2 min de lecture Terrorisme

Le frère de Mohamed Merah jugé en appel en mars 2019

Il avait été condamné en novembre 2017 à 20 ans de réclusion criminelle pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Abdelkader Merah dans le box des accusés de la salle Voltaire accusé de complicité d'assassinats terroristes, le 13 octobre 2017
Abdelkader Merah dans le box des accusés de la salle Voltaire accusé de complicité d'assassinats terroristes, le 13 octobre 2017 Crédit : Benoit PEYRUCQ / AFP
Clarisse Martin
Clarisse Martin
et AFP

Abdelkader Merah, le frère du tueur jihadiste Mohamed Merah, condamné en novembre dernier à 20 ans de réclusion criminelle, sera rejugé aux assises de Paris du 25 mars au 18 avril 2019, selon le parquet général. 

Le ministère public avait fait appel du verdict, qui condamnait le frère du tueur pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" mais l'acquittait de l'accusation de complicité des sept assassinats commis par Mohamed Merah dans le sud-ouest de la France en mars 2012. 

Pour le ministère public, la cour d'assises spéciale de Paris, composée de cinq magistrats, n'avait "pas tiré toutes les conséquences juridiques des faits" examinés au cours des débats, cinq semaines d'un face-à-face tendu entre familles des victimes et des accusés. Sera également rejugé Fettah Malki, condamné à 14 ans de prison pour avoir vendu à Mohamed Merah l'arme et le gilet pare-balles ayant servi à tuer des militaires, des enfants et un enseignant juifs, en connaissant sa radicalisation jihadiste.

L'avocate générale, Naïma Rudloff, avait requis la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans contre Abdelkader Merah, en retenant contre lui la complicité, et 20 ans de réclusion contre Fettah Malki avec une peine de sûreté des deux tiers. 

Premiers attentats jihadistes en France depuis 1995

Perpétrés en pleine campagne présidentielle de 2012, les assassinats de Merah étaient les premiers attentats jihadistes commis en France depuis ceux du GIA algérien en 1995. Ils avaient brutalement révélé les failles du renseignement français et marqué l'avènement d'une nouvelle forme de terrorisme qui a depuis coûté la vie à 246 personnes dans le pays. 

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Après le verdict, l'avocat d'Abdelkader Merah, Éric Dupond-Moretti, avait salué une décision respectant les "règles de droit" et des juges ayant su "résister à la pression de l'opinion publique". Dans son arrêt, la cour soulignait que Mohamed Merah avait "toujours été seul" au moment où il avait commis les sept assassinats, les 11, 15 et 19 mars 2012 à Toulouse et Montauban, avant d'être tué par les forces d'élite de la police le 22 mars. 

"S'il partageait bien les motivations" du jihadiste, "aucun élément de la procédure ne montre" qu'Abdelkader Merah "connaissait les objectifs visés et les crimes commis par son frère", avait-elle jugé. Une analyse inaudible pour certaines familles de victimes, à l'instar de Latifa Ibn Ziaten, la mère du premier militaire assassiné, qui avait appelé à "se réveiller pour protéger notre pays". Les magistrats devront à nouveau se pencher sur le degré d'implication du frère du tueur dans ses assassinats.

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