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"Violeur de la Sambre" : 20 ans de réclusion criminelle pour Dino Scala

Dino Scala, dit le "Violeur de la Sambre", a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour ces 56 viols et agressions sexuelles. Il s'agissait de la peine maximale requise par le parquet.

Dino Scala, en mai 2018
Dino Scala, en mai 2018
Crédit : L'OBSERVATEUR DE L'AVESNOIS / AFP
Charlène Slowik & AFP

La cour d'assises du Nord a prononcé, vendredi 1er juillet, une peine maximale de 20 ans de réclusion criminelle, avec sûreté des deux tiers, contre Dino Scala, le "violeur de la Sambre", jugé pour 56 viols et agressions sexuelles.

Cette peine est conforme à celle requise jeudi par le parquet. L'accusé, âgé de 61 ans, était jugé pour 17 viols, 12 tentatives de viol et 27 agressions ou tentatives d'agression sexuelle, commis entre 1988 et 2018 près de son domicile, autour de la Sambre, rivière traversant la frontière franco-belge.

Dino Scala, qui reconnaît 40 des 56 faits qui lui sont reprochés, n'a fourni que des bribes d'explications sur ses passages à l'acte. "Le violeur de la Sambre" avait recours à un même mode opératoire qui se retrouve dans la plupart des cas : des agressions presque toujours à l'aube, en hiver, généralement sur la voie publique. Les victimes étaient attaquées par derrière, étranglées avec l'avant-bras ou une cordelette, traînées à l'écart et menacées souvent à l'aide d'un couteau

"Je vais présenter mes excuses aux victimes, monsieur le président", avait-il déclaré d'une voix laissant paraître peu d'émotion, en début de matinée. C'étaient ses derniers mots avant que la cour ne se retire pour délibérer.

Une personnalité mystérieuse

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Derrière l'image de l'ouvrier bien inséré, marié, père de famille et entraîneur d'un club de football, l'un des deux avocats généraux, Antoine Berthelot, a pointé l'"extrême dangerosité" de l'accusé, discernant dans son parcours "l'impensable banalité du mal".

Les trois semaines de procès n'ont pas permis de lever entièrement le mystère autour de sa personnalité, caractérisée selon un expert psychiatre par l'"abîme qui sépare la face sociale et la face cachée". Les experts psychiatres et psychologues ont vu dans ces agressions une rage de dominer, un plaisir pris à la terreur des victimes, de la part d'un homme pourtant peu porté sur le sexe mais pétri de frustrations. 

Sa personnalité exprime en effet la plainte récurrente de ne pas avoir été reconnu à sa juste valeur dans sa vie conjugale, professionnelle, sportive. Pour lui, les victimes n'avaient ni âge, ni visage ont conclu les experts. Elles étaient comme des ombres abstraites. 

Interrogé sur le risque qu'il recommence s'il sortait de prison, le sexagénaire, qui se dit prêt à la castration chimique, a assuré que c'était "impossible". "J'ai fait trop de malheur autour de moi. Quand j'ai agressé ces personnes, je ne me rendais pas compte de la gravité des faits", a-t-il déclaré.

"La loi n'est pas à la hauteur"

Sur les 56 victimes, âgées de 13 à 48 ans au moment des faits, près de la moitié n'a pas assisté au procès. Si trois d'entre elles sont décédées, beaucoup ont préféré ne pas se confronter à leur agresseur.

Parmi celles qui ont témoigné, beaucoup sont apparues profondément marquées. "Cela fait 22 ans que je revis ce viol, c'est un supplice", a confié l'une d'elles. Certaines victimes avaient également été malmenées lors de leur dépôt de plainte, voire traitées de menteuses. 
Pour Fanny Bruyerre, avocate de neuf victimes, "la loi n'est pas à la hauteur : 20 ans, c’est tellement peu pour 56 "vies détruites", juge-t-elle. "La peine maximale encourue est moins longue que la durée de ses agissements", avait-elle relevé avant le verdict.

Longtemps infructueuse, l'enquête a fini par aboutir après une agression en 2018 en Belgique, où une caméra de vidéosurveillance a capturé l'image de la voiture de Dino Scala.
Ce dernier se projette, selon l'expert psychiatre, dans une vie après la prison où il travaille avec une psychiatre sur la "colère" qui l'habite. Il reçoit, entre autres, les visites des trois enfants de son second mariage, dont il est resté très proche. 

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