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Une photo montre une balance symbolisant la justice.
Crédit : Philippe HUGUEN / AFP
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"Ce sont des monstres." Dix hommes ont été mis en examen dans le cadre d'une affaire de pédocriminalité : l'annonce a été faite ce mardi 3 février par le parquet de Lille. Les mis en cause sont soupçonnés d'avoir agressé sexuellement un enfant de cinq ans lors d'une soirée "chem-sex", alors que celui dernier était drogué, puis d'avoir filmé et diffusé les faits en ligne.
Parmi ces dix hommes, neuf ont été placés en détention provisoire et un autre (l'un des organisateurs de la soirée) a mis fin à ses jours en juin dernier, alors qu'il était également détenu provisoirement.
Une enquête a été ouverte il y a près d'un an, en février 2025 après un signalement sur une soirée "chem-sex" - un terme basé sur la contraction de "chemicals" (produits chimiques) et "sex" qui désigne des rapports sexuels démultipliés par la consommation simultanée de produits psychotropes.
Le 15 février dernier, au lendemain d'une soirée "chem-sex", un signalement est réalisé auprès de la police judiciaire de Lille sur cet événement lors duquel "des faits de violences sexuelles aggravées par l’utilisation de substances chimiques auraient été commis au préjudice d’un enfant de 5 ans et demi mis en relation avec des adultes de sexe masculin par son père", peut-on lire dans le communiqué de presse du parquet de Lille ce mardi.
Un juge d'instruction est ensuite saisi le 22 février par le parquet de Lille, pour des faits commis à Lille entre novembre 2024 et février 2025. L'enquête est menée pour "viol et agression sexuelle avec administration d'une substance à la victime, à son insu, pour altérer son discernement ou le contrôle de ses actes" mais aussi pour "viol et agression sexuelle avec torture ou acte de barbarie", "agression sexuelle incestueuse sur un mineur de 15 ans", "détention non autorisée de stupéfiants", "détention et diffusion de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique en utilisant un réseau de communication électronique".
En plus des faits commis sur l'enfant, les personnes mises en cause le sont pour "sévices graves ou actes de cruauté envers un animal domestique" et "atteinte sexuelle en réunion sur un animal domestique", indique le parquet de Lille.
D'après les éléments récoltés par les enquêteurs, plusieurs hommes ont participé à ces soirées, consommant notamment de la 3-MMC, une drogue de synthèse utilisée comme stimulant dans un contexte sexuel. Des scènes ont été filmées puis diffusées en ligne, ce qui a permis d'identifier les protagonistes de ces soirées, comme l'expliquait le 30 janvier dernier les Dernières Nouvelles d'Alsace.
Viol présumé d'un enfant de 5 ans à Lille : "Même un animal ne ferait pas ça à son petit", déplore Isabelle Debré, présidente de L'Enfant Bleu
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"La réalité des faits" a été confirmée par les investigations sur commission rogatoire, précise le parquet de Lille dans son communiqué. Dix hommes, âgés de 29 à 50 ans ont été mis en examen pour une partie des faits, à des dates qui n'ont pas été précisées. Selon les informations de RTL, au moins l'un des mis en examen était déjà connu des autorités pour des faits liés à la pédocriminalité.
Neuf ont été placés en détention provisoire et l'un des principaux mis en examen "a mis fin à ses jours le 21 juin 2025, alors qu’il était détenu provisoirement", continue le communiqué du parquet. À noter que la peine maximale encourue est la réclusion criminelle à perpétuité pour les faits de viol avec actes de tortures et de barbarie.
Selon les informations des DNA, le 18 janvier dernier, un homme de 30 ans, a été interpellé à son domicile dans le secteur de Saverne (Alsace). Chauffeur routier en CDI, inconnu des services de justice, il est soupçonné d’avoir reçu une vidéo montrant les agressions sans en informer les autorités judiciaires. Les policiers ont perquisitionné son domicile, son lieu de travail et son poids lourd.
Le trentenaire a ensuite été transféré à Lille, mis en examen et écroué le 23 janvier dernier. Outre la détention et la consultation de contenus à caractère pédopornographiques, il lui est reproché de ne pas avoir signalé les sévices infligés à l’enfant, un délit passible de cinq ans d’emprisonnement.
D'après les premiers éléments, l'homme n'aurait pas rencontré les organisateurs des soirées mais auraient eu des liens avec eux via l'application de rencontre Grindr, utilisée au sein de la communauté gay. Les investigations continuent pour identifier d’éventuelles autres personnes impliquées.
Le père de l'enfant a quant à lui été mis en examen pour "agression sexuelle incestueuse" et "complicité de viols et agressions sexuelles aggravées au préjudice de son fils".
D'après les informations du procureur de Lille Samuel Finielz, les investigations font apparaître que cet homme "a également été victime de faits de viols et d'agressions sexuelles commis avec une substance chimique, au cours de la même soirée".
"L'enfant est confié à sa mère dont le père était séparé avant les faits. Il bénéficie d'une prise en charge spécifique" et "l'autorité parentale du père et ses droits de visite et d'hébergement sur son fils sont suspendus", peut-on lire dans le communiqué du parquet ce mardi.
Au micro RTL Midi, Isabelle Debré, présidente de l'association L'Enfant Bleu, s'est dit "abasourdie" après la révélation de cette affaire. "Ça fait 35 ans que je suis au sein de l'association L'Enfant Bleu. Et vraiment, je me dis, mais où va notre société ? Où va la perversion des adultes ? Je pense que même un animal ne ferait pas ça à son petit. Je suis atterrée. Nous sommes atterrées", dénonce-t-elle.
Comment expliquer une telle affaire ? "Honnêtement, je ne sais pas. Je pense que ce sont des malades. Je ne vois pas autre chose parce que pour en plus, là, il s'agit du papa de l'enfant", ajoute Isabelle Debré, expliquant que l'association l'Enfant Bleu va "certainement" se constituer partie civile dans cette affaire. "Ce sont, excusez moi, ce sont des monstres. Ce sont des monstres, il n'y a pas d'autre chose. Donc j'avoue que je ne me l'explique pas", termine-t-elle.
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