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Tentative de féminicide de Chloé à Blois : son ex-compagnon condamné à 15 ans prison pour violences volontaires aggravées

Jugé pour tentative de meurtre sur ex-compagnon, Marvin J. a finalement été reconnu coupable de violences volontaires aggravées, ce vendredi 16 janvier, par la cour d'assises du Loir-et-Cher. Il écope de 15 ans de prison.

La cour d'assises du Loir-et-Cher a condamné l'ex-compagnon de Chloé, ce vendredi 16 janvier.

Crédit : GUILLAUME SOUVANT / AFP

Jérémy Descours & AFP

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Marvin Joli, 30 ans, a été reconnu coupable, ce vendredi 16 janvier, par la cour d'assises du Loir-et-Cher de violences volontaires aggravées alors qu'il était jugé pour tentative de meurtre sur son ex-compagne Chloé P.. 

La cour et le jury ont estimé "qu'en dépit de la violence et de la localisation des coups portés", un doute subsistait sur la volonté de l'accusé de tuer la jeune femme, qui conserve des séquelles irréversibles de son agression. Il a été condamné à 15 ans de prison.

À cette peine, s'ajoutent une peine de sûreté à hauteur des deux tiers, un suivi socio-judiciaire de sept ans avec injonction de soins et l'interdiction d'entrer en contact avec les parties civiles.

"Je suis très déçue, je ne comprends pas. Il faudrait peut-être mieux que la femme meurt", s'est lamentée la mère de la jeune femme, qui avait appelé à une "peine maximale et exemplaire".

Chloé, une victime miraculée

Une peine de 22 ans de réclusion avait été requise, un peu plus tôt, à son encontre. Quelques heures avant son agression, la victime avait vainement tenté de déposer plainte. Le policier de garde ce 13 décembre 2022 lui avait dit de repasser le lendemain. 

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"Je n'ai aucun doute" que l'accusé "a porté des coups" et "bel et bien voulu tuer" une femme "désormais marquée à tout jamais", avait indiqué l'avocate générale, Stéphanie Clément-Bornet, dans son réquisitoire. "Je n'ai entendu ni regret, ni pardon" de la part d'un "jaloux maladif", avait-elle ajouté.

Depuis le début du procès, Chloé P., entourée de ses parents sur les bancs d'une salle comble, a écouté les débats, attentive et digne. La veille, elle était très brièvement sortie, choquée en découvrant les images de son visage défiguré par les coups.

"On doit écouter Chloé et l'aider à sa reconstruction", avait déclaré dans sa plaidoirie son avocate Me Isabelle Steyer au sujet d'une jeune fille comparée à "un petit soleil" et sauvée par l'intervention d'un voisin.


Les séquelles de la jeune femme "miraculée", aujourd'hui âgée de 27 ans, sont nombreuses. Outre la perte de son œil droit, elle a subi des lésions neurologiques irréversibles, au terme notamment de deux mois de coma. Jeudi, à la barre, la mère de la victime avait détaillé la perte des "souvenirs", du "goût", de "l'odorat" dont souffre désormais sa fille.

"J'ai été dans un état dans lequel je n'avais jamais été"

Dans la matinée, Marvin Joli, crâne rasé et en jogging, avait expliqué avoir "vrillé". "C'est comme si ma force avait été décuplée, j'ai été dans un état dans lequel je n'avais jamais été", avait dit l'accusé, dont le casier judiciaire comporte déjà quatorze mentions.

Il avait décrit de manière confuse et détachée sa relation de quatre mois avec Chloé P., rencontrée sur internet en août 2022, minimisant les violences et menaces décrites par les proches de la jeune femme.

Puis il était aussi revenu sur la journée du 13 décembre 2022, au cours de laquelle la victime s'est présentée au commissariat de Blois pour porter plainte contre lui, avant d'être invitée à revenir le lendemain.

Deux heures plus tard, elle était retrouvée laissée pour morte, dans une mare de sang, dans les parties communes de son immeuble. Le jour des faits, alors que Chloé P. avait rompu précédemment, l'accusé avait expliqué être revenu à Blois pour renouer avec la jeune femme, qui était tombée enceinte de lui et qui avait avorté avant l'agression.

L'accusé a toujours nié avoir voulu la tuer

"Elle m'a dit avoir décidé d'interrompre la grossesse. J'étais triste et en colère", avait-il dit, agité, dans le box. Marvin Joli avait alors raconté ces "dix secondes top chrono", où tout a basculé, alors qu'elle s'apprêtait à sortir pour appeler à l'aide.

"Je l'ai attrapée par les épaules, tirée vers l'intérieur de l'immeuble, puis j'ai porté trois coups de pied dans la tête", avait raconté l'accusé, indiquant ne pas avoir imaginé "que c'était aussi grave". Il a toujours nié avoir voulu la tuer.

Son avocat Me Stéphane Rapin a fustigé des réquisitions "sans nuance et à charge", rappelant que son client avait reconnu des violences volontaires. Le major qui avait renvoyé chez elle Chloé P., mis à la retraite d'office en janvier 2024, avait affirmé, jeudi, que la jeune femme n'avait évoqué "aucune violence", mais reconnu qu'"on aurait pu faire mieux".

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