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Météo : qu'est-ce que "la goutte froide", phénomène qui s'abat en ce moment en France ?

VU DANS LA PRESSE - Le mois de juin est presque fini et habituellement le beau temps est installé depuis un moment sur la France. Et pourtant, le moins que l'on puisse dire, c’est que ces dernières semaines auront été pluvieuses. En cause ? Le phénomène de "la goutte froide".

Une femme se promène dans la rue avec un parapluie (photo d'illustration).
Une femme se promène dans la rue avec un parapluie (photo d'illustration).
Crédit : Craig Whitehead / Unsplash
Céline Morin

À part une vague de chaleur qui a touché l’Hexagone début juin, on ne peut pas dire que le mois qui marque normalement le passage à l'été ait été très ensoleillé. Le soleil a laissé la place à des nuages chargés de pluies entrainant derrière eux des orages. 

On le voit d’ailleurs très bien des derniers jours : lundi 28 juin, 11 départements étaient en vigilance orange orage, dans le Massif Central et autour des frontières suisses et allemandes. Ce temps instable et ces températures très en dessous des normales de saison seraient ainsi dues à ce que l’on appelle le phénomène de "la goutte froide". Il s’agit en fait d’un flot d’air froid qui s’est développé à partir de l’air encore frais qui persiste au pôle Nord, même en été lorsque le temps devrait plutôt être chaud et sec.

Un contraste d'airs chauds et froids qui provoque des orages

François Gourand, prévisionniste à Météo France, explique à nos confrères de Ouest France : "Cet air froid tourne autour du pôle avec des vents d’ouest, formant une sorte d’anneau. Mais cette circulation peut être perturbée, elle n’est pas totalement régulière. Il y a comme des méandres. On peut ainsi observer parfois des déformations, ouvrant la voie au détachement de petites poches qui vont alors descendre vers nos latitudes. C’est ça qu’on appelle une goutte froide". 

Quand ces courants froids arrivent dans nos latitudes, ils se confrontent aux masses d’airs chauds, provoquant ce que François Gourand désigne comme "une configuration instable", illustrant le "fort contraste entre l’air de la goutte froide et l’air plus chaud au sol" qui entraine "la formation de beaucoup de nuages, qui finissent par faire de la pluie et qui génèrent de la fraîcheur en dessous d’eux car ils masquent le soleil". 

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La goutte froide se trouve à l’heure actuelle au-dessus du quart ouest de la France, elle est à l’origine des intempéries qui traversent le pays, que ce soit celles de l’ouest la semaine dernière et celles dans l’est de ces derniers jours. "L’air se met à tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre autour d’elle. Ce qui fait remonter de l’air chaud du sud sur le centre et l’est du pays, où l’air en altitude est refroidi du fait de la proximité de la goutte. On est alors dans une instabilité maximale qui peut mener aux orages". 

Les "gouttes froides" sont des phénomènes météorologiques relativement imprévisibles, il est donc difficile de connaître leur trajectoire. Toutefois, dans notre situation actuelle, il semblerait que celle qui passe au-dessus de nos têtes se dirige d’Ouest en Est. François Gourand continue : "Son déplacement est nettement ralenti à cause de la masse d’air chaude et stable sur l’est de l’Europe. Et du côté de l’Espagne et de la Méditerranée, le chemin est également un peu barré puisqu’il y a aussi de l’air sec et stable". Ajoutant que "plus tôt dans l’année, au Printemps, elle aurait pu glisser plus facilement". 

Un effet du réchauffement climatique ?

Parce que les effets de la goutte froide "s’amenuisent au fil du temps", le phénomène, ayant tendance à disparaître au fur et à mesure qu’il avance, devrait "nous abandonner à partir de mercredi, en atteignant l’est du pays", prévoit encore François Gourand. 

Sans pour autant promettre un ciel bleu sans nuage à l’horizon : "Ce n’est pour autant qu’il fera un super temps mais il y aura moins de nuages et moins de fraîcheur". D’ailleurs, la météo ne s’annonce pas exceptionnelle pour le week-end prochain.

"C’est typique du printemps et un grand classique du mois de mai. En juin, cela s’observe plutôt en début du mois". Un retard comme celui-là peut-il être lié au réchauffement climatique ? Rien n’est moins sûr selon le spécialiste, d’autant plus qu’aucune étude n’a encore fait le lien.

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