3 min de lecture

Explosion dans le Rhône : les blessés ont respecté les règles de sécurité, selon les informations de RTL

Au lendemain de l'explosion survenu dans une usine chimique à Saint-Fons (Rhône), le parquet de Lyon a indiqué avoir ouvert une enquête ce mardi 23 décembre 2025. Selon nos informations, les techniciens auraient respecté les règles de sécurité, mais ils ont dû agir manuellement pour faire baisser la pression dans le réacteur, ce qui a pu provoquer cette fuite d'hydrogène.

Des pompiers se tenant près du site Elkem Silicones situé à Saint-Fons, dans le Rhône, ce lundi 22 décembre 2025, après l'explosion.

Crédit : Manon BILLING / AFP

Une explosion dans le Rhône fait 4 blessés, dont 2 graves : blessés, origine, confinement... ce que l'on sait de l'accident

00:01:02

"Ils ont vu des choses qui les ont un peu marquées" : à quelques mètres de l'ecplosion, Cédric raconte ce qu'il a vu

00:01:24

Frédéric Perruche & Chloé Berry

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Vers un retour à la normale dans la "vallée de la Chimie". Après l'explosion de ce lundi 22 décembre 2025, qui a fait quatre blessés, la préfecture du Rhône s'est montrée rassurante dans les heures suivant l'accident. Aucune toxicité n'a été relevée dans l'air, une information capitale qui a notamment permis aux habitants de Saint-Fons de sortir enfin de chez eux.

Ce mardi 23 décembre 2025, le parquet de Lyon a ouvert une enquête du chef de blessures involontaires par personne morale suivies d’incapacité supérieure à trois mois, apprend RTL. La division de la criminalité organisée spécialisée (DCOS) et la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) ont été cosaisies pour mener les investigations visant à déterminer les causes et circonstances de ces faits.

Parmi les quatre blessés, trois sont grièvement brûlés et se trouvent en urgence absolue, à l'heure où ses lignes sont écrites. Selon les informations de RTL, elles ont été transférées dans un service pour personnes brûlées lundi soir.

Explosion dans une usine chimique

Lundi, vers 15h30, la préfecture du Rhône fait savoir qu'une explosion dans une usine chimique près de Lyon a eu lieu, déclenchant un incendie dans l'après-midi. Le plan Orsec, destiné à organiser les secours en cas d'événement grave, est alors déclenché.

La déflagration, dont l'origine exacte n'est pas encore connue, est probablement due à l'émanation d'hydrogène "dans un atelier expérimental" où travaillaient quatre personnes. À noter qu'il s'agit d'un site classé Seveso (un établissement industriel qui manipule ou stocke des substances dangereuses en quantités importantes, au point de présenter un risque d'accident majeur pour les personnes, l'environnement ou les biens).

Compte tenu du risque, 5.000 personnes ont alors été confinées près de deux heures dans cette vallée de la Chimie et l'autoroute A7, qui longe le site, a été coupée dans les deux sens, ainsi que les voies ferrées à proximité et les voies fluviales sur le Rhône.

Quatre heures après la déflagration, l'incendie finit par être "maîtrisé". Le confinement imposé aux personnes résidant ou travaillant dans la zone de l'accident, ainsi que le blocage de l'autoroute A7, ont été levés vers 18h.

Les blessés ont respecté les règles de sécurité

Selon nos informations, les quatre personnes en intervention au moment de l'explosion sont toutes très compétentes. Parmi eux, un ingénieur chimiste et trois techniciens spécialisés. Ils seraient intervenus en observant un problème lié à la transformation de l'huile de silicone, qui devait rester liquide, et qui se transformait en pâte de manière anormale. 

Selon l'entreprise, ils ont respecté les règles de sécurité mais ils ont dû agir manuellement pour faire baisser la pression dans le réacteur, ce qui a pu provoquer cette fuite d'hydrogène. Les quatre blessés ont entre 40 et 50 ans et sont dans l'entreprise depuis une vingtaine d'années. À la mi-journée ce mardi, trois d'entre eux sont toujours dans un état critique. 

Ce que l'on sait sur Elkem Silicones France

Que sait-on de ce site exactement ? Il s'agit d'un atelier expérimental avec des petits réacteurs de 1.000 litres dans lequel on fait des opérations de chimie de spécialité.

Elkem Silicones France est une filiale du groupe norvégien Elkem. Outre l'usine de Saint-Fons, le groupe Elkem compte quatre sites en France, en plus de bureaux à Neuilly-sur-Seine, dont un centre de recherche employant 120 personnes, selon des données mises en ligne par le groupe. Le site de Saint-Fons emploie environ 400 personnes, selon son directeur.

Les mesures de sécurité très importantes dans cet atelier expérimental, qui travaille sur de nouveaux produits siliconés, a permis d'éviter, une réaction en chaîne, une série d'explosion sur les autres "réacteurs chimiques" à proximité. La direction d'Elkem indique à RTL avoir investi 40 millions d'euros pour la sécurité ces dernières années, sur les 2 sites de St-Fons, où travaillent plus de 400 personnes.

"Ils ont vu des choses qui les ont un peu marquées"

Cédric travaille à quelques centaines de mètres du laboratoire qui a explosé sur le site de l'usine Elkem Silicon et, comme ses collègues, il a été très choqué par la violence de l'explosion.

"Ça a fait une belle explosion, puis un gros nuage de fumée noire. À ce moment-là, on se dit qu'il s'est passé quelque chose", a-t-il confié au micro de RTL. Il a ensuite essayé de contacter les employés qu'ils savaient sur les lieux, sans succès puisque les téléphones sont interdits sur le site. Il finit par voir le blessé sous la douche de sécurité, porté par plusieurs personnes. "Je pense qu'ils ont vu des choses qui les ont un peu marquées", complète-t-il.

En 2016, déjà sur le même site de Saint-Fons, une personne avait été tuée dans l'incendie de fûts de silicone dans un entrepôt de 2.500 mètres carrés.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info