2 min de lecture Justice

Un homme condamné à 17 ans de prison pour avoir tenté de tuer ses anciens employeurs

Le suspect a plaidé son innocence. Selon lui, il s'agissait d'un cambriolage qui a mal tourné.

Une cour d'assises (illustration)
Une cour d'assises (illustration) Crédit : PASCAL GUYOT / AFP
Leia Hoarau
Leia Hoarau
et AFP

La cour d'assises des Ardennes a condamné en appel, jeudi 21 mars, un Franco-Turc, sympathisant de la cause kurde, qui avait tenté de tuer un couple de vignerons marnais en mai 2013, à une peine de 17 ans d'emprisonnement. L'avocat général avait requis 20 ans de réclusion criminelle. 

Ancien entrepreneur rémois et père de quatre enfants, Suphi Ayalp, condamné à 20 ans de prison en première instance en 2017, a maintenu lors de son procès en appel sa thèse du cambriolage qui aurait mal tourné. "Je n'ai jamais voulu tuer. Mon objectif était de trouver une arme", a dit l'accusé en larmes dans sa cage de verre.

Cette arme, qu'il savait se trouver chez ses anciens employeurs de vendanges, était censée le protéger contre des menaces supposées de la police secrète turque. Une amie proche était l'une des trois militantes du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) assassinées en plein Paris quelques mois seulement avant l'agression.

Mais après la piste de la police secrète turque, c'est celle des médicaments qu'il prenait à l'époque pour soigner une sévère dépression que Suphi Ayalp a invoqué pour tenter d'expliquer la violence de son agression.

Un personnage à "double face"

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Sa nouvelle version n'aura convaincu ni l'avocat général, qui a requis 20 ans de réclusion criminelle, ni celui des parties civiles. "Maintenant, Suphi Ayalp vient nous dire qu'il est désolé mais il n'y a toujours pas d'explications véritables", a souligné Me Gérard Chemla pour qui l'accusé reste un personnage à "double face", "intensément énigmatique" et "extrêmement inquiétant".

Il est accusé d'avoir laissé le vigneron marnais dans une mare de sang, le crâne défoncé et le coup serré par deux cordons de téléphone mobile. Sa femme présentait pour sa part "plusieurs plaies" aux mains et "une entaille au cuir chevelu", avait révélé l'enquête. "Les faits sont têtus. Il y a bien eu une tentative de meurtre", a martelé l'avocat général. Selon lui, pas de doute possible : les blessures infligées à Véronique Pongnian, les coups sur la tête de Jean-Michel Pongnian et la tentative d'étranglement signent l'intention homicide. "Il s'agit d'un crime crapuleux", a-t-il conclu. 

"La dépression, des failles narcissiques, la fragilité psychologique, des troubles de la personnalité, les médicaments, un raisonnement pas toujours adapté : rien d'autre n'explique les faits et ce déchaînement de violence", a plaidé Me Jean-Yves Moyard, l'un des deux avocats de la défense, demandant aux jurés de "ne pas jeter aux orties" ces explications.

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Le suspect a plaidé son innocence. Selon lui, il s'agissait d'un cambriolage qui a mal tourné.
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2019-03-22 01:05:00
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