1. Accueil
  2. Actu
  3. Justice et faits divers
  4. Eure : deux policiers révoqués pour racisme demandent leur réintégration
2 min de lecture

Eure : deux policiers révoqués pour racisme demandent leur réintégration

Mardi, le rapporteur public du tribunal administratif de Rouen a demandé l'annulation de la révocation d'un policier considérant la sanction disproportionnée. En revanche, il a plaidé pour la confirmation de celle d'un autre, jugé pour propos racistes.

Une statue de la déesse de la justice équilibrant les balances.(Illustration)
Une statue de la déesse de la justice équilibrant les balances.(Illustration)
Crédit : LOIC VENANCE / AFP
Florise Vaubien & AFP

Le 3 septembre dernier, cinq policiers comparaissaient devant le tribunal de police d'Évreux pour avoir tenu des propos racistes qu'ils échangeaient sur un groupe WhatsApp et qui visaient notamment un de leur collègue noir, insulté à plusieurs reprises de "nègre". Les faits datent de décembre 2019 et depuis, tous les agents ont été renvoyés de la police. Si pour le premier, l'annulation de la révocation serait justifiée, pour le second officier qui attend sa réintégration, elle ne serait pas légitime, d'après Thomas Bertoncini, rapporteur public du tribunal administratif de Rouen. 

Le magistrat a donc demandé mardi l'annulation de la révocation d'un policier et la confirmation de celle d'un autre. La décision du tribunal est attendue "sous quinzaine", a précisé son président Jérôme Berthet-Fouqué.

Thomas Bertoncini a préconisé "l'annulation" de la révocation d'un des policiers en raison du caractère disproportionné de la sanction tout en rappelant que ce dernier est "qualifié de sérieux et fournissant un travail de qualité par son administration". Il a souligné que cet agent était "celui qui a le moins participé aux échanges". 

Leur caractère raciste, antisémite, misogyne, discriminatoire, ne fait aucun doute

Thomas Bertoncini, rapporteur public du tribunal administratif de Rouen.

"Il est qualifié comme étant le plus discret par l'enquête administrative", a justifié Thomas Bertoncini. De même, ce policier n'aurait pas lu tous les messages haineux échangés sur ce groupe. "Il n'y a que cinq messages tenus qui lui sont reprochés, tenus sur deux jours : 'les Noirs, c'est le futur', 'c'est du travail de noir, les blancs, c'est autre chose'", a ajouté le magistrat.

À écouter aussi

En revanche, le magistrat a réclamé le rejet de la requête du second policier qui demandait lui aussi l'annulation de sa révocation. D'après le rapporteur, "l'administration ne s'est pas fourvoyée". Ce fonctionnaire "a produit environ une cinquantaine de publications sur ce compte Whatsapp. Leur caractère raciste, antisémite, misogyne, discriminatoire, ne fait aucun doute à leur lecture", a-t-il expliqué. Enfin, Thomas Bertoncini a rappelé que cet agent de la police avait déjà fait l'objet "d'une sanction, un blâme, en 2018".

Une officier "en grande dépression"

Pour sa défense, son avocate Marie-Perrine Philippe a expliqué que son client se trouvait en grande souffrance au moment des faits, victime d'une "grande dépression". Elle a par ailleurs insisté sur sa rigueur, rappelant qu'il avait "toujours été exemplaire" jusqu'alors. "Le groupe WhatsApp n'est pas un groupe public", a-t-elle ajouté.

En septembre dernier, le parquet avait requis 1.000 euros d'amende contre cet homme considéré comme "l'idéologue" du groupe. 150 euros d'amende ont été requis contre le policier dont le rapporteur a demandé l'annulation de la révocation. Le tribunal correctionnel doit rendre sa décision le 5 novembre prochain.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/