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Suisse : l'essayiste d'extrême droite Soral condamné à trois mois de prison ferme

L'essayiste français d'extrême droite a été attaqué pour des attaques homophobes contre une journaliste. Il conteste cette décision qualifiée de "régression du droit garantissant la liberté d'expression", selon son avocat.

Alain Soral à Paris, le 23 avril 2009.
Alain Soral à Paris, le 23 avril 2009.
Crédit : PATRICK KOVARIK / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

L'essayiste français d'extrême droite Alain Soral a été une nouvelle fois condamné. Cette fois en Suisse, où la sentence est de trois mois de prison ferme pour des attaques homophobes. Il a fait opposition à la décision, rapportent des parties.

Alain Soral - de son vrai nom Alain Bonnet - va donc probablement se retrouver devant un juge du tribunal de police de Lausanne si le procureur général du canton de Vaud confirme sa condamnation, révélée mardi par le quotidien la Tribune de Genève pour lequel travaille la plaignante.

Le procureur général Eric Cottier, a estimé que "les propos tenus par le prévenu sont profondément homophobes et incitent à la discrimination en raison de l'orientation sexuelle de la plaignante et, plus généralement, des personnes homosexuelles", selon un extrait de l'ordonnance pénale rendue lundi, obtenu par l'AFP.

Une journaliste qualifiée de "grosse lesbienne"

La journaliste Cathy Macherel avait déposé plainte après la diffusion d'une vidéo dans laquelle Alain Soral l'insultait. L'essayiste réagissait à un article que la journaliste avait consacré l'été dernier à l'essayiste et à ses activités notamment à Genève, a expliqué Cathy Macherel à l'AFP.

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Alain Soral avait traité la journaliste de "grosse lesbienne" et de "militante queer" un terme qu'il veut synonyme de "désaxé".

"Alain Soral a souvent vanté la 'tranquillité suisse'. Il apprend aujourd'hui qu'il y a des lois, dans notre pays, qui permettent de punir de tels agissements", a-t-elle confié à la Tribune de Genève.

L'avocat de la plaignante, Me Etienne Campiche, a souligné dans un entretien avec l'AFP qu'"en Suisse il y a des limites à ce que l'on peut dire et il est important de montrer aux gens qui ne respectent pas ces limites qu'il y a des conséquences". "La liberté d'expression, c'est essentiel, mais le respect de l'être humain, dans toute sa pluralité, aussi", a-t-il ajouté.

La pénalisation de l'homophobie est récente

À l'inverse, Me Pascal Junod, le conseil d'Alain Soral estime, dans un courriel à l'AFP, que "la peine de 3 mois de prison ferme pour un pur délit de pensée est extravagante", d'autant que Alain Soral "est un primodélinquant en Suisse".

"Cette décision s'inscrit hélas servilement dans une politique, chère à l'Union européenne, de censure et de répression de la pensée, qui marque une véritable régression du droit en ce qu'il garantissait la liberté d'expression, de conscience et de pensée précisément", a souligné Me Junod.

La pénalisation de l'homophobie est récente en Suisse et a été entérinée début 2020 par un référendum populaire. Cette votation a permis d'élargir une législation déjà existante en matière de lutte contre les discriminations et appels à la haine raciale ou religieuse, en l'étendant à l'orientation sexuelle.

Pour Me Junod, la condamnation de son client "marque également les limites et les dérives de la disposition liberticide dite antiraciste (art.261bis CP) étendue à l'homophobie et critiquée par de nombreux juristes".

Une vingtaine de condamnations en France

Alain Soral - qui a aussi été condamné à payer 1.500 francs suisses (soit environ la même somme en euros) de jours-amende et 1.950 francs suisses de frais de procédure - a déjà été condamné à une vingtaine de reprises en France, en grande partie pour des infractions de provocation à la haine, diffamation et injure antisémite.

En mai 2021, il a été condamné en appel à quatre mois de prison en semi-liberté pour provocation à la haine à raison de la religion, après avoir imputé aux juifs l'incendie de Notre-Dame de Paris.

Plus récemment, en février de cette année, l'essayiste d'extrême droite a été débouté par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) qu'il avait saisie après sa condamnation pour la publication en 2016 sur son site Internet d'un dessin négationniste.

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