre les mains de la justice française, qui a ouvert une information judiciaire en décembre 2016 pour "abus de confiance", "recel d'abus de confiance", "escroquerie en bande organisée", "faux et usage de faux" et "travail dissimulé.

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