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Famille agressée à Livry-Gargan : "Ils nous ont dit 'Vous êtes juifs, vous avez de l'argent'"

DOCUMENT RTL - Plusieurs associations juives dénoncent une "agression antisémite". Les auteurs, qui seraient au nombre de trois, seraient en fuite.

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Mireille, la femme, évoque un événement "très traumatisant" Crédit Image : VALERY HACHE / AFP | Crédit Média : Alice Moreno RTL | Durée : | Date :
Benjamin Pierret
Benjamin Pierret
et AFP

Une famille juive a été séquestrée et dévalisée chez elle dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 septembre, à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis). Ce dimanche, plusieurs institutions juives dénoncent une "agression antisémite". Interrogé par RTL, le couple agressé s'est confié sur son calvaire. Mireille, la femme, évoque un événement "très traumatisant" et se rappelle avoir été, dans un premier temps, "attrapée" puis "bâillonnée". 

"Et comme je me débattais, il m'a jetée par terre. Le deuxième m'a donné des coups de pied donc j'ai encore des traces. Et après, il y a tout un déroulé d’événements qui a duré très très longtemps. Pour nous, c'était vraiment une éternité. Et cette menace, sans arrêt : 'Vous êtes juive, vous avez de l'argent.' J'ai fait face, je crois, avec beaucoup de calme et de courage face à eux. Parce qu'en fait, c'est surtout à moi qu'ils s'adressaient, peut-être la vulnérable, étant femme", affirme-t-elle.

Une situation de fatigue et d'angoisse

Son mari, Roger, âgé de 84 ans, évoque lui aussi la violence de l'agression et se souvient que les deux assaillants "se sont jetés sur [lui]". "On m'a donné un coup sur la tête. Je suis tombé et ils sont restés pendant 5 - 10 minutes à me taper dessus. J'ai perdu connaissance. Quelques instants après, je me suis réveillé et ils ont commencé par nous dire : 'Vous êtes juifs, nous savons que les Juifs ont beaucoup d'argent et vous allez nous donner ce que vous avez. Si vous ne nous donnez pas ce qu'on vous demande, on vous tue'", raconte-t-il.

Et d'ajouter : "Ils avaient un tournevis et un couteau à la main dont ils nous menaçaient en permanence. Ils nous menaçaient de nous tuer avec. Et ça c'était insupportable. Ces voyous ont pris nos cartes bleues, ont pris tous les biens que nous avions, les bijoux de mon épouse. (...) Quand nous avons pris conscience qu'ils étaient partis, nous avons téléphoné à la police. Et aujourd'hui, nous sommes dans une situation non seulement de fatigue, mais aussi d'angoisse. Nous sommes complètement bouleversés. Nous avons mal partout".

Enquête pour vol aggravé

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"Selon les victimes, les auteurs se sont introduits dans le pavillon par effraction, ils ont coupé le courant, séquestré d'abord le fils de la famille, puis au petit matin s'en sont pris à la maîtresse de maison" et à son mari pendant plusieurs heures, jusqu'à ce que la femme réussisse à alerter la police, affirme le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) dans un communiqué publié le 10 septembre.

Le parquet de Bobigny a confié vendredi à la sûreté territoriale du département une enquête pour vol aggravé par plusieurs circonstances (dont le fait que les faits semblent avoir été commis en raison de la religion des victimes), extorsion aggravée et séquestration, a-t-il indiqué à l'AFP. 

Une attaque "préméditée" unanimement condamnée

Dans son communiqué, l'organisme évoque une attaque "préméditée", durant laquelle trois membres de la famille ont été "menacés de mort", "insultés", "violemment  battus" et "dépouillés par trois individus", qui sont désormais en fuite.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a également publié un communiqué, dans lequel il condamne une "agression très violente et antisémite" et réclame "une vigilance renforcée" et "des sanctions exemplaires et dissuasives", rappelant "le meurtre atroce de Sarah Halimi".

Le 4 avril 2017, cette juive orthodoxe de 65 ans a été défenestrée par son voisin, qui l'a torturée avant de la tuer en criant "Allahou Akhbar". La justice n'a pas retenu la qualification antisémite, au désespoir de ses soutiens. L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a elle aussi dénoncé dimanche dans un communiqué "l'insécurité des français juifs".

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