3 min de lecture Présidentielle 2017

Alliance Bayrou/Macron : Cohn-Bendit confirme à demi-mot son rôle

INTERVIEW - L'ancien député européen, qui assure "communiquer avec tout le monde", voit Emmanuel Macron comme le renouveau de la vie politique française.

Daniel Cohn-Bendit, le 3 février 2016
Daniel Cohn-Bendit, le 3 février 2016 Crédit : MATTHIEU ALEXANDRE / AFP
ClaireGaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

En retrait de la vie politique, sa parole a pourtant une certaine portée. Daniel Cohn-Bendit le sait et entend bien se faire entendre à quelques semaines de l'élection présidentielle. Du moins, auprès des candidats à la fonction suprême. Au lendemain de l'alliance entre François Bayrou et Emmanuel Macron, BFMTV révèle que l'ancien député européen a joué un rôle central dans le rapprochement des deux hommes. "Daniel Cohn-Bendit a suivi l’évolution des choses et a conseillé à Emmanuel Macron d’accepter si François Bayrou venait et de faire un deal", expliquait la journaliste Ruth Elkrief.

Une information confirmée à demi-mot par le principal intéressé, contacté par RTL.fr. "Je communique avec tout le monde, enfin non. Sauf avec Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen", glisse-t-il. Une chose est sûre, Daniel Cohn-Bendit est des plus favorables à cette alliance politique. Dans ce contexte politique actuel, où Marine Le Pen est en position de force, il juge cette annonce "des plus logiques". "Les réactions politiques de droite et de gauche sont ridicules. On peut aimer ou pas François Bayrou mais s'il avait été candidat, on aurait dit qu'il avait un ego surdimensionné", déplore-t-il.

Macron, le symbole du renouveau

Une alliance de choix, après le soutien de François de Rugy, qui donne un coup de fouet à la campagne électorale de l'ancien ministre de l'Économie. "Emmanuel Macron est surprenant, il déroute. Il peut-être président à 39 ans. C'est presque le symbole du renouveau", lance-t-il assurant que l'ancien bras droit de François Hollande représentait une forme "d'avenir pour la France". 

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Une manière de critiquer ouvertement certains opposants, comme Thomas Piketty, qui avait dénoncé les "grosses conneries" de l'ancien pensionnaire de Bercy. "Que Thomas Piketty rejoigne Benoît Hamon, d'accord, mais qu'il attaque Emmanuel Macron, ce n'est pas forcément normal. Il insulte l'avenir trop rapidement. Il pourrait s'opposer mais là, on tombe dans la méchanceté et l'acharnement", estime Daniel Cohn-Bendit, qui défend ouvertement le fondateur d'"En Marche !". Avant de poursuivre : "Emmanuel Macron, c'est un type qui vient de nulle part. Tout le monde disait que "En Marche !" ne marcherait pas. Pourtant, une partie des Français est fascinée par le personnage".

Une alliance Hamon/Jadot, la fin du suspense ?

Pas question cependant de vendre la mèche sur le bulletin qu'il glissera dans l'urne le 23 avril prochain. "On a encore quatre ou cinq semaines pour faire son choix et comprendre ce que font les autres. Moi j'essaye de tout comprendre", assure l'ancien député européen. En ligne de mire ? La position de Yannick Jadot dans cette campagne électorale. Lors d'une interview à la télévision suisse, Daniel Cohn-Bendit assurait notamment qu'il "hésitait" : "Je pourrais voter Macron, mais j'hésite car je suis aussi pour le candidat écologiste et comme c'est un copain, en plus, c'est difficile".

Ils ont mis trois semaines à se décider là où Bayrou et Macron ont mis 48 heures

Daniel Cohn-Bendit
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L'alliance annoncée entre Benoît Hamon et Yannick Jadot, qui a pourtant tardé à se concrétiser, pourrait ainsi redistribuer les cartes. "Ma responsabilité (...) c'est de dépasser les ego, de déporter les appareils politiques et de construire la grande aventure de cette élection présidentielle. Alors oui, ce soir, je retire ma candidature", a expliqué le vainqueur de la primaire écologiste. Une décision extrêmement tardive pour Daniel Cohn-Bendit : "Ils ont mis trois semaines à se décider là où François Bayrou et Emmanuel Macron ont mis 48 heures. C'est ridicule".

Cette alliance entre le Parti socialiste et Europe Écologie-Les Verts pourraient même avoir des conséquences sur le long terme, selon Daniel Cohn-Bendit. "Il y a le candidat Hamon, le candidat Jadot mais après, quid du PS ? Ils vont dire non à Notre-Dame des Landes, non au tunnel entre Lyon et Turin... Mais cette alliance tient seulement si Benoît Hamon veut casser le Parti socialiste mais est-ce que le parti va vraiment laisser faire cela ? Cela n'a pas de sens", s'insurge-t-il. 

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2017-02-24 07:00:00
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