2 min de lecture Climat

Canicule : 1,5° à 3°C plus chaud en juillet à cause du réchauffement climatique, disent des experts

Les températures auraient été "environ 1,5°à 3°C moins élevées" sans le dérèglement climatique imputé à l'Homme. Les scientifiques estiment que "la probabilité qu'un tel événement se produise a été multipliée par au moins dix", selon leur rapport.

Des jeunes se rafraîchissent pendant la canicule.
Des jeunes se rafraîchissent pendant la canicule. Crédit : AFP
Camille Descroix
Camille Descroix
et AFP

Sans le changement climatique imputable aux activités humaines, les températures qui ont frappé l'Europe de l'ouest fin juillet auraient été "environ 1,5°à 3°C moins élevées", selon les calculs d'un groupe de scientifiques publiés ce vendredi 2 août.

Des records de température ont été battus dans plusieurs pays lors de cette vague de chaleur brève mais intense : 42,6°C à Paris et à Lingen, en Allemagne, 41,8°C à Begijnendijk, dans le nord de la Belgique, et 40,4°C dans le sud des Pays-BasDes températures inédites ont également été atteintes au Royaume-Uni, avec 38,7°C à Cambridge. La vague de chaleur est remontée jusqu'en Scandinavie. Or "sans le changement climatique induit par les humains, une canicule aussi exceptionnelle que celle-ci aurait eu des températures environ 1,5 à 3°C moins élevées", selon les chercheurs du réseau World Weather Attribution

Les scientifiques ont pris comme référence les trois jours consécutifs les plus chauds lors de cette épisode caniculaire. Pour la France, en combinant différents modèles, ils estiment que "la probabilité qu'un tel événement se produise a été multipliée par au moins dix", selon leur rapport. "Un tel événement aurait eu une probabilité extrêmement faible de se produire" sans le changement climatique en France, souligne encore cette étude. 

Concernant la canicule qui avait frappé l'Hexagone fin juin, les scientifiques avaient déjà calculé que celle-ci avait été rendue "au moins cinq fois plus probable" que si l'Homme n'avait pas altéré le climat.

Surmortalité, dysfonctionnement dans les transports, incendies...

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En août 2003, plus de deux semaines de canicule avaient entraîné une surmortalité de 15.000 personnes en France et de plus de 70.000 sur toute l'Europe. La chaleur avait mis en évidence des dysfonctionnements des services de santé et l'isolement des personnes âgées, principales victimes de la canicule. Par la suite, les autorités ont élaboré un "plan canicule" opérationnel tous les étés pour protéger les personnes âgées, handicapées, sans domicile et les très jeunes enfants. 

Des villes comme Paris prennent aussi des mesures, comme l'ouverture de parcs la nuit ou de salles rafraîchies. Les chiffres de surmortalité pour l'épisode caniculaire du mois de juin sont attendus début août. Ceux pour la vague de chaleur de fin juillet devraient être rendus publics vers la rentrée. Ces deux dernières canicules ont aussi perturbé les transports ferroviaires, en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et au Royaume-Uni à cause de feux de broussailles le long de voies ou de dommages causés aux infrastructures par l'extrême chaleur. La chaleur renforce aussi le problème de sécheresse et les risques de départ de feu de forêt ou de chaume. En France par exemple, 79 départements sont concernés par des restrictions d'eau. 

Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier et à s'intensifier sous l'effet du réchauffement climatique. Au cours des 2.000 dernières années, les températures mondiales n'avaient jamais augmenté aussi rapidement, selon des données publiées fin juillet dans deux études distinctes dans les revues Nature et Nature Geoscience. Juin 2019 a d'ailleurs été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré dans le monde, notamment en raison de la canicule exceptionnelle en Europe. Juillet pourrait être du même acabit et battre le record de juillet 2016, selon des données provisoires du service européen Copernicus sur le changement climatique et de l'Organisation météorologique mondiale, basées sur les 29 premiers jours de juillet. 

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