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Affaire Karachi : l'ancien ministre François Léotard mis en examen

La Cour de la justice de la République soupçonne l'ancien ministre de la Défense d'être impliqué dans le financement occulte de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995.

Édouard Balladur et François Léotard (à droite) le 14 juillet 1993.
Édouard Balladur et François Léotard (à droite) le 14 juillet 1993.
Crédit : WITT/SIPA
La rédaction numérique de RTL & AFP

François Léotar, ancien ministre de la défense du gouvernement Balladur, a été mis en examen mardi 18 juillet dans le cadre de l'affaire Karachi par la Cour de justice de la République (CJR). Entendu le 4 juillet par la commission d'instruction de la CJR, l'ex-ministre de la Défense, 75 ans, a été mis en examen pour "complicité d'abus de biens sociaux". Il s'agit de la seconde mise en examen dans ce dossier sulfureux, après celle d'Édouard Balladur lui-même, soupçonné de "complicité d'abus de biens sociaux et recel".

La commission d'instruction de la Cour de justice de la République enquête depuis plusieurs années sur les rétrocommissions sur de contrats d'armement susceptibles d'avoir financé la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995. Si Emmanuel Macron s'est prononcé en faveur de sa disparition, la Cour de justice de la République est la seule instance habilitée à juger des ministres pour des faits commis dans l'exercice de leur fonction.

Un attentat en 2002 au Pakistan

Le 8 mai 2002, une voiture piégée précipitée contre un bus transportant des salariés de la Direction des chantiers navals (DCN) avait explosé devant l'hôtel Sheraton à Karachi (Pakistan), tuant quinze personnes dont onze employés français et en blessant douze autres. Tous travaillaient à la construction d'un des trois sous-marins Agosta vendus en 1994 au Pakistan par la France, sous le gouvernement d'Edouard Balladur. L'enquête qui privilégiait au départ la piste Al-Qaïda a conduit à révéler l'affaire de financement occulte présumé de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995.

En 2009, le juge antiterroriste Marc Trévidic, en charge de l'affaire Karachi, s'est orienté vers l'hypothèse d'une vengeance contre Paris après la décision de Jacques Chirac en 1996 d'arrêter le versement des commissions - légales à l'époque - à des responsables pakistanais. Ce mobile financier était apparu dans les notes rédigées quelques mois après l'attaque par un ancien de la Direction de la Surveillance du territoire, les "rapports" Nautilus, qui évoquaient des rétrocommissions pour financer la campagne de Édouard Balladur. L'enquête de Marc Trevedic n'avait pas permis d'élucider l'affaire, tout comme la deuxième enquête avait alors été ouverte en 2011 sur ce volet financier et confiée aux juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire. 

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Après des années de péripéties judiciaires, la Cour de cassation a confirmé le 11 juillet le renvoi devant le tribunal correctionnel de six protagonistes, dont Nicolas Bazire, ex-directeur de la campagne, Thierry Gaubert, alors membre du cabinet de Nicolas Sarkozy, et l'intermédiaire Ziad Takieddine. Les juges d'instruction s'étaient dessaisis en 2014 des cas d'Édouard Balladur et de François Léotard, au profit de la CJR, seule instance habilitée à juger des délits commis par des membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions.

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